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Filière cidricole
Il faut parler du cidre et de nous

Lundi 11 juin, les représentants de la filière cidricole ont rencontré le ministre de l’Agriculture. Didier Guillaume accède à une partie du leurs requêtes mais les dégâts causés par la crise du Covid-19 continuent de peser. Réaction de Thomas Pelletier, président de la FNPFC.

THOMAS PELLETIER
Thomas Pelletier, président de la FNPFC
© DR

>> Didier Guillaume débloque 5 M€ pour distiller 100 000 hl. C’est 50 % de ce que vous demandez …

Je salue une avancée mais ce n’est pas suffisant. Si on ne fait pas de place dans les cuves, que va-t-on faire de la prochaine récolte ? Si nous regonflons les stocks au maximum, cela va peser sur les cours pendant plusieurs années. L’épée de Damoclès reste suspendue au-dessus de nos têtes. Nous demandons des aides à la destruction pour 100 000 t de pommes à 100 € la tonne.

>> Qu’avez-vous obtenu d’autre ?

L’exonération des charges sociales. Si l’entreprise a perdu 80 % de son chiffre d’affaires pendant les trois mois de crise liée au Covid-19, 100 % des charges patronales sont exonérées. Si les pertes sont entre 50 % et 80 %, l’exonération est de 50 %. Nous demandons la même chose pour les non-salariés, agriculteurs et transformateurs, sur leurs charges sociales propres.

>> Vous continuez donc les négociations avec le gouvernement ?

Oui, le ministre laisse une porte ouverte, on le revoit début juillet avec l’ensemble des associations cidricoles. Car la troisième mesure que nous demandons - qui est selon moi la plus importante – porte sur la relance de la communication autour de nos produits. Nous aimerions 5 M€ pour relancer l’économie de la filière. Nous maintenons la pression auprès des parlementaires et des journalistes. Il faut parler de nous !   Une bouteille de cidre par famille et par semaine et la filière reprend des couleurs.

 

Bientôt un plan de la Région ?

Nathalie Porte et Serge Tougard, conseillers régionaux, se sont rendus, ce vendredi 12 juin, à Manneville-la-Pipard, pour visiter la société cidricole normande Sassy France : l’entreprise a bénéficié du Prêt trésorerie Covid-19, à hauteur de 100 000€. Pascal Allizard, sénateur du Calvados, et des élus locaux étaient présents. Sassy France est une société de fabrication et de commercialisation de cidre, créée en octobre 2013 par Pierre-Emmanuel Racine-Jourdren et Xavier d’Audiffret-Pasquier. Elle compte aujourd’hui 10 employés et travaille avec une trentaine de chefs étoilés, comme les Normands Stéphane Carbone et David Gallienne. Les conseillers régionaux ont rappelé que le Prêt trésorerie Covid-19 permet aux entreprises, de toutes tailles, de bénéficier d’un prêt bancaire remboursable sur quatre ans avec un différé d’un an. A ce jour, 60 entreprises normandes ont déjà pu en bénéficier pour un montant total de près de 4,92 millions d’euros. Des aides devraient être attribuées à une vingtaine d’entreprises supplémentaires. Les élus régionaux ont, par ailleurs, rappelé qu’un plan de relance pour la filière cidricole serait prochainement présenté par la Région Normandie.
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