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Economie de proximité
Approvisionner la restauration collective grâce à l’agriculture locale

Donner les moyens à la restauration collective d’utiliser davantage les produits issus de l’agriculture locale, préserver l’emploi sur le territoire et consolider les débouchés des produits des agriculteurs manchois, telles sont les ambitions du Conseil général et des collectivités de la Manche, de la Chambre d’agriculture et de la Chambre de métiers et de l’artisanat.

Produits laitiers locaux au restaurant universitaire de Cherbourg-Octeville.
Produits laitiers locaux au restaurant universitaire de Cherbourg-Octeville.
© CA 50

A l’image du “Programme régional pour une alimentation et une restauration durable” de Basse-Normandie qui vise au moins un produit local dans 80 % des repas servis dans les lycées, les objectifs affichés des récentes politiques en la matière, Grenelle de l’environnement ou “Plan national nutrition santé” sont élevés. Pour répondre à la demande croissante de la population manchoise d’approvisionner ses restaurants scolaires avec des produits locaux, sains et de saison, le Conseil général, les chambres consulaires et les collectivités du département, associés au sein du Pôle d’excellence rurale “Un territoire vivant pour une nouvelle économie de proximité” travaillent sur l’émergence de filières de proximité dans la Manche. Dans ce cadre, la Chambre d’agriculture de la Manche engage une étude pour évaluer la faisabilité de l’approvisionnement de la restauration collective de la Manche avec les produits issus de l’agriculture locale.


L'offre potentielle de produits locaux

La première étape de l’étude, en cours, consiste à effectuer un diagnostic de l’offre de produits issus de l’agriculture locale. Les buts sont multiples : - analyser la disponibilité des produits agricoles du département  en termes de volumes, saisonnalité, prix, etc ;- comprendre la structuration des filières agricoles ;- identifier les acteurs en capacité de se structurer pour répondre à la demande de la restauration collective à plus ou moins long terme.


Les besoins de la restauration collective

En parallèle, la Chambre d’agriculture participe actuellement à des diagnostics de la demande au niveau des collèges, des lycées, du Cotentin. Une démarche similaire réalisée par la Chambre d’agriculture sur les autres territoires et autres types de restauration collective complétera cette analyse. La compréhension des pratiques actuelles des restaurants collectifs scolaires, sociaux, administratifs et d’entreprises, ainsi que la connaissance des volumes de tous les produits utilisés permettront d'évaluer le potentiel existant et de déterminer les actions à mettre en œuvre pour renforcer l’approvisionnement en produits locaux.


Vers une réponse à la demande…

La mise en relation des deux diagnostics constitue la seconde étape de l’étude, dont les résultats sont attendus pour la fin de l’année. Elle doit permettre d'évaluer la capacité du territoire à approvisionner sa restauration collective, en faisant émerger le potentiel d’approvisionnement de chaque filière agricole. D'autre part, elle est essentielle pour comprendre les rôles de chacun, producteurs et intermédiaires en amont, agents de la restauration collective et élus en aval, dans la mise en place de ces filières de proximité.


Des forces vives déjà en marche

L’ambition du Pôle d’excellence rural est de mettre en place des plateformes durables qui permettent aux fournisseurs locaux de répondre aux besoins de la restauration collective. Pour ce faire, il pourra s’appuyer sur les réseaux de producteurs “Bienvenue à la ferme”, “Manche Terroirs” et “Marchés de producteurs de pays”. En parallèle de cette démarche stratégique sur le territoire, la Chambre d’agriculture et les Comités régionaux de développement agricoles accompagnent des groupes de producteurs dans leurs projets de commercialisation. Sur la base des réflexions menées depuis plusieurs années par les CRDA et les Pays, trois collectifs se sont constitués. Sur le Cotentin, un groupe d’une quinzaine de producteurs vient de se créer pour réfléchir à une forme de commercialisation collective. Dans le Centre et le Sud Manche, deux associations de producteurs, “La ferme coutançaise” à Coutances et “Goûtez Fermier” autour d’Avranches, voient leurs projets aboutir. Ces collectifs d’agriculteurs constituent déjà des appuis précieux dans la réponse à la demande en produits locaux des restaurations collectives.


L’échelon régional en question

Afin d’analyse toute la pertinence du caractère “local” de l’approvisionnement de la restauration collective, l’échelle territoriale concernée doit être nécessairement évoquée. Ainsi, des diagnostics de la demande sont réalisés de façon similaire sur tous les départements normands par les Chambres d’agriculture. La mise en commun des données obtenues, en lien avec les connaissances sur la demande, devra permettre de juger du rôle possible de l’échelon régional dans cette structuration des filières de proximité.

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