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Des plantations de haies au cœur des territoires !

Début 2018, la Chambre d’agriculture de l’Orne déployait avec le soutien du Conseil Départemental deux opérations de plantations de haies à l’échelle d’intercommunalités ornaises. La finalité était la suivante : relancer une dynamique collective en proposant des plantations clé-en-main, aidées à hauteur de 60 % par le Conseil Départemental. Deux territoires Ornais furent alors ciblés : les Communautés de Communes du Pays de Mortagne au Perche et d’Argentan Intercom pour un objectif global de 20 km de plantations.

De gauche à droite : Luc Bertrand, chef de projet territorial à la Chambre régionale d’agriculture de Normandie ; Joseph et Ulysse Olivier, installés à Bazoches-sur-Hoëne (61). Ces derniers ont bénéficié de l’opération de plantation de haies organisée par la Cran et le Conseil départemental de l’Orne.
De gauche à droite : Luc Bertrand, chef de projet territorial à la Chambre régionale d’agriculture de Normandie ; Joseph et Ulysse Olivier, installés à Bazoches-sur-Hoëne (61). Ces derniers ont bénéficié de l’opération de plantation de haies organisée par la Cran et le Conseil départemental de l’Orne.
© E. Desillière

Un an après, retour sur cette dynamique !
Avec 20,3 km de plantations retenus suite aux visites techniques réalisées par la Chambre d’agriculture, la mobilisation est particulièrement positive. 40 bénéficiaires sont engagés dans la démarche dont 28 agriculteurs. L’aide financière apportée par le Conseil Départemental et l’intervention d’une entreprise spécialisée sont clairement appréciés par les demandeurs. Les enjeux des plantations sont divers et variés, symbole de la spécificité et de la richesse relative à chaque projet. Pour près de la moitié des linéaires, la volonté est d’abriter du vent, de la pluie et du soleil,  animaux, parcelles et bâtiments. Dans près d’un tiers des cas, le projet répond au désir de parfaire les paysages, notamment en refermant des discontinuités sur des haies existantes. Enfin, d’autres linéaires sont souhaités pour favoriser la biodiversité ou réduire l’érosion. Dans de nombreux cas, une valorisation future des haies implantées est envisagée via la filière bois énergie, signe révélateur de l’intérêt croissant porté à cette filière d’avenir.

Efficacité et durabilité, maîtres mots de ces opérations
Chacune des étapes a été mûrement réfléchie pour implanter les haies dans des conditions optimales et maximiser leur réussite, le tout dans un souci de durabilité. Ainsi, une entreprise locale située dans le Perche Ornais a été retenue pour réaliser les travaux. Les essences choisies sont dites bocagères et dans leur ensemble adaptées aux contextes pédoclimatiques locaux. Sont ainsi plantés : chêne rouvre, merisier, érable champêtre, charme, cornouiller sanguin ou noisetier. Les jeunes plants sont protégés par un film biodégradable. L’intérêt de ce produit est multiple : il protège les plants de l’enherbement les premières années avant de se dégrader naturellement. Il favorise la reprise des plants en maintenant une humidité et en réchauffant le sol. Sa pose est mécanisable. Cette problématique de l’enherbement est également intégrée la première année suivant la plantation avec la prise en charge du premier entretien de part et d’autre de la plantation. Concernant le gibier et les dégâts potentiels, le risque est appréhendé. Ainsi l’ensemble des plants est protégé : du chevreuil pour les arbres de hauts-jets et des lapins et lièvres pour arbustes et intermédiaires.
A ce jour, plus de la moitié du linéaire engagé au sein de ce programme est planté. Les travaux se poursuivront au cours des prochaines semaines puis à l’automne prochain. Du fait du succès rencontré, de nouvelles opérations seront lancées au printemps en vue de plantations l’hiver prochain sur deux nouveaux territoires. Les agriculteurs localisés sur ces secteurs seront informés au cours des prochains mois de ce dispositif.

Pour tout renseignement n’hésitez pas à contacter Luc Bertrand
au 06.31.23.22.49.
Luc Bertrand
Chambres d’Agriculture de Normandie

Les Olivier plantent des haies « tout bénef »

Ulysse et Joseph Olivier sont installés à Bazoches-sur-Hoëne (61). Ils font partie des 40 bénéficiaires de l’opération de plantation de haies, lancée par la Chambre d’agriculture de l’Orne et financée en partie par le Conseil Départemental. Près de 800 mètres de haies ont été plantés sur quatre parcelles de l’exploitation.

Joseph Olivier s’est installé en 2013 sur la ferme familiale de la Rouche, à Bazoches-sur-Hoëne dans l’Orne. Son frère, Ulysse, l’a rejoint il y a deux ans. Les deux associés élèvent 180 vaches allaitantes et exploitent 300 ha, dont 200 ha d’herbe. « Depuis cinq ans, nous remettons les surfaces cultivées en prairies pour améliorer le pâturage des vaches allaitantes », explique Ulysse Olivier. Les éleveurs décident d’anticiper la plantation de haies sur ces prairies neuves. Ils ont contacté la Chambre d’agriculture pour bénéficier de l’opération de plantation de haies portée par la Communauté de Communes du Pays de Mortagne et aidée financièrement par le Conseil départemental (voir ci-dessus). « Le projet nous a beaucoup intéressés. Ça n’est ni cher ni contraignant », complète Joseph Olivier.

Un service clé en main
Après un premier rendez-vous courant 2018 avec Luc Bertrand, chef de projet territorial à la Chambre régionale d’agriculture de Normandie (Cran), les exploitants sont emballés par le projet. Ils se mettent d’accord pour la plantation de 800 mètres de haies sur quatre parcelles de la ferme. « Le coût moyen du mètre linéaire est de 6,15 € HT. Aides du Département déduites, il reste à charge de chaque bénéficiaire environ 2,5 € HT par mètre linéaire », détaille Luc Bertrand. La quasi-totalité des travaux est réalisée par l’entreprise Julien-Legault, basée dans le Perche et spécialiste de la plantation de haies. « Nous avons juste eu à débroussailler le terrain. Le reste est clé en main. C’est l’élément qui a fait pencher la balance », avouent les éleveurs. Les travaux se sont terminés au
mois de février à la ferme de La Rouche. L’entreprise reviendra une dernière fois, dans un an, pour tailler la haie.

Choisir les essences adaptées
Près de 30 % des essences choisies pour la haie sont labellisées Végétal local. « Nous sélectionnons les essences en fonction des besoins des bénéficiaires, mais aussi des sols. Certaines terres du Gaec Olivier sont calcaires et la roche est proche. Il ne fallait pas mettre des essences difficiles », précise le chef de projet territorial à la Cran. Un arbre de haut jet, type chêne ou merisier, est planté tous les dix mètres. Entre deux alternent les intermédiaires, comme l’érable champêtre et les arbustes.

Bientôt en bio
Pour les exploitants, l’objectif de la plantation de la haie est de «  protéger les animaux du vent, de la pluie et du soleil, mais aussi de cloisonner la ferme. Le tout en améliorant le paysage et la qualité de la faune ». Au mois de mai, le site sera officiellement converti en agriculture biologique.  « Notre démarche est cohérente avec notre futur mode de travail et avec les nouvelles attentes des consommateurs. Ils sont nos patrons », indique Ulysse Olivier. Tous les travaux du pays de Mortagne-au-Perche sont terminés. Ceux d’Argentan Intercom débutent ce mois-ci.


Estelle Désillière

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