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Interview de Stéphanie Raux-Brout, directrice du pôle filière circuits courts à la Cran
En Normandie les producteurs sont présents sur les market place

On connaît la plus grosse d’entre elles, Amazon. Mais il existe une multitude de market place, travaillant à une échelle plus ou moins locale. Ces points de vente en ligne ont été mis en avant avec le premier confinement. On fait le point.

STEPHANIE RAUX-BROUT
Stéphanie Raux-Brout alerte sur un point de vigilance : cumuler sa boutique en ligne et un ou plusieurs site(s) de vente sur une market place pose la question de la gestion de stocks.
© DR

>> Pour commencer, qu’est-ce qu’une market place ?
La market place est la traduction digitale d’une place de marché, avec des stands. Elle regroupe plusieurs boutiques en ligne. Le consommateur y fait son marché. Il existe différents types de market place : celles qui regroupent spécifiquement les producteurs locaux et fermiers voire les petits artisans ; celles qui rassemblent l’ensemble des commerces qu’on trouverait dans un centre-ville, soit un réseau de magasins de proximité et de détail (fleuristes, textile, alimentaire, etc.).

>> Quels sont les avantages, pour le producteur et le consommateur, de passer par une market place ?
Le producteur met en ligne son ou ses produits et le plus souvent il les commercialise sous sa bannière. Sur la market place, il bénéficie de la visibilité du site : une boutique dynamique draine un flux d’acheteurs. Ses produits sont accessibles par une recherche par catégorie. Le site gère généralement le moyen de paiement, c’est une chose dont le producteur n’a pas à s’occuper. La market place donne accès à une clientèle qu’on n’a pas à proximité : des touristes, des personnes des centres-villes. Le consommateur, lui, fait ses courses à un seul endroit, il ne paie qu’une fois et n’a qu’un seul point de retrait de commande.

>> La market place, comment vit-elle ?
Elle est créée par une startup, un collectif, le Département, la Région, une banque, de grands groupes. Tous les formats sont possibles, c’est très diversifié. La market place se rémunère soit grâce à un droit d’entrée et un forfait d’inscription ; soit par un pourcentage prélevé sur les ventes ; soit les deux. Avec le premier confinement, on a vu une foultitude d’idées se développer. Puis les gens sont retournés dans les points de vente physiques. Depuis le deuxième confinement, on observe plus de réflexion sur la sécurisation des outils en ligne. En Normandie, on estime qu’il existe une vingtaine de market place sur lesquelles les producteurs sont actifs.

>> Comment s’y retrouver alors ? Quel est le rôle de la Cran ?
C’est justement le problème, il faut s’y retrouver. A l’échelle nationale, les Chambres travaillent sur la création d’un outil d’aide à la décision pour accompagner le producteur dans son choix de plateforme. On dispose d’un référencement des market place avec leurs spécificités. On essaie maintenant de lister des critères (ergonomie, niveau de maîtrise de l’outil informatique, proximité, produits proposés, etc.) pour créer un logiciel qui sera à la disposition des conseillers afin qu’ils accompagnent les producteurs dans leur réflexion. En Normandie, les Chambres des métiers et de commerce et d’industrie sont partenaires d’une market place Ma ville mon shopping, pour développer le commerce local conventionné avec les EPCI*. Elles commencent à nous y associer pour y faire entrer des producteurs. Ce sera à nous d’en faire la promotion auprès d’eux et de les former.

*EPCI : établissements publics de coopération intercommunale

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