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Maraîchage & canicule
"Avec ces fortes chaleurs, on doit cueillir les fraises tous les deux jours"

Chez Olivier Chauvin, gérant de l'EARL Les Vergers du grand parc à Coulombs, près de Bayeux, l'aspect main-d'œuvre, l'adaptation et le travail en collectif sont essentiels, face au dérèglement climatique.

Dans le Bessin, entre Caen et Bayeux, l'EARL Les Vergers du grand parc - Olivier Chauvin aux commandes - commercialise en vente directe ses fruits et légumes de saison. Entre les 7 ha de vergers (pour la production de pommes à couteau) et les fraises (1 ha), la saison estivale et l'arrivée de l'automne sont bien chargées. Et c'est sans compter le reste de la production avec les poires, les framboises et les concombres, les cornichons...

Lire aussi : Une section maraîchage relancée par la FDSEA

Adaptation sous 40 °C

Sur la ferme, l'adaptation à la canicule s'anticipe depuis plusieurs années. Les agriculteurs ont investi au fur et à mesure du remplacement des anciennes installations - soumises à une usure prématurée, en moyenne 7 ans de vie, en raison du vent - dans des bâches dites diffusantes. "Avec cette nouvelle technologie de bâches, la lumière est diffusée dans tous les sens - au lieu d'être dirigée directement vers la fleur - ce qui permet de limiter la luminosité à l'intérieur de la serre. On n'a pas l'effet loupe d'une bâche classique", explique Olivier Chauvin. 

Les serres jadis bien plus basses laissent désormais apparaître 3,50 m de hauteur pour une meilleure circulation de l'air.  Du côté des salariés, le soulagement s'est opéré par "l'anticipation des heures de récolte le matin. Puisque les jours sont plus longs, on a démarré à 6 heures le matin jusqu'à midi", remarque-t-il. Cette organisation est aussi bénéfique pour "la conservation des fruits. Car récolter un fruit chaud entraîne des problèmes de conservation", constate-t-il.

"On récolte des fruits tout l'été. On essaye d'avoir des fraises tout le temps."

La maturité étant accentuée, les traditionnelles deux cueillettes hebdomadaires sont passées à trois cueillettes. "Cela nous oblige à cueillir tous les deux jours et donc d'étaler la cueillette du lundi au samedi matin, au lieu du vendredi, indique Olivier Chauvin. C'est souvent problématique avec les programmes du week-end des salariés, mais ce sont des choses que je ne peux pas anticiper."

Les habitudes changent

Pour les pommes à couteau, "la récolte se fait du mois de septembre jusqu'à fin octobre", notifie l'agriculteur. L'hiver suit avec le "conditionnement des pommes et la taille du verger". Au printemps vient la plantation des fraises. "La production commence généralement fin avril. Cette année, avec les températures, elles étaient un petit peu plus précoces : on a démarré avec trois semaines d'avance", résume-t-il. Huit permanents - en CDI, avec un taux horaire plus élevé qu'en saison, des tenues de travail fournies, 20 % de réduction sur la partie production du magasin et des primes de résultats - assurent la production, la vente à la ferme et sur les marchés, 3 fois par semaine à Courseulles-sur-Mer et Bayeux. 

Ils sont rejoints par six saisonniers (via le Groupement d'employeurs du Calvados) pour le pic d'activité sur les fruits rouges et la récolte des pommes. "C'est difficile d'avoir les mêmes volumes en permanence toute la saison, mais on essaye de régulariser un peu la production", déclare l'agriculteur, qui constate une baisse de productivité à la récolte : "Il n'y a plus les mêmes rythmes. [...] En moyenne, il y a quelques années, on tournait entre deux et trois plateaux à l'heure par salarié. Aujourd'hui, on est à un plateau et demi. On est passé de 10-15 kg de fraises récoltées à 6-7 kg par personne", constate-t-il, conscient qu'un "tournant est à prendre. Les jeunes sont moins dans la productivité. On vise la qualité", revendique-t-il.

Léa, de salariée à titulaire

Léa ne se destinait pas au maraîchage. Diplômée d'une licence en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) pour devenir professeur de sport, elle a finalement trouvé une activité bien plus physique encore : cueilleuse de fraises. "J'ai fait toutes les saisons l'été à partir de mes 18 ans", se souvient-elle. 

Habitante de Blainville-sur-Orne, elle a choisi de se lancer à temps plein dans l'aventure. Depuis un an, elle est désormais salariée en CDI de l'entreprise agricole. "J'ai eu l'opportunité de revenir ici, c'est trop bien. Ce qui me plaît le plus, c'est de travailler dehors et d'avoir un poste manuel. Quand je rentre chez moi, je n'ai plus rien à penser. Le travail est fait", avance-t-elle.

De la cueillette, au nettoyage, à la vente sur les marchés, la jeune femme se plaît à la diversité de son activité. Elle enchaîne avec les pommes et le calibrage. "Je suis revenue d'année en année pour l'ambiance, les horaires qui permettaient de profiter de mes après-midi, la flexibilité", reconnaît-elle.

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