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Betteraves sucrieres : quand le scalpage devient tout un art

23 des 25 usines françaises ont adopté le nouveau référentiel décolletage. Parmi elles, Saint-Louis Sucre à Cagny (14) avec ses 1 080 planteurs (12 800 hectares) qui l’approvisionnent depuis le 12 septembre. Plus de 99 % des silos sont dans les normes. 

L’heure n’est pas encore au bilan mais avec 1/3 de la campagne effectuée (Ndrl : au 15 octobre), les premières tendances se profilent. Patrick Dechaufour, président du CSOB (Syndicat Betteravier Calvados - Sarthe-Orne) et son directeur, Benoit Carton, ont sorti la calculette. “Le rendement prévisionnel tendrait vers 82 t/ha à 18° de richesse soit 94 T à 16° pour 14,8 t de sucre/ha”, estiment-ils.
Un bon cru en perspective donc mais on retiendra de cette campagne 2014 la mise en application de la forfaitisation du collet avec la suppression du décolletage manuel. Les premiers essais avaient démarré en 2009. L’an dernier, 4 usines l’ont expérimenté et ce sont désormais 23 des 25 usines françaises qui ont adopté le nouveau dispositif.
Pour la Basse-Normandie, le groupe Südzucker Saint-Louis-Sucre a dit “oui” au printemps laissant finalement assez peu de temps à la communication. La profession, syndicat betteravier et fabricant, s’est alors retroussée les manches et a multiplié les réunions d’information auprès de ses planteurs mais aussi des ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) et du réseau CUMA eux aussi fortement impliqués dans ce nouveau mode de fonctionnement. Alors le message est-il passé ?
“Depuis le début de campagne, on suit ça de jour en jour au niveau du contrôle de réception, assure Benoit Carton. Seulement 5 silos ont été pénalisés dans la tranche 1, ça fait du 0,7 %”. Objectif atteint et un résultat dont se satisfait Patrick Dechaufour avant de rebondir : “il y a une zone de tolérance. 1 betterave sur 3 ou 4 peut présenter un excès de feuille. Si
on veut atteindre les 100 %, on sera obligé de surdécolleter”. Faire bien donc, et on sait faire, mais ne pas vouloir en faire trop sous peine de risquer de pénaliser quelque peu la recette finale.
Pour le CSOB, un bilan exhaustif de fin de campagne permettra
de “performer” encore plus en 2015.


Vers 100 % de bâchage
Autre dossier porté par la commission mixte planteurs/industriel, le bâchage préventif mécanique. “Politiquement, notre responsabilité est d’accompagner St-Louis-Sucre sur ce dossier”. L’objectif, à terme, est de passer à 100 % de bâchage préventif et la mécanisation du bâchage est une bonne réponse. “Bien sûr, si vous expliquez à un planteur de Bernières-sur-Mer que son silo risque de geler, il va vous rire au nez, s’amuse Patrick Dechaufour. Mais il faut tenir compte des process industriels et ne pas perdre de vue que, dans les prochaines années, la campagne va durer 130 jours pour ne s’achever que mi-janvier”. La démarche est pour l’instant basée sur le volontariat.
2014 sera l’année du test grandeur nature : 3 matériels ont été acquis par des ETA pour cette campagne. Au travers d’un engagement volontaire pour cette année, les planteurs mettront 150 000 T de betteraves à disposition dans le cadre de la mécanisation du bâchage – débâchage. Le coût d’une telle prestation est proportionnel au volume à bâcher et dans le cadre de cette expérimentation 2014, une participation planteur de 0.30 à 0.50 €/T sera appelée. Le jeu en vaut-il la chandelle ? “Inutile en dessous de 10 jours de silo”, préconise-t-on du côté du CSOB. Au-delà, c’est affaire de prise de risque. “Jusqu’à 10 % de perte dans certaines conditions, c’est du revenu qui s’échappe”. Autre atout qui plaide en faveur du bâchage : la réduction de la tare terre. “10 à 15 % d’amélioration qui s’ajoutent au gain déjà obtenu grâce à l’avaleur de silos”, juge Patrick Dechaufour. Bien sûr, on peut toujours le faire manuellement mais qui ne garde pas de mauvais souvenirs de chantier de bâchage sous la pluie, dans le vent, dans la nuit et qu’il fallait parfois recommencer le lendemain ? Le bâchage mécanique, à partir du moment ou le silo répond aux règles de l’art, apporte les meilleures garanties de conservation.
Un opérateur sur la machine, deux autres de chaque côté du silo, c’est aussi de la main-d’œuvre dont tous les planteurs ne disposent pas forcément au moment des semis de céréales.

Garder un parc d’arracheuses significatif
Sur le périmètre de la sucrerie, 75 % des surfaces sont arrachées par des ETA . Rares sont les CUMA et les planteurs (ou groupe de planteurs) disposant de leur propre équipement. Le parc se réduit d’année en année au gré du renouvellement. “Avec une moyenne de 11 ha par planteur et même à plusieurs, le ticket d’entrée pour investir dans une intégrale est quasiment hors de portée”. Attention cependant prévient le président du CSOB. “Travailler en flux tendu peut être dangereux quand les conditions climatiques se dégradent. Il est toujours plus sécurisant au niveau de l’approvisionnement d’une usine de garder à terme une dose de souplesse dans l’accomplissement des chantiers d’arrachage ; notamment avec des perspectives pour l’usine de Cagny de développer les surfaces pour la période post-quota”.

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