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ZNT : chaud patate

ZNT (Zone de Non Traitement) : une patate chaude qui était au menu des travaux de la Chambre d’agriculture de la Manche réunie en session vendredi dernier à St-Lô.

Le concept de ZNT va compliquer les travaux côté céréales, mais que dire côté légumes ? « Je ne sais pas comment on va faire », a avoué Pascal Férey.
© TG

« Il va finir par faire beau temps ces prochains jours. Quelles consignes doit-on donner aux agriculteurs pour les semis de printemps ? La circulaire a-t-elle valeur de décret ? » Evoquant le sujet des ZNT, le président de la Chambre d’agriculture de la Manche parle de « patate chaude ». Et à ceux qui misaient sur un peu de courage politique, patatras. « Pas de capacité à diminuer  les distances pour ce printemps. En l’absence de charte, c’est le droit commun qui s’applique. Quant à la circulaire, elle a vocation à éclairer les services de la préfecture », a-t-on répondu du côté de l’administration de tutelle. Et même si il est encore temps de se mettre autour de la table pour écrire le début d’une ébauche de charte de bon voisinage, cela n’alignerait pas pour autant les planètes. Les élections municipales, combinées à 30 jours de consultation publique, ne plaident pas en faveur d’une accélération du calendrier.
La messe est donc dite. Le concept de ZNT va compliquer les travaux côté céréales, mais que dire côté légumes ? « Je ne sais pas comment on va faire », a avoué Pascal Férey. « Les emmerdements sont devant nous. Il va nous falloir de bons voisins et aller les voir. »

Opposer le principe d’innovation
« J’en veux à mon gouvernement » a souligné, dépitée,  Anne Jeanne (secrétaire générale de la FDSEA). Et Marc Lecoustey de rebondir : « cette disposition réglementaire ne va pas calmer les esprits, ça monte en flèche et ça ira au-delà des joutes verbales ». Jean Bizet, sénateur, est sur la même longueur d’onde. « Le président a eu tort d’ouvrir ce débat car il n’aura pas de fin. On a mis le petit doigt dans cette affaire, mais je ne sais pas comment on va le retirer. A partir du moment où on ne croit plus aux élites, on ne croit plus à la science. Je regrette qu’on n’ait pas voté le principe d’innovation. Les Anglais par exemple ne se reconnaissent pas dans le principe de précaution car, derrière, il y a de la désinformation. Il y a eu dans ce débat de la manipulation. Nous sommes dans une hystérisation collective. Il va falloir que l’on fasse preuve de courage politique. Sur le dossier glyphosate, c’est à l’Anses de dire si c’est dangereux ou pas ».

Pourtant que la campagne est belle
Pourtant que la campagne est belle et que les Parisiens aiment se rendre au SIA. Cependant, le coronavirus les a privés d’un dimanche à la ferme de la porte de Versailles. « Un jour de moins, c’est une perte de chiffre d’affaires. Qui assumera la pénalité financière subie par les agriculteurs exposants ? », s’est interrogé Pascal Férey après s’être satisfait des 40 médailles départementales au CGA (Concours Général Agricole) et adressé une mention spéciale à la filière légumière. Le ciel s’assombrit cependant. Le coronavirus s’ajoute au Brexit et « cela va poser de vrais problèmes économiques plus particulièrement pour le secteur agroalimentaire », craint-on du côté de la Chambre consulaire dotée d’un nouveau directeur et d’une feuille de route reprécisée. « Nous allons accélérer le boulot sur les programmes territoriaux de gestion de l’eau », a annoncé Pascal Férey. Entre autres objectifs : disposer d’eau en quantité et en qualité, même pour les exploitations qui sont en bout de réseau, et à un prix industriel. La profession s’est dite prête à travailler sur le sujet du stockage  dans les exploitations avec le soutien de l’Agence. En contrepartie, elle pourrait s’engager non pas à fermer des forages, mais pour le moins à ne plus en creuser.
Mais sur ce sujet et dans l’immédiat, c’est l’excès d’eau hivernale qui pose problème. « Beaucoup de blés d’hiver sont à refaire », constate Pascal Férey. « On manquera de paille pour l’hiver 2020/2021. Aux 200 000 t que le département importe chaque année, 100 000 t supplémentaires seront à trouver à cause de cette météo défavorable. Il faudra moraliser le marché. »
A moyen terme, l’objectif est d’atteindre l’autonomie en cultures à paille en pensant aussi aux alternatives comme le miscanthus d’autant plus que la montée en puissance de la méthanisation va exacerber une forme de concurrence. Un sujet développé quelques heures plus tard à l’occasion de l’assemblée générale de JA.

 

Conseil. « Nous devons faire valoir l’objectivité du conseil. Nos conseillers n’ont rien d’autre à vendre. Investissons les marchés concurrentiels », propose Sébastien Amand, vice-président.

Passeports. 9000 passeports d’animaux sont en attente dans le département mais inutile de passer vos nerfs sur les agents du GDS ou de l’Association pour l’identification qui n’y sont pour rien. C’est un programme informatique du Sigal qui est en rideau depuis le 24 février. Retour à la normale cette semaine ?

Motion. A propos de la dualité des chartes concernant les élevages laitiers et ateliers d’engraissement, une motion a été adoptée. Elle exige « qu’au vu de ce non-accord national, les éleveurs aient le choix de la charte à appliquer dans leur propre exploitation. Ces chartes ont été créées pour simplifier l’application de la conditionnalité des aides et non complexifier la vie des exploitations agricoles ».

Gafa*. « Derrière les sans-viande, on trouve les Gafa qui disposent d’une puissance de feu considérable », a dévoilé  Jean Bizet

Aides. « L’élevage maintient tous les paysages. Le Conseil départemental apporte une aide aux clôtures et à l’aménagement des accès aux prairies à hauteur de 40 % pour les aînés et 60 % pour un jeune agriculteur », a rappelé Maryse Hédouin.
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