Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Les Normandes à Paris
« Il fallait que ce soit un peu spectaculaire pour nous faire entendre »

Marie-Thérèse Mahé, alors maraîchère et membre de la section des agricultrices de la Manche

Marie-Thérèse Mahé
© Marie-Thérèse Mahé

« C’était l’après-mai 68. Le statut de la femme en agriculture était loin d’être satisfaisant. À la MSA, on était dans la case « conjoint à charge », c’est pour dire. On avait une retraite insignifiante ; à la banque, l’époux était le détenteur des comptes. Par contre, quand on faisait un emprunt, on nous demandait de signer ! On avait l’impression qu’on n’était rien dans l’agriculture. On se battait pour exister. Nos maris étaient favorables à ce qu’on prenne notre place.

 

Je me souviens que sur les Champs-Élysées, on fonçait sur les barrières, mais les policiers étaient sympas, ils nous laissaient passer, puis ils couraient derrière nous pour nous rattraper ! Il fallait que ce soit un peu spectaculaire pour nous faire entendre. On était contentes d’être là, d’avoir réussi à descendre les Champs-Élysées.

 

Les femmes voulaient faire voir qu’elles étaient capables de se battre pour la profession, vis-à-vis des responsables de tous les organismes professionnels. On a été un peu déçues de ne pas être reçues par le ministre à Matignon. Quand c’étaient nos maris, il y avait toujours un ministre pour les recevoir. On en a parlé longtemps de cette manif, il y en a eu d’autres après. C’est une date mémorable pour nous les agricultrices.

Progressivement, nous avons pris notre place, à la Chambre d’agriculture, dans les coopératives, etc. Je suis entrée à la MSA dans les années 86/87, il n’y avait pas beaucoup de femmes alors. À la banque, ça a été beaucoup plus long. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
Élodie et Baptiste Leclerc (50)
Témoignage d'Élodie et Baptiste Leclerc, éleveurs de veaux à Le Mesnilbus (50)
Élodie et Baptiste Leclerc élèvent des veaux à Le Mesnilbus (50) en intégration chez Denkavit. Âgés tous les deux de 31 ans, ils…
En attendant les JO, Éric Delaunay tire les corvidés
Dans le département, la pression corvidés se fait sentir. Pour y remédier, le tir est autorisé, même en période de confinement. À…
Publicité