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Marie-Thérèse Bonneau, secrétaire générale de la FNPL
“Il est temps de donner des signes positifs aux producteurs”

Olivier Borel et la section lait de la FDSEA 61 ont accueilli Marie-Thérèse Bonneau. L’occasion pour la secrétaire générale de la FNPL d’évoquer l’application des indicateurs du CNIEL qui sont favorables aux producteurs.

“Il ne suffit pas d’appeler de ses vœux le partenariat et la confiance, il faut parfois des preuves” a rappellé Marie-Thérèse Bonneau.
“Il ne suffit pas d’appeler de ses vœux le partenariat et la confiance, il faut parfois des preuves” a rappellé Marie-Thérèse Bonneau.
© vm

Les producteurs de lait ont choisi de se mobiliser lundi et mardi devant le siège de Lactalis, à Laval. Pourquoi ?
La mobilisation est en lien avec la rencontre qui a eu lieu entre les représentants des organisations de producteurs et les responsables de l’entreprise, sur la définition du prix du lait pour le troisième trimestre. Lactalis se positionne aujourd’hui sur un prix politique annuel et ne fait pas référence au contrat, à savoir les indicateurs économiques du CNIEL.

Certaines coopératives, qui appartiennent par définition aux agriculteurs, n’agissent pas toujours mieux que  le privé Lactalis ? N’est-ce pas délicat d’aller manifester  à Laval ?
Il y a un schéma contractuel entre les producteurs et l’entreprise. Les indicateurs économiques servent à définir le prix. En ce qui concerne les coopératives, plusieurs règlements intérieurs font référence aux indicateurs. Particularité de la coopération, c’est le conseil d’administration qui tranche en dernier ressort. Mais surtout, le prix peut s’entendre à base de prix d’acompte avec un retour financier en fin d’année ou en révision de compte en fin d’année, selon la situation de l’entreprise et des marchés.
Bien sûr de manière générale, les prix pratiqués ne nous satisfont pas. Certains acteurs de la filière ont expliqué au producteur qu’il devait attendre le second semestre pour bénéficier du retour prix. Ce temps là est venu. Il est temps de donner des signes à la production. Toutes les régions mondiales sont plutôt dans une période favorable en terme de prix. Il serait étonnant que les producteurs français n’en bénéficient pas.

Quand des responsables de coopératives ou d’entreprise privées disent “nous ferons les comptes  en fin d’année”. Vous n’êtes pas rassurée ?
Les producteurs vivent des difficultés de trésorerie au quotidien. Nous avons besoin de signes financiers rapidement.

Suite aux négociations avec le médiateur nommé par le gouvernement, la grande distribution  s’est montrée assez ouverte. En terme de communication, ne craignez-vous pas  que la distribution sorte grandie de cette crise et que les négociations soient ensuite encore plus délicates ?
C’est un paradoxe assez particulier. Le début de l’action mené par le réseau FNSEA-JA a mis en avant les disfonctionnements du marché français. Dans les autres zones, la hausse des cours était perçue par la distribution et le consommateur. Notre interpellation avait pour but de mettre en valeur ces éléments. L’attitude des transformateurs laisse à penser que les choses sont complexes. Je ne le nie pas. Mais, certains les ont également rendues complexes… Aujourd’hui, on pourrait croire que seule la distribution a entendu le message. Il ne faut pas tomber dans ce piège là. Nous alertons donc nos transformateurs pour qu’ils ne se laissent pas enfermer dans ce piège. Ils doivent jouer la partie à côté de leurs producteurs. C’est aussi leur intérêt.

La fin des quotas se profile dans une ambiance tendue. La contractualisation risque-t-elle d’envenimer la situation ?
La sortie des quotas laitiers met l’ensemble des acteurs dans un profil de démarche contractuelle. Pour mettre en œuvre un contrat, il faudra un minimum de confiance entre les acteurs. Il ne suffit pas d’appeler de ses vœux le partenariat et la confiance, il faut parfois des preuves. Nous en attendons actuellement.

Et dans cette logique de sortie des quotas laitiers, que vous inspire la présence d’un groupe chinois dans le capital  de la coopérative d’Isigny-Sainte-Mère (lire en page 4) ?
Je pense que nous avons changé de monde. Il faut l’accepter. Les évolutions démographiques de certaines régions mondiales montrent qu’il existe des opportunités. La qualité sanitaire des français est reconnue. Il est légitime que nos outils en profitent pour créer de la valeur ajoutée pour les producteurs.

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