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Bois
VIDEO. De la haie à l’épandage, le parcours des plaquettes bocagères

La fédération des Cuma Normandie Ouest a organisé, mercredi 24 mars 2021, un après-midi autour de la valorisation du bois bocager, en partenariat avec le parc Normandie Maine. La démonstration de matériels, à Ecouché-les-Vallées, a précédé le témoignage de Gilles Delaunay, éleveur et utilisateur de plaquettes en litière animale à Saint-Hilaire-de-Briouze.

Bruno Ballon et Sébastien Divay sont exploitants associés à Ecouché-les-Vallées. Ils comptent quinze kilomètres de haie bocagère, sur une centaine d’hectares. « Depuis huit ans, je valorise le bois en copeaux pour alimenter la chaudière de ma maison et du bureau. Je fais appelle à la Cuma pour abattre et préparer les plaquettes. Les matériels sont rapides, sécurisés », décrit Bruno Ballon. Alors, c’est dans une de ses parcelles que la Cuma Innov 61 a déployé son matériel, mercredi 24 mars, pour un après-midi démonstration : une pelleteuse à grappin, une pince de débardage, un combiné scieur, une déchiqueteuse. « La Cuma départementale est née en 1997, elle a investi dans du matériel pour la filière bois dans les années 2000. Le scieur fendeur est en inter Cuma avec le Calvados, retrace Clément Gosselin, animateur à la fédération des Cuma Ouest. Nous sommes trois à travailler à temps complet dans les trois départements. » La Cuma ornaise suit une trentaine de chantiers. « On abat avec la pelle en hiver et après le 15 août dans les zones difficiles. On laisse sécher puis on organise des tournées pour la déchiqueteuse entre février et juin », précise Sylvain Poussier, président de la Cuma Innov 61. « Il faut compter 6 à 7 €/m3 de plaquettes pour la partie abattage, pareil pour le déchiquetage, plus un forfait de déplacement. Le coût de production est de 17 €/m3, soit 40-45 €/t la plaquette », chiffre Clément Gosselin.

Autonomie

La fédération des Cuma se veut être une porte d’entrée et une structure d’accompagnement des éleveurs pour leur offrir un débouché économique des haies. Outre l’option chauffage, il existe celle de la litière animale ou la commercialisation de plaquettes bocagères. Sylvain Aillard, président de la Scic Bois bocage énergie, souligne : « pour rassurer le grand public et le politique, demain le marché du bois bocager devra être labellisé. Mais il faut rémunérer le paysan ». Après la démonstration de matériel, rendez-vous était donné chez Gilles Delaunay, éleveur laitier à Saint-Hilaire-de-Briouze. Il compte 17 km de haies, sur 133 ha. Le producteur valorise son bois bocager en litière pour les animaux (35 truies et 75 laitières) et alimente une chaudière qui chauffe trois maisons avec eau chaude. Le producteur vient de rentrer 700 t de copeaux. « On prépare les tas à l’avance. La déchiqueteuse fait le tour du champ. Je l’alimente avec le tracteur fourche. Il y a un peu plus de sept heures de boulot pour produire les 700 t », estime-t-il. Gilles Delaunay applique sous la stabulation un tapis de plaquettes, sur lequel il ajoute de la paille. « Je suis autonome en paille, apprécie-t-il, surtout dans un contexte où les cours ont tendance à flamber. Je gère la haie comme une culture. C’est incroyable comme elle produit quand on la coupe comme il faut. » La litière, curée tous les mois et demi, est épandue sur prairie avec du matériel classique. Reste à connaître les valeurs d’épandage, pour le moment pas ou peu étudiées.

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