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Communication
Etiquettes : y mettre sa touche personnelle

Au moment de la création d’un produit, yaourt, crème, bière ou pâté fait maison, la question du packaging se pose à l’agriculteur-transformateur. Faut-il faire soi-même ? Quel budget y consacrer ? Témoignages.

© Invitation à la ferme

« Quand on a repris la ferme, témoigne Thomas Graindorge, éleveur à Tanques dans l’Orne, il fallait qu’on ne change ni le nom de la crème Sineux ni celui de la Ferme de la Noë pour ne pas brusquer le consommateur. » Le fameux pot à l’écriture verte est reconnu. Aussi, il décide de faire évoluer le packaging « progressivement ». Ancien informaticien, il sollicite un ex-collègue de Isagri pour la réalisation d’un nouveau logo, puis dessine les maquettes de ses nouveaux pots lui-même en vue de faciliter le conditionnement. Ils restent blanc et vert, mais le carton évolue avec le nouveau logo et la photo des nouveaux propriétaires de la ferme. « On n’a pas perdu de clients », retrace Thomas Graindorge, même si « on a eu quelques remarques parce que ça change les habitudes ».

Marque collective

A une trentaine de kilomètres au sud, la ferme de la Trébisière s’est affranchie de la question en adhérant à Invitation à la ferme. Les paquets de yaourts des 41 fermes arborent les mêmes couleurs violettes et le nom du réseau. Seule personnalisation, la photo de l’éleveur et le nom de la ferme sur le carton. « Le pack n’est pas individuel, concède Antoine Garreau, associé du Gaec laitier à Magny-le-Désert, mais pour moi, c’est juste un truc d’ego ».
Le bénéfice de la notoriété du réseau lui importe plus. L’abandon de sa propre marque est parfois difficile pour certains éleveurs, comme le rapporte Corinne
Charote, responsable marketing et communication Invitation à la ferme : « ceux qui avaient une mascotte, c’est plus dur parce qu’ils l’avaient faite eux-mêmes, c’était leur bébé ».

De 6 000 à 15 000 euros

Pour Paul Vittecoq, le père de la bière La Mont sauvage brassée à Moon-sur-Elle dans la Manche, « c’est important que ce soit professionnel ». Et de citer les marques non identifiables avec des étiquettes disparates, « on ne sait pas qui fait la bière ». Lui-même a choisi un nom unique, la Mont sauvage et un visuel qu’il décline en différentes couleurs, en fonction des produits. Outre la possibilité de faire soi-même ou de solliciter une connaissance, Paul Vittecoq recommande de faire appel à un.e graphiste professionnel.le, comme il l’a fait en passant par son réseau de connaissances. « La création prend beaucoup de temps, prévient Caroline Charote, il faut connaître les bonnes agences avec qui on peut travailler. Le tarif peut varier de 15 000 euros, si on s’adresse à une grosse agence parisienne à 6 ou 7 000 euros en s’adressant à quelqu’un que l’on connaît bien et avec un projet bien défini ». La Chambre d’agriculture peut éventuellement orienter sur certains professionnels reconnus localement.

Les mentions obligatoires
Outre l’aspect esthétique, l’étiquette doit contenir un certain nombre d’informations légales : la dénomination de vente, la liste des ingrédients, des allergènes, les coordonnées du responsable de mise sur le marché, le poids net ou volume, la date limite de consommation. Sans oublier la température de conservation, le numéro de lot et la date de création. Pour certains cas particuliers, la viande ou le lait, il est nécessaire d’ajouter l’origine des produits. « Il faut inscrire les mentions nutritionnelles, ajoute Anne Manach, conseillère circuits courts à la Chambre d’agriculture de Normandie, énergie et matières grasses, sauf pour les petites entreprises de moins de 10 salariés et d’un CA inférieur à 2 millions d’euros et si la vente est réalisée à moins de 100 km du lieu de fabrication.»
L’écriture doit répondre à des normes de taille : 1,2 mm de hauteur. Si la surface la plus grande est égale à 0,8 cm2, elle peut mesurer 0,9 mm. Autant dire qu’il faut se renseigner et maîtriser les outils graphiques.La Chambre d’agriculture a listé quelques entreprises en local susceptibles de réaliser des graphismes, « c’est important que ce soit propre et professionnel, appuie la conseillère, même si c’est fait maison et artisanal. Il faut que ce soit cohérent avec la communication globale de l’exploitation ».
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