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Xavier Beulin ( Président de la FNSEA) : resserrer et renouer des liens avec la Russie, voisin et partenaire

Xavier Beulin est venu saluer la performance réalisée par les agriculteurs de la Manche. Si le président de la FNSEA n'impute pas à l'embargo russe toutes les problématiques agricoles, il appelle les acteurs politiques à renouer des liens avec notre voisin et partenaire.

© TG

Pari tenté par les agriculteurs de la Manche. Pari et Paris gagnés ?
Oui c'est gagné. Venir à Paris avec des tracteurs et des produits agricoles, ce n'est jamais facile. Au-delà, aller à la rencontre des Parisiens, c'est un moyen d'expression et surtout le moyen de faire connaitre nos produits. Nous sommes en pleine action syndicale depuis 2 mois maintenant. Produire français, manger français, c'est un slogan qui nous va bien. En tout cas, un slogan sur lequel nous espérons être entendus parce que, notamment dans la restauration collective, on a besoin aujourd'hui de renforcer cette notion de proximité et d'origine. On constate malheureusement, par exemple dans nos cantines scolaires, que l'origine France n'est pas toujours au rendez-vous. Il faut donc montrer qu'on sait produire mais aussi développer cette relation de proximité avec le consommateur.

Qu'attendez-vous concrètement aujourd'hui des pouvoirs publics et des collectivités territoriales ?
Des choses simples. Par exemple, il y a un guide qui vient d'être réédité à l'usage des maires, des présidents de Conseils généraux et régionaux qui sont justement en charge de la restauration collective. Il explique comment répondre à un appel d'offres, comment faire en sorte de privilégier le "made in France". Mais il faut aller au-delà, être plus pédagogue. Il faut que le consommateur comprenne aussi que, derrière les produits agricoles, il y a toute une filière de transformation. Il y a des emplois, des territoires, du savoir-faire... Il y a, au fond, la défense d'un modèle agricole et alimentaire que nous voulons absolument mettre en avant parce que, dans les négociations internationales, on a tendance aujourd'hui à normaliser l'alimentation mondiale avec des standards plutôt anglo-saxons. Nous, nous prétendons que l'agriculture, l'identité alimentaire, ça fait partie de notre patrimoine, de nos gènes donc il faut défendre tout cela.

On a beaucoup parlé des méfaits de l'embargo russe sur l'agroalimentaire français. Aujourd'hui, c'est le rouble qui s'effondre. Faut-il s'attendre à d'autres répercussions par ricochet ?
Les conséquences, elles sont d'abord directes. Je rappelle que l'Union Européenne exporte non loin de 10 % de ses produits agricoles et agroalimentaires sur la Russie. Donc, ce sont évidemment des exportations en moins et des marchandises qui reviennent souvent sur le marché européen avec, pour conséquence, un tirage à la baisse des prix des produits agricoles. On l'a vu dans les fruits et légumes. On le voit maintenant sur la viande et on le verra sur le lait. C'est une préoccupation importante. Au-delà, je regrette cette situation parce que la Russie est à la fois un voisin et un partenaire. Je crois que personne, ni les russes ni les européens, n'a intérêt à subir durablement cette situation. On a mieux à faire et en tout cas à coopérer. Ça me parait être un message à envoyer à nos dirigeants politiques. Je sais que notre diplomatie française s'y emploie mais il faut aussi que les Européens comprennent qu'ils ont besoin de resserrer et de renouer des liens avec la Russie même si j'admets que la question ukrainienne et une question importante.

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