Sécheresse agricole
Fonds d'urgence : 1,65 million d'euros alloués au Calvados
Après la sécheresse estivale, un fonds de près d'1,65 million € est alloué au Calvados. Cette enveloppe d'urgence doit permettre aux exploitations les plus fragilisées de faire face. Les critères d'accès viennent d'être définis au niveau départemental.
Intégré au plan gouvernemental "Climat, adaptation, sécheresse, incendies" (CASI), le fonds de réarmement agricole vise à soutenir la reprise d'activité des exploitations durement touchées par la sécheresse et les épisodes de canicule de l'été 2026. Au-delà de l'indemnisation des pertes, l'objectif est de redonner aux exploitations les moyens de produire, notamment en facilitant l'achat d'intrants, de fourrages, semences, plants ou autres approvisionnements nécessaires à l'activité agricole.
Critères de priorité
D'après le dernier recensement Agreste et la Draaf Normandie, le Calvados compterait environ 5 267 exploitations. L'enveloppe totale attribuée au département s'élève à 1 647 416 €. Toutes ne bénéficieront pas du plan. La cellule sécheresse agricole départementale a défini des critères pour cibler les exploitations les plus exposées. L'aide s'adresse aux agriculteurs à titre principal qui appartiennent aux filières suivantes : maraîchage, arboriculture, petits fruits, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), héliciculture et élevages. Les seuils de pertes varient selon les productions.
Parmi les filières prioritaires, les maraîchers, arboriculteurs et cultivateurs de PPAM doivent justifier "de pertes de récoltes significatives et de difficultés de trésorerie directement liées à la sécheresse", indique la préfecture du Calvados dans un communiqué du 21 septembre. Afin d'identifier l'activité comme majoritaire (en cas de diversification avec des grandes cultures en parallèle par exemple), le maraîchage et l'arboriculture doivent représenter au moins 50 % de la SAU. Les pertes de légumes doivent dépasser 50 %. En arboriculture et petits fruits, le seuil est fixé à 30 % de pertes minimales.
Pour les élevages, au moins 50 % de la SAU doit être consacrée aux surfaces fourragères, avec des pertes de fourrages supérieures à 30 % et des difficultés de trésorerie associées. Une surmortalité supérieure à 10 % entre les mois de juin et août est également prise en compte pour tous types d'élevages hors sol.
Attention particulière
Le dispositif prévoit une bonification pour les nouveaux installés, notamment les jeunes agriculteurs installés depuis moins de cinq ans. La transparence des Gaec sera également prise en compte. "Une attention particulière sera portée aux exploitations déjà identifiées comme étant en difficulté et accompagnées dans le cadre d'un dispositif de suivi, notamment par la MSA, Réagir Agri Aides ou Solidarité Paysan, précise la préfecture. Leur situation devra avoir été aggravée par la sécheresse". Les modalités opérationnelles doivent permettre un traitement prioritaire des situations les plus urgentes. Les demandes sont ouvertes jusqu'au 23 octobre (23 h 59). "L'idée, c'est un déploiement au plus près avec une méthode déconcentrée, pour mieux préparer l'avenir", saluait le préfet du Calvados, David Clavière, à l'occasion de Vachement Caen début septembre. Contact (DDTM) : 02 31 43 15 88.