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Action syndicale de la FDSEA et des JA de la Manche en GMS
[EN IMAGES] Mobilisation des agriculteurs : des produits sortis des rayons

Alors que la colère du monde agricole monte dans toute la France, les producteurs de la Manche sont entrés en action lundi 22 janvier en ciblant la grande distribution. Caddies® en main, ils se sont dirigés à Leclerc Agneaux pour sortir des rayons les produits qui ne respectaient pas la loi Egalim. En ligne de mire : les marques Président, Lactel et Caprice des dieux.

Lundi 22 janvier, vers 11 h 30, une cinquantaine d’agriculteurs de la FDSEA et des JA de la Manche ont pris la direction de la grande distribution, Leclerc Agneaux, pour vérifier les prix et le respect de la loi Egalim. « Elle n’est plus appliquée », dénonce François Rihouet, secrétaire général de la FDSEA, au vu des prix pratiqués par les industriels laitiers, à commencer par Lactalis, qui, en un an, propose un prix du lait 11 % moins cher.  

Lire aussi : Les producteurs Lactalis veulent un prix rémunérateur

Un prix intolérable

Alors, dès leur entrée dans le magasin, ils ont pris la direction des rayons des produits laitiers. Et là ils découvrent un litre de lait à 0,84 €. Or, « on ne tolère pas un prix à moins de 0,90 € pour que les producteurs soient payés à leur juste valeur », note Ludovic Blin, président de la section lait de la Manche et de la Normandie. « C’est impossible de payer correctement le producteur. Le lait a une valeur et le travail pour le produire aussi. Nous n’acceptons pas la braderie sur notre dos », poursuit-il.

Deux mauvais payeurs

Dans le rayon d’à côté, c’est le beurre en provenance d’Irlande qui a été retiré des rayons, tout comme les produits des marques Président, Lactel et Caprice des dieux, produits fabriqués par Lactalis et Savencia, « les deux plus mauvais payeurs », souligne Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA. Si plusieurs caddies® ont été remplis et reconduits jusqu’aux caisses, « nous en avons acheté pour prouver au préfet ce que nous avons découvert », ajoute-t-il.  

Lire aussi : 600 panneaux ont la tête à l’envers dans la Manche

Les éleveurs dénoncent aussi l’attitude des distributeurs qui « boudent les hausses des matières premières agricoles », déplore Ludovic Blin. Et pourtant, les éleveurs pensaient que la loi Egalim devaient les prendre en compte. Ce qui les inquiète d’autant plus que les négociations commerciales entre distributeurs et transformateurs se terminent à la fin du mois de janvier 2024. 

Reçus en préfecture

En fin de journée, une délégation a été reçue par le préfet de la Manche, Xavier Brunetière, qui la veille avait déjà auditionné la profession agricole. « Il y a urgence à agir », insiste Jean-Michel Hamel, qui demande à l’Etat de conduire des contrôles pour faire respecter la loi Egalim. « C’est important pour nos éleveurs d’avoir de la visibilité pour demain », souligne Luc Chardine, président des Jeunes agriculteurs, au préfet. « On s’est battu en venant plusieurs fois devant les grilles de la préfecture. Aujourd’hui, notre combat est toujours important mais il se veut plus pédagogue. Mais il nous manque des actes », martèle-t-il. 

Xavier Brunetière affirme que l’Etat reste « très attentif » à ce que la loi soit mise en œuvre. Le 24 janvier, c’est devant l’usine Lactalis de Domfront que les producteurs se retrouveront pour continuer de mettre la pression. 

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