Concours de Saint-Hilaire-du-Harcouët
Venu de l'Orne, Victorius en quête d'un titre interrégional
Le Gaec des trois rivières de Tinchebray-Bocage (Orne) fait partie des 55 élevages participant au prochain concours interrégional du Grand Ouest en race Blonde d'Aquitaine à Saint-Hilaire-du-Harcouët. Rencontre avec l'éleveur, Antoine Feillet, vainqueur le 13 juin dernier à Vire au concours interdépartemental.
âVictorius (Raffaelo x Praline) est déjà un nom de champion. C'est le nom d'un jeune mâle de 24 mois issu de Raffaelo et Praline, sacré animal du concours de Blonde d'Aquitaine interdépartemental à Vire le 13 juin dernier devant une cinquantaine d'animaux. L'éleveur ornais, Antoine Feillet, l'emmènera les 4 et 5 juillet au concours interrégional de Saint-Hilaire-du-Harcouët, concours orchestré par l'association des éleveurs de Blonde d'Aquitaine de la Manche, présidée par Guillaume Martel.
Dans la peau depuis tout petit
Victoires est issu d'un cheptel d'une cinquantaine de mères Blonde d'Aquitaine, une race qu'Antoine Feillet affectionne depuis tout petit. Ses grands-parents en avaient quelques-unes. " Le choix d'une race ne s'explique pas toujours ", reconnaît-il. Mais il a toujours eu l'agriculture dans la peau. "Je n'ai jamais quitté le milieu ", assure-t-il même si ses parents n'avaient pas choisi l'agriculture.
Entre son diplôme et son arrivée à Tinchebray-Bocage, il a fait des saisons, travaillé dans une entreprise de travaux agricoles, fait du service de remplacement, jusqu'à être salarié dès 2015 puis associé depuis 2019. Aujourd'hui, il est en Gaec avec son cousin.
Des Formule 1
Au sein du Gaec des trois rivières, la race allaitante a trouvé sa place auprès des 110 Prim'Holsteins. " Elles se combinent bien. Elles se mènent d'une même manière. Quand on leur demande de produire, elles le font. Quand une Blonde d'Aquitaine entre en engraissement, il est impressionnant de constater la manière dont elle se transforme. Elles sont, en quelque sorte, des Formule 1 ", assure-t-il.
Le plaisir des concours
Antoine Feillet désire partager son travail d'éleveur. " J'ai toujours eu envie d'avoir des animaux pour aller en concours ", confie-t-il. Alors, le temps de bâtir sa propre génétique, " j'ai acheté des animaux " pour débuter, à une période où les prix lui permettaient de monter son troupeau. Au-delà de la compétition, il y a le plaisir de discuter avec les autres éleveurs, de progresser. " Je suis allé au concours à Chemillé-en-Anjou l'année dernière avec un taureau et une vache. J'ai passé un super concours ", se rappelle-t-il. Comme à Vire le 13 juin dernier où il a emmené dix animaux. Ce n'est pas une mince affaire. Pour autant, " tous se sont bien comportés ", se rassure-t-il. " Il faut travailler la confiance parce que nous savons que nous n'aurons jamais le rapport de force. " D'ailleurs, le mauvais caractère reste la première cause de réforme. " Je veux pouvoir me promener dans les champs de mes vaches. Alors, je leur donne toute leur chance ", avance-t-il. De par leur attitude, leur morphologie, leur squelette, les meilleures peuvent prétendre à sortir en concours, en local, départemental, régional. Et pourquoi pas rêver de Paris, du Salon de l'Agriculture où les places sont chères ? " Ce serait mon souhait, une fois au cours de ma carrière ", confie-t-il.
Près de 250 animaux attendus
À Saint-Hilaire, son taureau de deux ans sera accompagné de Tamise (Largo x Peggy), une vache de moins de 5 ans et deux génisses. " Tamise est une vache qui se tient bien. Elle a une fierté sur le ring. Elle a sa place en concours ", reconnaît l'éleveur ornais. Tous ces animaux partiront dans sa bétaillère. " En une heure de tracteur, je serai à Saint-Hilaire ", se réjouit-il. Cette ville située au carrefour des trois provinces va être le temps d'un week-end la capitale de la Blonde d'Aquitaine. Pas moins de 250 animaux sont attendus.