Aller au contenu principal

Environnement
Vol de choucas au dessus de la Préfecture

FDSEA et JA réclament une régulation de la population de choucas des tours. Vendredi dernier, une délégation est venue argumenter cette urgence devant les grilles de la Préfecture à St-Lô.

La pression qu’exerce la population de choucas des tours sur l’activité agricole devient chaque jour un peu moins supportable pour les éleveurs. FDSEA et JA, qui se sont emparés du dossier depuis plusieurs mois, ont à nouveau alerté les pouvoirs publics. Vendredi dernier, une délégation syndicale conduite par Hervé Marie et Jean-Michel Hamel (FDSEA) et Damien Hardy (JA) s’est rendue à la Préfecture. Elle était accompagnée d’une autre délégation : 5 corvidés dont 2 choucas.

Réguler la population...
“Notre objectif n’est pas d’éradiquer les choucas mais de réguler la population”. S’adressant à Daniel Huguet, responsable du service “Environnement” de la DDTM venu à leur rencontre , les responsables FDSEA et JA ont réitéré une revendication qui devient de plus en plus pressante. “Nous enregistrons une recrudescence de la population de choucas dans certains secteurs du département”, juge Hervé Marie.
Et pour preuve. Au petit matin de ce rendez-vous préfectoral et à l’aide de deux cages, le secrétaire général de la FDSEA, en une heure, a attrapé en douceur cinq corvidés. Parmi eux deux choucas soit 40 % des effectifs. Ce sondage n’est certes pas significatif et ne répond pas à la rigueur scientifique qui s’impose. Il illustre cependant leur présence prégnante dans l’environenment. Ils sont bien là et se fondent dans la masse. “Les dégâts qu’ils provoquent sont de plus importants. Semis de maïs détruits, trous dans les baches de silo et l’enrubannage...”, listent Jean-Michel Hamel et Damien Hardy (voir aussi notre reportage en date du 4 août dernier). Les risques sanitaires sont également à considérer.

...En faisant évoluer la réglementation
On a bien compris qu’il s’agissait d’une opération de sensibilisation”, insiste-t-on du côté des pouvoirs publics. Les choucas apportés en Préfecture (relâchés depuis par les services techniques de l’Etat) ont été traités avec la déférence due à leur rang. Contrairement au corbeau freux ou à la corneille, il n’est pas considéré comme un nuisible. Il est même protégé et classé par décret ministériel. Pas question donc pour la FDSEA et les JA d’enfreindre la loi, loi qui va jusqu’à l’interdiction d’effrayer le choucas. “Face à ce problème, il faut faire évoluer la règlementation. C’est aux politiques de changer la loi”, clame Hervé Marie. Et effectivement, il faudra bien réguler un jour aussi les différents bien-être. Le corvidé, le bovin, l’éleveur... Chacun a droit à sa part.

Peur sur la ville ?
Le législateur a d’ailleurs tout intérêt à prendre le taureau par les cornes. Si à l’instar de l’étourneau, la population “choucasienne” venait à exploser de façon exponentielle, nul doute qu’il viendrait poser ses plumes en ville. Or le choucas adorent les cheminées, où il élit domicile, arrivant souvent même à les obstruer à cause d’un nid volumineux composés de branches, d’herbes, de crins ou autres détritus en tous genres... “Peur sur la ville” si rien ne se passe. Ce n’est pas forcément du cinéma.

Daniel Huguet (service Environnement de la DDTM 50)

“Monter un dossier de demande de dérogation argumenté”

Comment faire avancer le dossier ? Question posée à Daniel Huguet, responsable du service “Environnement” à la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer).

On ne peut que respecter la réglementation. Il faut donc monter un dossier de dérogation”, explique Daniel Huguet. Un dossier argumenté dans lequel les dégâts subis sont listés et les préjudices économiques évalués. Autant d’éléments mettant en lumière une évolution dynamique, voire une surabondance, de choucas sur un territoire. “Ce dossier étayé sera ensuite transmis à la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) à Caen qui, après instruction, le fera suivre au niveau national auprès du Conseil National de la Protection de la Nature. Une instance qui, au vu des éléments, emétra un avis. C’est au retour de cet avis que la DREAL peut alors proposer au Préfet de prendre un arrêté”.
Un va-et-vient qui accorde un large sursis aux choucas ? “Non, répond Daniel Huguet. Ça peut être assez rapide à partir du moment où le dossier est bien argumenté. La DREAL ne pouvant pas instruire un dossier trop léger”. Exemple avec le Finistère où la profession a pris le dossier à bras-le-corps. En pays bigouden et depuis deux ans, le choucas est dans ses petits souliers.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fossé traité : l’agriculteur ne nie pas mais regrette la procédure
Début juin, un agriculteur reçoit un appel de l’Office français de la biodiversité du Calvados pour avoir traité un fossé. Lundi…
Une éleveuse ornaise sur les marches du festival de Cannes
Jeudi 15 juillet, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice à Mauves-sur-Huisne (61), a monté les marches du Palais des festivals à…
Pour la Préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, Maxime Le Jeanne décrit l’équipement de l’unité de méthanisation installée en 2011 au Gaec des Fossés à Moussonvilliers dans le Perche et agrandie en 2016.
La préfète appréhende le cycle complet de la méthanisation
Sur l’invitation de la FDSEA et de JA, Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, s’est rendue mardi 6 juillet 2021, dans l’élevage de…
Les rendements en orges sont au rendez-vous de la moisson
En date de lundi 19 juillet 2021, les organismes de collecte saluent une belle avancée dans les orges et attendent les premières…
Moisson 2021
La météo pluvieuse contrarie la collecte
Lundi 26 juillet, la collecte des orges se termine mais la pluie a stoppé l’avancement des récoltes.
Catherine Pilet-Fontaine, exploitante à Ranville, Daniel Savary, salarié et Geoffroy de Lesquen, agriculteur et vice-président de la fédération des chasseurs du Calvados.
La faune sauvage préservée grâce à la barre d’effarouchement
A Ranville, Catherine Pilet-Fontaine vient de recevoir une barre d’effarouchement, financée par la fédération des chasseurs du…
Publicité