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Viande bovine : une conjoncture 2016 plus difficile

Après quelques années de relative accalmie sur le marché de la viande bovine et les premières baisses de l’été 2014, les prix ont baissé en 2015 et continué de s’éroder en 2016.

Toutes catégories confondues, les cours 2016 ont été toute l’année en dessous des cours 2015. En moyenne, ils ont baissé de 5 % par rapport 2015 et de 13 % par rapport à 2013, la meilleure des années connues depuis une bonne vingtaine d’années.

Une consommation en berne qui fait baisser le prix des réformes
Alors que les prix des vaches connaissent d’habitude des variations saisonnières de prix significatives, les cours sont restés plutôt stables sur l’année 2016. Quelles que soient les catégories, les prix 2016 des vaches de réforme ont été entre 0,20 et 0,25 €/kg de carcasse en dessous des prix 2015 (tableaux 1 et 2). 
La poursuite de la baisse de la consommation en France et la forte disponibilité de vaches de réforme du troupeau allaitant comme du troupeau laitier expliquent cette érosion des cours. La baisse de la consommation de viande piécée se poursuit (- 2,8 %) en faveur de la consommation de viande hachée (+ 1 %).

Le prix des taurillons continue de baisser
En 2016, les jeunes bovins ont renoué avec les variations saisonnières de prix. Les JB de race à viande « U », qui cotaient 3,95 €/kg début 2016 ont baissé autour de 3,70 € dès le printemps pour retrouver en  fin d’année les cours de début d’année. Les JB laitiers « O », dont la production a chuté de 10 % en 2016, cotaient 3,30 €/kg de carcasse en janvier 2016. Ils ont chuté à 2,80 €/kg en septembre pour reprendre 0,20 € en fin d’année. En moyenne sur 2016 par rapport à 2015, les JB laitiers en concurrence avec les vaches de réformes laitières ont baissé de 8 % alors que les JB de race à viande qui ont trouvé preneur en Italie et en Allemagne ont mieux résisté : moins 2 à 3 %.
Les bilans économiques des lots de JB de race à viande sont meilleurs fin 2016. Les produits journaliers sont descendus très bas en été. En JB de race à viande, ils sont retombés au printemps autour de 2,10 €, alors qu’ils étaient de 2,45 € en début et en fin d’année. En moyenne, le produit journalier s’établit en 2016 à 2,25 € contre 2,47 € en 2015 soit une baisse de 9 %. Ce produit journalier est dans la plupart des cas inférieur aux coûts engagés calculés par l’institut de l’élevage (Source : indicateurs mensuels du coût de revient du JB janvier 2017) (tableau 3).
Les produits journaliers pour les JB laitiers sont eux aussi descendus très bas sur les sorties de fin d’été, proches de 1,50 €,  quand ils étaient de l’ordre de 1,90 € en début d’année, retrouvant des niveaux des années difficiles de 2010 et d’avant. En moyenne, le produit journalier s’établit à 1,70 € en 2016 contre 1,87 € en 2015 soit une baisse de 8 % (tableau 4).

Un prix des broutards chahuté en fin d’année
En moyenne les broutards ont perdu 30 à 40 € en 2016. Bien que les effectifs sortis furent importants et les exportations sur la Turquie en fort retrait, la bonne activité sur l’Italie a une fois de plus évité une baisse supplémentaire. 

Concernant le prix des veaux de 8 jours, rien de nouveau
La saisonnalité très forte des prix est à nouveau d’actualité faisant passer le prix moyen des veaux laitiers du simple au double, avec parfois une absence de prix sur les petits veaux sans potentiel de croissance (tableaux 5 et 6).

Les charges qui se stabilisent
Depuis 2012, les charges des systèmes viande bovine tendent à baisser sans cependant retrouver les niveaux d’avant 2011.
Dans ces conditions de prix et de charges, il n’est pas étonnant qu’en 2016, les résultats courants des systèmes viande bovine soient en recul. Les estimations des revenus 2016 établis à partir d’un panel de 286 exploitations des Réseaux d’élevage bovins viande prévoit une baisse du résultat courant de l’ordre de 10 000 € pour les systèmes naisseurs et naisseurs engraisseurs et de l’ordre de 30 000 € pour les systèmes bovins viande avec culture (tableau 7).

Et en 2017
Les premières prévisions pour 2017 (IDELE) font état d’une augmentation de la production de 1 % en France comme dans l’Union européenne. Tout laisse à penser que la consommation continuera de baisser en France et dans les pays du sud de l’Europe. Quant aux prix, ils seront le résultat du niveau de consommation et des épisodes sanitaires, politiques, commerciaux qui sont par nature difficiles à prévoir.

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