Aller au contenu principal

Etienne Legrand, président de la section “agriculture biologique” à la FDSEA de la Manche
Vers la fin des producteurs bio ?

La Commission européenne a révisé le règlement de l’agriculture biologique. Etienne Legrand, président de la section “agriculture biologique” à la FDSEA de la Manche revient sur ces exigences supplémentaires.

© PB

Quel est le but de cette révision     réglementaire ?
Etienne Legrand - Cette révision entend mettre fin à un nombre important de dérogations surtout dans le domaine des semences mais elle engendre aussi des incertitudes pour les producteurs ayant le label. La Commission souhaite renforcer les règles d’une façon globale mais dans certains secteurs elle pourrait être amenée à simplifier les contrôles pour les tous petits producteurs.

Quelles vont-être les réglementations supplémentaires ?
La Commission européenne prévoit l’interdiction des exploitations mixtes sur lesquelles coexistent des cultures biologiques et conventionnelles comme c’est le cas en France. Aussi, Bruxelles souhaite que les produits étiquetés “bio” comportent 100 d’ingrédients d’origine “agriculture biologique”. Par exemple,  toutes les viandes étiquetées “bio” devront provenir d’animaux nourris avec 100 de fourrages biologiques. Par ailleurs, la CE devrait également ouvrir le secteur aux petits producteurs, auparavant écartés par les procédures individuelles d’homologation, avec la mise en place d’un système de certification de groupe. Enfin, Bruxelles exige que le cahier des charges de l’agriculture biologique soit transposé aux produits importés depuis les pays tiers. Quoi qu’il en soit, ces réglementations supplémentaires vont forcer les producteurs à s’interroger sur l’origine des produits d’importations tels que le soja.

Quelles sont vos incertitudes face à ces annonces ?
Encore une fois, la règlementation se renforce ce qui n’est pas sans conséquence sur les pratiques agricoles. Je tiens, tout particulièrement, à mettre l’accent sur les effets que peuvent avoir l’interdiction des exploitations mixtes. En effet, cette règlementation va impacter directement les installations en agriculture biologique ce qui va se traduire par une stagnation voir l’arrêt de celles-ci. Suite à l’arrêt de dérogations sur l’incorporation de 5 de matières protéiques non bio dans l’alimentation des animaux monogastriques, l’autonomie en protéines sera réduite puisque ce sont les exploitations mixtes qui sont les principales sources de protéines pour l’alimentation des animaux de par leur production de protéagineux. Nous pouvons nous interroger sur l’autonomie en protéines à l’échelle communautaire.

A quelle date ces exigences seront-elles en vigueur ?
Pour l’instant, ces annonces ne sont pas encore toutes votées. Cependant, il faut rester vigilant car une réglementation plus contraignante ne pourra que limiter le développement de l’agriculture biologique.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
"Nous demandons aux autorités compétentes de renoncer à tout projet de prise en charge de cadavres infectés par la DNC sur le site de Saint-Langis-lès-Mortagne".
Des animaux euthanasiés pour cause de DNC traités par Atemax dans l'Orne ?
Le 19 décembre 2025, un communiqué de presse demandant de ne pas accepter le traitement des cadavres infectés par la DNC sur le…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray se sont réunis à Saint-Georges-des-Groseillers contre l'accord du Mercosur  signé samedi 17 janvier 2026.
[EN IMAGES] Dans l'Orne, les JA unis contre l'accord UE-Mercosur
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray dans l'Orne, se sont mobilisés à Saint-Georges-des-Groseillers…
La foule agricole est nombreuse, mardi 20 janvier, à Strasbourg (Alsace). Près de 1 000 tracteurs et environ 4 000 manifestants sont là.
[EN IMAGES] Manifestation à Strasbourg : "Il n'est pas question de renoncer"
Après Bruxelles, le Pont de Normandie, l'Assemblée nationale et bien d'autres lieux de France, les agriculteurs manifestent à…
Publicité