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Voies bloquées : le dialogue s'ouvre avec le ministre de l'Agriculture !

Stéphane Le Foll a rencontré les représentants des agriculteurs à Caen.Le ministre a ensuite filé sur Paris pour une réunion avec le médiateur et les responsables nationaux du monde agricole. Objectif : finaliser le plan d'urgence.

Le ministre de l'Agriculture n'était pas à Caen pour passer un accord. "Je rentre à Paris pour une négociation nationale. Ici, j'ai écouté la spécificité d'une région", souligne Stéphane Le Foll. Le ministre s'est également justifié sur son temps de réaction. "Je suis venu par respect pour les éleveurs. J'ai attendu d'être capable d'apporter des éléments. Je connais les responsables agricoles, ils veulent qu'on discute du fond. J'ai donc pris un peu de temps".

Blocage maintenu pendant
la réunion avec le médiateur et les représentants nationaux de la profession
À la préfecture, le ministre a d'abord reçu une délégation de 8 leaders du Calvados. Il a ensuite échangé avec les responsables régionaux. À la sortie de la réunion, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs n'ont pas levé aussitôt les barrages. Les représentants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs sont retournés sur les points de blocage. "Nos échanges ont été intéressants. En même  temps, ne soyons pas dupes, nous attendons les négociations suite au rapport du médiateur. 18 mesures doivent être adoptées en concertation avec l'ensemble de la profession agricole. En maintenant le blocage, nous donnons plus de poids à nos représentants nationaux", indique Jean-Yves Heurtin. Le président de la FDSEA 14 attend des actes, mais se montre prudent et ne semble pas décidé à tomber dans une surenchère démagogique. "On obtient jamais assez. Cependant, si nous n'avions pas été là, ça serait pire. Il faut bien placer le curseur. Je préfère avancer par petits pas et aller au bout".

Critère de spécialisation assoupli
Au chapitre des avancés, le ministre de l'Agriculture semble décidé à assouplir les critères de spécialisation. "Ils ne correspondent pas à la réalité du terrain. Nous allons recalibrer les critères pour que les aides aillent aux exploitations qui ont des difficultés de trésorerie. Elles doivent bénéficier d'allégement de charges, de reports ou d'effacement de cotisations MSA. Ces demandes sont justifiées", souligne Stéphane Le Foll. Dans la situation actuelle, certaines enveloppes destinées à soutenir des élevages porcins ne sont pas totalement utilisées. "Nous sommes dans un département multiproductions, il faut en tenir compte. Avec cet assouplissement, on va déjà activer l'intégrité des fonds proposés", insiste Jean-Yves Heurtin.

Assouplissement des capacités de stockage en bout de champ
Autre sujet évoqué : les capacités de stockage d'effluent d'élevage. Une tolérance plus élevée, sur le stockage en bout de champ, se dessine. "Par exemple : le fumier pailleux des laitières, s'il est posé sur de l'herbe ou un tapis de sciure, pourrait bénéficier de 9 mois de stockage extérieur".
Sur les 5 centimes par kilo de viande, les syndicalistes sont revenus très "fermement" sur le sujet. "Il nous a assuré sur sa volonté à aboutir. Mais quel crédit donner à cet engagement-là quand on voit le résultat. Le monde agricole peut peser, mais nous devons savoir qui sont les coupables", estime le président de la FDSEA. Les sujets d'inquiétudes restent nombreux. Le débat a été amorcé à Caen. D'autres ministères  ont indirectement leur mot à dire sur les sujets agricoles. Sur les barricades, les agriculteurs sont avertis. Stéphane Le Foll doit aussi composer avec Bercy et l'environnement.
 

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