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VIDEO. Agri'Pain : une visite laitière et solidaire

Les salariés de l’association Revivre ont visité la SCL La Félière, client historique de l’atelier Agri’Pain, lundi 15 juillet 2019. Les personnes, en insertion professionnelle, ont pu se rendre compte sur le terrain de la finalité de leur travail.

Lundi 15 juillet 2019, la dizaine de salariés d’Agri’Pain est sortie en visite. Antony Guyon, directeur adjoint de l’association d’insertion professionnelle Revivre (dont dépend Agri’Pain), et Mélanie Thyot, encadrante responsable de l’atelier, ont emmené leurs troupes chez François David, éleveur à Missy, associé avec son frère et ses deux cousins. L’exploitation compte 230 vaches laitières, nourries, entre autres, par la farine de pain produite par l’association.

L’histoire de l’association

En octobre 2016, Revivre démarre un atelier de recyclage du pain de boulangerie. Agri’Pain est créée à Colombelles : l’association emploie une dizaine de salariés qui récupèrent les invendus des boutiques et les transforment en mouture de pain. Objectif : lutter contre le gaspillage alimentaire. Les lots sont pesés par boulangerie. Le pain est coupé et trié à l’atelier. Il part dans des barquettes en chambre de séchage. Puis il est refroidi et broyé en mouture. François David est le client historique de l’association. Il incorpore la mouture à la ration des laitières. « Depuis octobre 2016, la farine de pain nous a fait progresser en protéines », explique l’éleveur.

Concrétiser le travail

« Je me dis, depuis deux ans, qu’il faut qu’on visite l’exploitation de M. David, justifie Antony Guyon. En avril, nous avons renouvelé l’équipe de salariés. Venir ici est une manière de montrer pour quoi ils travaillent. » Et ça marche. François David leur fait faire le tour de l’exploitation : les stocks d’ensilage, la nurserie, l’infirmerie, les logettes, les robots de traite. Il prend le temps de leur expliquer la recherche de génétique et de performance du troupeau, les vêlages, l’installation d’un tracker (panneau solaire monté sur un pylône, qui suit le soleil). « C’est bien perçu par les voisins. Nous souffrons beaucoup de l’agribashing », regrette-t-il. Pour les salariés, il s’agit d’une première dans une ferme. « Maintenant, je comprends pourquoi on broie le pain, pourquoi on met la farine en big bag. C’est concret et je vais pouvoir l’expliquer à mon amie », dit Boima Yates, employé depuis huit mois. Slavica Kolic travaille à Agri’Pain depuis un an : « c’est la première fois que je viens dans une ferme. Il y a beaucoup d’animaux et du matériel que je ne connaissais pas. Ça me plaît, mais je n’y travaillerais pas », sourit-elle, en prenant ses distances d’une vache qui l’impressionne un peu.

Un nouveau débouché pour octobre

Depuis la création de l’association, le rayon de collecte s’est élargi. Les salariés d’Agri’Pain se rendent jusqu’à Rouen et récupèrent les invendus de trois hypermarchés. « Nous ramassons 600 à 800 kg par hyper. Ça vaut le coup de faire le trajet », estime Antony Guyon. Depuis l’année dernière, Agri’Pain vend une partie de la production à un fabricant d’aliments situé en Ille-et-Vilaine et une autre à un éleveur porcin dans la Manche. « Il veut du pain trié, tranché mais pas séché. Il prend 1,2 t tous les jeudis pour ses porcs charcutiers. » Un échange gagnant-gagnant, car, si l’éleveur est assuré de récupérer du pain sans résidus de plastique, l’association réalise des économies de séchage, « l’atelier qui nous coûte le plus cher. » À partir d’octobre, Agri’Apin cherche un nouveau débouché pour absorber sa production en augmentation constante : « en 2017, nous avons produit 193 t de mouture ; en 2018, 260 t. Et en 2019, nous devrions atteindre 350 t. L’atelier peut monter jusqu’à 500 t. »
 

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