Violences sexuelles et sexistes : le Service de remplacement de la Manche veut aider les victimes
Alors que quatre jeunes femmes ont dénoncé des situations de violences sexistes et sexuelles dans la Manche en 2025 et qu'un agriculteur a été condamné le 11 juin dernier, le Service de remplacement veut donner les clés à ses responsables locaux pour venir en aide aux victimes.
âLe 11 juin 2026, un agriculteur manchois a été condamné par le tribunal correctionnel de Coutances pour agressions sexuelles sur une agente de remplacement. Les faits remontaient à août 2025. Il écope d'une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis, et d'une inéligibilité de cinq ans ; il est conseiller municipal.
Quatre cas en un an
Le Service de remplacement de la Manche n'a pas attendu qu'une telle situation arrive dans la rubrique des faits divers pour agir. D'autant plus que la personne n'est pas la seule à avoir été victime de violences sexuelles et sexistes. " L'année dernière, nous avons eu quatre personnes qui nous ont fait savoir qu'elles en avaient subies ", souligne Émilie Le Brun, responsable administrative de l'association départementale. Ce chiffre est déjà trop important à ses yeux. " A l'échelle de la France, c'est un par jour ", se désole-t-elle. "Sans compter toutes celles qui ne s'expriment pas ", note le président, Arnaud Martinet.
Rester à l'écoute
Linda Delanoë, trésorière du Service de remplacement de la Croix-Avranchin, peut témoigner en connaissance de cause. " Je suis proche de mes agents ", confie celle qui a la charge de leurs plannings. " Tout de suite, j'ai ouvert ma porte quand la jeune femme m'a demandé de l'aide. Sans écoute, on pourrait s'interroger sur ce qu'il pourrait se passer. C'est important d'accompagner, de leur prêter attention ", assure Linda Delanoë.
Un immense travail
Alors, à l'assemblée générale du Service de remplacement de la Manche du 23 juin dernier, le sujet a été mis sur la table notamment en relatant le travail engagé par Linda Delanoë, accompagnée par Maryse Domin, secrétaire au Service de remplacement de la Croix-Avranchin. Toutes les deux apportent leur concours au groupe de travail créé à l'échelle nationale. " On ne peut pas prendre le sujet à la légère ", insiste Émilie Le Brun. " Il y a un immense travail à faire parce que rien n'était écrit ", note Maryse Domin. " Or, dans nos associations locales, nous avons besoin de mieux connaître le protocole pour accompagner les jeunes et mieux remplir notre rôle ". C'est ce que devrait promouvoir un prochain flyer distribué dans tous les départements.
Fières de participer
" C'est un travail immense parce que rien n'est écrit ", assure Maryse Domin. Le Service de remplacement travaillera avec différentes associations notamment la Maison des femmes de Rennes par exemple. " C'est une grande satisfaction pour moi de participer à ces travaux, d'être porteuse d'un projet ", confie Linda, même si toutes les deux déplorent "que ce soit encore un sujet en 2026 "
Libérer la parole
Le Service de remplacement de la Manche va continuer d'œuvrer auprès des agents en espérant que la parole continue de se libérer. Dans les recrutements, c'est un point de vigilance qui sera abordé au même titre que les conditions de travail dans les exploitations.