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Assemblée générale de la FDSEA de l'Orne
Communiquer positivement

Mardi 24 mars, la FDSEA de l'Orne a tenu son assemblée générale à la Halle aux Toiles d'Alençon. La table ronde a permis d'aborder le sujet de la communication positive en agriculture. Elle a réuni quatre intervenants : enseignant, responsable syndical et agriculteurs qui communiquent via différents canaux et échelles, entre réseaux sociaux, actions de terrain et engagement collectif.

À l'heure où l'agriculture fait face à de nombreux défis environnementaux, sociétaux, économiques... La communication apparaît comme un levier incontournable pour maintenir ce lien fragile qui unit le monde agricole au reste de la société. À l'occasion de son assemblée générale, la FDSEA de l'Orne a insisté sur la nécessité que chacun s'engage à valoriser son métier, en s'appuyant sur des outils variés, de la presse agricole départementale, aux réseaux sociaux en passant par les associations ou encore les fermes ouvertes. Cette réflexion a été nourrie par les échanges de la table ronde dédiée à la communication positive.

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Se montrer

"On se cache trop, il faut que nous nous montrions plus", lance Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA et éleveur de porcs dans la Marne. Selon lui, promouvoir le métier est essentiel pour assurer le renouvellement des générations, et pas forcément besoin de révolutionner ses pratiques : "Les fermes ouvertes existent depuis 30 ans et fonctionnent très bien", rappelle le responsable syndical qui préside également une association qui sensibilise sur l'utilisation des produits phytosanitaires. Et Denis Génissel, agriculteur en polyculture-élevage bio, de compléter : "On a un métier qui a du sens, il faut le montrer." Lui, accueille des scolaires et organise avec eux des ateliers pédagogiques. Toutes ces initiatives permettent de (re)créer du lien sans tabou. "Une communication simple, directe et diablement efficace", affirme-t-il.

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Réseaux sociaux

Pour Valentine Amette, jeune agricultrice ornaise, la communication passe avant tout par les réseaux sociaux. Les internautes la connaissent sous le nom de "La farine de Valentine". Il s'agit du nom de son compte où elle partage son quotidien à des milliers d'abonnés. "J'explique ce que je fais, comment je le fais et de temps en temps je demande l'avis des gens sur certains sujets tels que mon logo par exemple", explique celle qui cumule jusqu'à 500 000 vues sur certaines vidéos.

"On a un métier qui a du sens, il faut le montrer"

Mais, cet engagement demande du temps : "2 à 3 heures par semaine minimum", précise Valentine Amette qui met un point d'honneur à "ne jamais empiéter sur le travail de la ferme". Un investissement nécessaire pour casser les clichés selon la jeune femme : "Les gens ne savent plus reconnaître un agriculteur aujourd'hui. Quand ils me croisent dans la rue, ils sont bien incapables de dire si je suis agricultrice ou non car je suis comme les autres citoyens finalement", a-t-elle souligné.

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Attirer les jeunes

Côté enseignement, Thierry Bizeul, directeur du lycée agricole de Sées, insiste sur l'image à moderniser : "Il faut casser les préjugés effectivement et montrer que le métier a évolué. "L'objectif étant d'attirer des jeunes dans une filière porteuse d'emplois. "C'est l'agriculture qui tire l'industrie, rappelle-t-il. Le métier est difficile c'est certain, mais il est aussi passionnant", résume le directeur. Portes ouvertes, interventions dans les collèges... Les établissements se mobilisent collectivement pour promouvoir leurs formations.

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Se dégager du temps

Attirer les jeunes suppose aussi de repenser l'organisation du travail. "Un salarié crée de la valeur. Il ne coûte pas seulement de l'argent", souligne Hervé Lapie, qui fait aujourd'hui vivre cinq foyers sur son exploitation. Ici, le collectif apparaît comme une réponse aux contraintes du métier. En tant que jeune installée, Valentine Amette confirme l'importance de pouvoir se libérer du temps. "Il faut pouvoir prendre un week-end de temps en temps", admet-elle. Denis Génissel, quant à lui, n'a pas hésité à adapter l'organisation du travail de son salarié pour accompagner son projet d'installation. "Il ne faut pas avoir peur de s'engager avec un jeune dans le cadre d'un contrat d'apprentissage également", évoque Thierry Bizeul qui rappelle que la rupture de contrat est toujours envisageable en cas de mésentente ou d'insatisfaction.

"Un salarié crée de la valeur. Il ne coûte pas seulement de l'argent"

Se sentir concerné(e)

"La communication, c'est l'affaire de tous, insiste Michaël Sonet, directeur d'Elvup. Il ne faut pas attendre après son voisin pour faire de la com' à notre place", note-t-il. Ce constat est partagé dans la salle, où certains reconnaissent leurs difficultés à se lancer. "À la FDSEA on est très bons sur le fond, mais moins sur la forme", admet Sylvain Delye. "Il faut aussi savoir se remettre en question", invite Thierry Bizeul qui pointe de possibles lacunes ou maladresses dans notre façon de communiquer. Tous appellent à se saisir collectivement du sujet, sans attendre que d'autres parlent à sa place.

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Oser dire la vérité

Mais attention à "rester authentique et sincère", conseille le directeur du lycée agricole de Sées. Pas question d'enjoliver ou d'arranger la réalité. "C'est la vérité, rien que la vérité", résume Denis Génissel qui répond aux questions des enfants sans détour quand ils viennent visiter sa ferme.

"Il n'y a qu'en multipliant les prises de parole qui valorisent nos actions que nous pourrons préserver ce lien privilégié que nous avons avec les consommateurs", affirme Hervé Lapie qui inclut dedans les initiatives locales aussi bien que les engagements plus larges. "Il faut encourager les agriculteurs à être des ambassadeurs du métier, c'est-à-dire à prendre le temps de répondre à la presse ou à prendre la parole sur les réseaux comme Valentine. Ça va plus loin que le syndicalisme", ajoute Sylvain Delye.

Si la communication demande du temps, elle s'impose comme un investissement indispensable pour l'avenir du secteur. Via les réseaux ou sur le terrain, les agriculteurs ne doivent pas perdre une occasion de s'exprimer afin de mettre en avant leur profession. "Nous avons de nombreux atouts à faire valoir. Il ne reste plus qu'à les partager", s'accordent les intervenants.

Tour de France

Anthony Derouet, secrétaire général de la FDSEA 61 a remis à Benoît et Myriam Salles un panier garni afin de les remercier pour l'accueil sur leur ferme lors du passage du Tour de France dans l'Orne. "Cette action de communication de la FNSEA nécessite un investissement certain, mais c'est une occasion unique de mettre en valeur notre agriculture auprès de millions de personnes", rappelle Hervé Lapie.

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