Aller au contenu principal

Zones défavorisées : les cartes sont rebattues

Les limites des zones défavorisées doivent être revues avant la fin de l’année. La Normandie est concernée.

2018 : l’agenda européen prévoit l’entrée en vigueur d’un nouveau zonage des zones défavorisées (hors montagne). Ce dossier, ouvert depuis près de quinze ans, devrait permettre d’harmoniser les méthodes de calibrage de zone des différents pays de l’Union. Si les options se précisent,  la date d’application reste néanmoins sujette à négociation. Les méthodes des différents pays de l’Union européenne pour calibrer le zonage devraient ainsi être harmonisées.
La Normandie est concernée : dans l’Orne et le Calvados respectivement 45 et 27 % de la SAU est actuellement zonée. Avec la réforme,  de nouveaux secteurs pourront entrer dans le périmètre, y compris dans les trois départements jusqu’ici non concernés.

Plusieurs couches empilées
Le nouveau dispositif se compose en fait de plusieurs « couches » successives empilées :
- une commune peut être retenue comme « zone soumise à des contraintes naturelles » (ZSCN) si elle est affectée de handicaps pédoclimatiques, et si son chargement est inférieur à 1.4 bovin par hectare et son chiffre d’affaires agricole théorique, inférieur à 1 860 €/ha ;
- une seconde couche permet de zoner les communes herbagères (plus de 30 % d’herbe dans la surface agricole), avec là aussi des limites de chargement et de chiffre d’affaires : on parle alors de « zone soumise à contraintes spécifiques » (ZSCS), en l’occurrence « herbagère » ;
- d’autres types de ZSCS sont possibles, en particulier des ZSCS « zones humides ».
Attention, on ne dispose pas des diagnostics complets du ministère pour l’ex-Haute-Normandie. Les premières évaluations suggèrent néanmoins que le chargement risque d’être disqualifiant dans une grande partie de celle-ci.

Une partie du Calvados et de l’Orne ?
Dans les secteurs de Normandie où les données sont disponibles, la couche ZSCN permet en principe de faire entrer une large part du Calvados (Plaine de Caen et Pays d’Auge) et de l’Orne, plus le Bocage de Valognes dans le Cotentin.
Les critères de chargement et de chiffre d’affaires par hectare sont disqualifiants lorsqu’on va vers l’ouest, et ce d’autant plus que l’on raisonne par « petite région agricole », une unité territoriale issue de la statistique agricole. Or, dans l’Orne par exemple, les deux secteurs du Val d’Orne et du bassin de Carrouges, pourtant réputés difficiles, sont exclus parce qu’ils appartiennent à la petite région « Bocage ornais », en moyenne trop chargée en bovins.
Mais attention ! Une nouvelle limitation des ZSCN a été évoquée depuis mars, en plus du chargement et de la PBS/ha : le rendement céréalier moyen devrait être inférieur à 72.6 quintaux. Ce nouveau critère exclurait alors le Calvados, et peut-être (selon la période de référence) l’Orne. La carte des ZSCN se réduirait donc au Bocage de Valognes. Les éventuels secteurs pré-qualifiés en ZSCN de l’ex-Haute Normandie seraient également compromis dans ce cas.

Le zonage normand sécurisé par le second étage
C’est là qu’intervient la deuxième couche du zonage : les ZSCS herbagères permettent en Normandie de préserver le Pays d’Auge calvadosien (mais pas la Plaine de Caen), et de sécuriser et d’élargir le zonage dans la moitié Est de l’Orne et dans le Cotentin.
Même si le critère de rendement céréalier devait gommer la première couche ZSCN, on retrouverait donc via cette seconde couche « ZSCS » un zonage d’une étendue honorable.
Pour autant, toujours pas de « repêchage » du Val d’Orne ni de Carrouges, plombés à nouveau par leur appartenance au Bocage ornais, une « petite région » décidément … bien trop vaste ! Deux zones dont le caractère défavorisé fait pourtant l’unanimité.
D’autres étages pourraient concerner la Normandie : les ZSCS « zones humides » devraient élargir légèrement le zonage, autour de la Baie des Veys (Manche) et dans le Marais Vernier (Eure). De multiples variantes de ZSCS sont sur la table, certaines (haies par exemple) pourraient concerner notre région.

Rien de définitif
Au final c’est donc surtout l’étage « ZSCS herbagère » qui devrait être structurant pour la Normandie. Mais rien n’est acté définitivement à ce stade ! La multitude de « couches » évoquées dans la négociation nationale aboutit à un budget supérieur à l’enveloppe prévue. Dès lors, après une phase « d’ouverture » sur de multiples possibilités, conduite sous le précédent gouvernement, le nouveau pouvoir aura le choix entre élargir l’enveloppe budgétaire… et sortir les « grands ciseaux » pour élaguer les possibilités.

Le Pole Économie et Prospective des Chambres d’agriculture de Normandie
Depuis plus de 20 ans, les Chambres d’agriculture de Normandie développent une expertise reconnue sur les évolutions du contexte économique de l’agriculture et de l'agroalimentaire. Les travaux sont pilotés par la Commission Economie et Prospective de la Chambre régionale d’agriculture (professionnels élus). Ils s'appuient sur un travail d'équipe de leurs chargés d’études économiques départementaux et régionaux, au sein du Pôle Economie et Prospective.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Béatrice Caplet et Thierry Bizeul : "ce Bachelor agro permet d'acquérir diverses compétences relatives au management d'une exploitation agricole dans un contexte de transition. Il permet de développer ses compétences en stratégie d'entreprise et de pilotage de projet, de se préparer à accompagner et seconder des exploitants dans leur fonction de dirigeant".
Au Campus du lycée de Sées : un Bachelor agro à la rentrée
Un Bachelor agro (Entreprendre, Accompagner et Manager en agriculture) ouvre à la rentrée prochaine au Campus Terre et Avenir du…
"Je ne suis pas de ceux qui pensent tout connaître", remarque David Clavière, mardi 18 mai, à l'occasion d'une conférence de presse. Le nouveau préfet souhaite "trouver des moyens d'avancer avec du bon sens et du pragmatisme, en étant simple, transparent et direct".
David Clavière, nouveau préfet "de terrain et de proximité" dans le Calvados
David Clavière, 52 ans, est le nouveau préfet du Calvados. Il succède à Stéphane Bredin et il a pris ses fonctions le 18 mai…
La remise de La Croix de commandeur dans l'ordre du mérite agricole à Gilles Beaufils s'est faite en mairie de Moyon, mairie qu'il a côtoyée pendant plusieurs décennies.
Promu commandeur dans l'ordre du Mérite Agricole, Gilles Beaufils reste humble
À 84 ans, Gilles Beaufils, ancien maire de Moyon pendant 30 ans, a reçu des mains du député Philippe Gosselin, parrain pour l'…
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes.
Le grand retour des portes ouvertes du syndicat Charolais du Calvados
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes. Les rencontres ont lieu cette fois-ci sur…
Grégory Bariller, élu président de la commission environnement le 8 avril dernier, par les membres du conseil d'administration de la FDSEA 61.
Grégory Bariller représente la commission environnement
Mercredi 8 avril, la FDSEA 61 a élu son nouveau conseil d'administration pour une durée de trois ans. Grégory Bariller, 40…
"C'est marquant cette affluence qui ne cesse de croître", relève François Bruno, conseiller départemental.
Vachement Caen a peut-être trouvé la recette gagnante
L'Association Vachement Caen s'est réunie mardi 19 mai 2026. Entre le retour du concours départemental des Normandes, le…
Publicité