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Maïs fourrage
Visiter les parcelles pour faire un point

Face au constat de desséchement prématuré de certaines parcelles et/ou pour refaire des stocks de fourrages réduits suite au manque d’herbe de ce printemps, des ensilages précoces peuvent être envisagés.

Voici quelques règles pratiques pour aider à une prise de décision

1. Resituer les stades des plantes par rapport au cumul de températures
Les conditions extrêmes de déficit hydrique peuvent perturber le fonctionnement de la plante et accélérer la dessiccation de celle-ci. Dans ce cas, la date de récolte ensilage risque d’être avancée par rapport à la prévision. Mais attention, cette démarche doit être confortée par une visite des parcelles. Il faut également souligner que l’année 2010 n’est pas une année particulièrement chaude, et que les maïs n’ayant pas trop souffert du manque d’eau sont à un stade classique à cette date. Le cas se présente face au constat de desséchement prématuré de certaines parcelles et/ou pour refaire des stocks de fourrages réduits suite au manque d’herbe de ce printemps, des ensilages précoces peuvent être envisagés.
En situation de stress hydrique, les feuilles du bas se dessèchent (en petites terres, particulièrement si l’enracinement est mauvais). Les taux de MS évoluent à la hausse artificiellement (sous l’action du manque d’eau par dessèchement de la tige et des feuilles) et non physiologiquement (par remplissage des grains, comme en année normale). Un retour des pluies aura pour conséquence rapide une réhumidification de l’appareil végétatif et la perte de 2 à 3 points de MS en 48 heures, pour le bien de la plante…
Selon nos modèles, des maïs précoces semés début mai seront prêts à être ensilés (30-35% MS) la deuxième moitié de septembre dans les zones de Caen, Alençon, et fin septembre/début octobre dans les zones plus froides de Vire ou de St Hilaire…

2. Visiter et rentrer dans les parcelles
Il convient de bien visiter toutes les parcelles pour prendre les bonnes décisions, y compris au sein d’une même exploitation. Voici la démarche :
- Entrez dans les parcelles. Se méfier des plantes de bordures, elles sont souvent trompeuses, ainsi que du gabarit des plantes, il faut regarder l’épi. Le grain (nombre de grains par m2 et stade) est déterminant dans la décision prise.
- Observez la plante, du plus général au plus analytique :
- hauteur moyenne des plantes et hétérogénéité entre plantes,
- état des feuilles : vertes, jaunes, desséchées ; au dessus, au niveau et au dessous de l'épi,
- évolution récente de l'état des feuilles,
- estimer le pourcentage de plantes ayant un épi, estimer le nombre de grains par épi, estimer le nombre de grains par m² (ne pas confondre les grains viables, en cours de remplissage, et les grains avortés),
- apprécier l'état d'avancement du grain : amidon laiteux, pâteux, présence de la lentille vitreuse à l'extrémité du grain…

3. Prendre une décision
Prendre une décision d'ensilage n'est pas facile car nous sommes parfois en situation extrême de déficit hydrique. La décision doit être prise en fonction du grain - nombre/m² et état d'avancement - pondéré par l'état de l'appareil végétatif.
Deux tableaux sont proposés, selon l'état moyen du grain observé dans la parcelle :
1. grain laiteux
2. apparition de la lentille vitreuse sur les grains des couronnes centrales des épis
En conditions normales de végétation, ces deux stades du grain correspondent à des plantes respectivement à 20-23 %, 25-26 % plante entière. Le nombre anormal de grains et l'état desséché de la partie tige + feuilles modifient ces valeurs.

Méthode d’estimation rapide du nombre de grains par m²
Le comptage est possible dès trois semaines après la floraison femelle, et jusqu’à la récolte.
- comptage du nombre d’épis par m² : sur au moins 3 fois 10 m linéaires.
- comptage du nombre de grains par épi (= nb de rangs x nb grains par rangs) sur au moins 3 fois 20 épis successifs.

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