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Syndicalisme
Viande bovine : FDSEA et JA de l’Orne alertent les entreprises d’abattage

Après avoir rencontré les OP (Organisation de Producteurs) la semaine dernière, FDSEA et JA ont alerté les abatteurs sur la situation très tendue à laquelle doivent faire face les producteurs de viande bovine. Enjeu : le redressement des cotations indispensable pour pérenniser durablement cette activité qui représente 30 % du chiffre d’affaires agricole départemental.

"80e par animal. Voilà ce qui me reste pour rémunérer mon travail, payer le vétérinaire, rembourser le matériel et le bâtiment. Et tout ça, dans l’espoir qu’il n’en meurt pas un dans le lot”. Jean-Claude Benoît, producteur spécialisé en viande bovine (135 taurillons charolais par an) à Silly-en-Gouffern fait ses très mauvais comptes 2010. Et il n’a pas la mémoire courte. Ses derniers taurillons, il les a vendus à 3,05/3,08 e, plus-value TÜF (une filière de qualité alimentant le marché allemand) comprise. “Le même prix qu’en 2000”, lâche-t-il alors qu’en 10 ans les charges ont explosé.

Aux abatteurs de faire pression
Jean-Claude n’est pas un cas isolé. Tous les producteurs de viande bovine (spécialisés ou pas) souffrent. Selon une étude du CER France Normandie, de 2007 à 2009, le taux de “situation fragile” a grimpé de 16 % à 26 %. Celui de “situation saine” a chuté de 69 % à 58 %. Le syndicalisme agricole a donc décidé de prendre le taureau par les cornes en invitant les abatteurs à prendre le pouls de la situation au cœur des stabulations. C’est ainsi que, mardi dernier, FDSEA et JA se sont entretenus avec des représentants de SOCOPA (la SELVI était excusée) avec pour cadre les vaches allaitantes et les taurillons de Jean-Claude Benoit.
Après un constat inquiétant sur la rentabilité de cette activité, sur l’endettement des éleveurs et sur la trésorerie des exploitations, Daniel Génissel (section bovine de la FRSEA) a commenté les conclusions d’une étude menée par l’Institut de l’Elevage. “Au 1er janvier 2010 et considérant un atelier de 200 JB, il aurait fallu un prix de vente de 3,82 e alors qu’il était, dans le meilleur des cas, de 3,40 e (entrée abattoir)”. “Comment pérenniser cette activité et plus encore installer des jeunes dans ces conditions ?, s’interrogent Dominique Bayer (section bovine de la FDSEA) et son collègue des JA. “Si nous disparaissons, vous disparaitrez aussi (Ndlr : les abatteurs), prévient Jean-Claude Benoit qui n’est pas seul à penser que ce sont, in fine, les éleveurs qui financent la restructuration de l’outil industriel.
Du côté des représentants de la SOCOPA, on s’en défend préférant évoquer les distorsions de concurrence avec notamment l’Allemagne et l’Italie. “Nous sommes dans un marché de plus en plus européen avec des entreprises françaises. Il nous fallait nous regrouper pour résister à cette concurrence”. Sans oublier la crise qui plombe la consommation de viande en Espagne et surtout en Grèce. “Mais vous avez une responsabilité sur le niveau des prix pratiqués en France”, a insisté Daniel Génissel. A suivre!

FNB : augmentation de 20% du prix à la production
La Fédération Nationale Bovine (FNB) annonce qu'il est impératif d'augmenter de 20% le prix à la production. Une nécessité pour compenser “les prix actuels des bovins au plus bas, les revenus et trésoreries des exploitants laminés après quatre ans d'absence de rentabilité, les impacts de la sécheresse et la nouvelle hausse des coûts de production”. Le respect des normes imposées au niveau national pour les viandes bovines importées des pays tiers ainsi que “la mise en œuvre d'un plan de soutien dont la principale mesure doit être une année blanche sur le remboursement des annuités d'emprunts des éleveurs”, font aussi partie des mesures prioritaires pour la FNB. Ce plan de soutien devrait être accompagné d'un ensemble de dispositifs d'aides et d'appui à la trésorerie (avances de versement sur les primes Pac et PMTVA 2010, aides calamités agricoles, prise en charge des cotisations MSA et de la Taxe sur le foncier non bâti…).

Sécheresse : la commission enquête sur le terrain

Suite à leur rencontre le 5 août dernier avec Bertand Maréchaux, FDSEA, JA et Chambre d’Agriculture avaient obtenu du représentant de l’Etat la mise en place d’une commission sècheresse. Les 17 et 19 aôut dernier, une mission d’enquête (composé notamment de Jean Grimbert, Jean-Michel Pelleray, Jean-Luc Delaunay, Dominique Brestaux
et Jean-Pierre Prévost pour la FDSEA, Guillaume Chantepie pour les JA et Jean-Louis Belloche pour la Chambre d’Agriculture) a visité plus d’une trentaine de parcelles de maïs de l’est à l’ouest du département. Objectif de ces deux journées, à partir d’une méthode mise au point par ARVALIS consistant à prélever des épis de maïs sur un linéaire et comptabiliser le nombre de grains par épis, calculer un rendement théorique à l’hectare. S’il faut encore attendre quelques jours pour que le comité départemental d’expertise rende son verdict, l’inquiétude planait au terme de ces deux journées de sondages. Beaucoup d’hétérogénéité avec de petits maïs en petites terres et, là où il semble y avoir un peu plus de volume, le faible nombre de grains laisse augurer des ensilages de qualité médiocre. Le déficit hydrique et les mauvaises conditions météorologiques au moment de la fécondation expliquent ce futur mauvais cru 2010. Un déficit fourrager amplifié par un manque d’herbe. La pluie de ces derniers jours fait quelque peu reverdir les prairies mais les trous printaniers et estivaux ne seront pas compensés cet automne. Du côté de la FDSEA et des JA, on attend donc des mesures spécifiques des pouvoirs publics pour venir en aide aux producteurs laitiers et de viande bovine.

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