En BTS TSMA
Zoé et Sidonie, mécaniciennes et non informaticiennes
Zoé Paris, de Bernay et Sidonie Le Glatin, de Saint-Brieuc, sont les deux seules filles de première année de BTS TSMA (Techniques et services en matériels agricoles) en alternance au lycée Lehec de Saint-Hiliaire-du-Harcouët. Un choix de formation par passion avant tout. Elles racontent leur parcours, leurs envies et leur avenir, elles qui ont décidé d'évoluer dans un univers plutôt masculin.
"J'avais besoin de technique. J'avais besoin de concret", note dès le départ Sidonie Le Glatin, originaire de Saint-Brieuc. Et pourtant, elle était partie dans une voie d'enseignement général (maths-physique). Elle a osé, en cours d'année, changer de filière - parce que les professeurs lui disaient qu'elle n'avait pas le niveau malgré sa moyenne de près de 14/20 - pour rejoindre une première STI2D (Sciences et technologies de l'industrie et du développement durable) qu'elle a découverte grâce au forum des lycées. Une première étape importante qui a pu la conduire ensuite, en septembre dernier, en BTS TSMA au lycée Lehec de Saint-Hilaire-du-Harcouët. Si la "reconversion" n'est pas chose facile à appréhender, elle a franchi une grande marche. "C'était un mal pour un bien. Et je ne regrette pas", confie-t-elle.
"Depuis toute petite, on rénove des tracteurs avec mon père. J'ai toujours été intéressée par la mécanique agricole." Zoé Paris
Manier la clé de 10''
Dans la même classe, se trouve Zoé Paris. Le choix du BTS TSMA a été une suite logique pour cette jeune de 19 ans, arrivant de la région de Bernay (Eure). Depuis toute petite, elle manie la clé de 10'' plutôt que le crayon et s'est dirigée naturellement vers un bac pro maintenance matériels agricoles en apprentissage à Pont-Audemer.
"Depuis toute petite, on rénove des tracteurs avec mon père. J'ai toujours été intéressée par la mécanique agricole. Alors, j'ai fait des stages dans ce domaine", précise-t-elle. Après le bac pro en poche, ce BTS est une suite logique pour "approfondir mes connaissances notamment dans le domaine des nouvelles technologies."
Mais attention, ni l'une ni l'autre ne veulent devenir informaticienne mais bien mécanicienne.
Apprendre en stage
Dans le parcours de Zoé, les stages ont été présents très jeune parce qu'elle a intégré dès la 4e, la MFR. "Je ne me voyais pas rester sur une chaise toute l'année à écouter de la théorie. Je voulais aussi découvrir le monde de l'entreprise, le monde du travail, avoir le contact avec les clients", argumente-t-elle. Un ressenti partagé par Sidonie. "Il n'y a pas meilleur endroit que le terrain pour apprendre", ajoute la jeune briochine, qui prône aussi avant tout la pratique pour être face à des situations concrètes. "En entreprise, on est face à des vraies pannes ou à un remplacement de pièces", complètent-elles.
De plus en plus de mixité
Ces deux jeunes filles sont bien dans leur combinaison de travail. Et elles n'ont jamais ressenti de freins face à des futurs maîtres de stage. "Il y a déjà une magasinière dans l'entreprise", note Sidonie. Pour Zoé, sa recherche a été assez simple : "Il y avait trois entreprises qui étaient intéressées pour que je les rejoigne", se rappelle-t-elle. La motivation des deux jeunes femmes reste un atout sans aucun doute. Elles respirent la passion et l'envie d'apprendre. "On est chouchouté", sourit Sidonie, "bien entourées", poursuit Zoé, qui pour autant ne s'arrête pas aux réflexions qu'elle peut entendre. "Au niveau de nos collègues, ils vont être plutôt bienveillants", assure Sidonie. Et elles savent l'apprécier et leur rendre. Elles mettent tous les atouts de leurs côtés, à commencer à travailler avec une servante bien organisée. Une petite différence soulignée par rapport à des collègues masculins. "L'organisation, c'est une base", confie Sidonie.
Depuis toutes petites
Cette passion remonte pour l'une et l'autre à quelques années. "J'ai grandi avec mon père et ses tracteurs", confie-t-elle, en se rappelant de la photo chez elle où elle se trouvait sur ses genoux, sur un vieux Massey 35. "Même si mes parents avaient voulu m'orienter vers un autre domaine, je pense que je serais toujours revenue à la mécanique. Et la mécanique agricole", avance Zoé qui se rappelle de son tracteur sentimental, un Ford 3000 avec lequel elle a pu le conduire et faire les foins du début à la fin.
Quant à Sidonie, "je ne touchais même pas les pédales avec mon père", sourit-elle.
Si dans l'exploitation familiale (porc et grandes cultures), elle a grandi avec des Claas, elle apprend désormais avec des Fendt. "Il faut être capable de travailler avec toutes les marques", concluent les deux jeunes étudiantes.
"J'ai grandi avec des Claas, et j'apprends désormais avec des Fendt. Il faut être capable de travailler avec toutes les marques." Sidonie Le Glatin.
Porte ouverte le 24 janvier
Après le BTS, Zoé est prête à franchir le pas du salariat tout en continuant de se former.
Sidonie devrait opter pour une année supplémentaire. Lors des prochaines portes ouvertes programmées ce 24 janvier, elles pourront témoigner de leur parcours et surtout de leur motivation où règne un esprit Lehec dans leur établissement.