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Influenza aviaire : quatre exploitations sous surveillance

Après la découverte de 70 cadavres de bécasseaux maubèche au niveau de la plage de Saint-Pair-sur-Mer (sud-Manche), positifs au virus de l’influenza aviaire, les 4 exploitations de volailles situées dans le rayon des 5 km feront l’objet d’une surveillance renforcée par des inspecteurs vétérinaires.

GRIPPE AVIAIRE celui du milieu, tête baissée,est malade.
Troupe de bécasseaux, celui du milieu, tête baissée,est malade.
© ©S. Provost – Birding MSM

La Manche est désormais touchée par plusieurs cas de grippe influenza aviaire, sur des oiseaux migrateurs. Plus de 70 cadavres de bécasseaux maubèches ont été découverts les 17 et 18 janvier, entre Carolles et Saint-Pair-sur-Mer. Dans le cadre de la surveillance renforcée effectuée par le réseau Sagir (réseau de surveillance des maladies de la faune sauvage), trois cadavres de bécasseaux maubèche ont été prélevés pour dépistage du virus de l’Influenza aviaire. Le résultat des premières analyses est tombé le 20 janvier dernier. Les bécasseaux maubèches sont positifs au virus.

Une zone de contrôle temporaire

A ce stade, le caractère hautement pathogène de ce virus n’est pas confirmé. Pour autant, dès le 21 janvier, le préfet de la Manche a décidé de prendre un arrêté définissant une zone de contrôle temporaire de 21 jours minimum. Dans cette zone, d’un rayon de 5 km, les 4 exploitations de volailles font l’objet d’une surveillance renforcée par des inspecteurs vétérinaires pour détecter toute apparition de symptômes.
Ce virus de l’influenza aviaire (H5N8) atteint exclusivement les oiseaux ; il n’est pas transmissible à l’Homme qui peut consommer en toute sécurité de la viande d’origine aviaire, des œufs et plus généralement tout produit alimentaire de volaille.

Les mesures de protection

Depuis le 17 novembre, l’ensemble du territoire national est classé en niveau de risque « élevé ». Les mesures suivantes s’appliquent à l’ensemble des départements : claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux ; interdiction de rassemblements d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ; interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des rassemblements organisés ; interdiction de l’utilisation et du transport d’appelants pour la chasse au gibier d’eau. En cas de découverte d’oiseaux morts, il convient avant tout de ne pas les manipuler.

La chasse en milieu maritime suspendue
La découverte du virus H5N8 sur des oiseaux sauvages a conduit le préfet de la Manche à prendre un arrêté de suspension de la chasse sur le domaine public maritime entre le phare du Roc à Granville et jusqu’à la limite Manche/Ille-et-Vilaine jusqu’au 31 janvier inclus.
Ce virus d’influenza aviaire a été détecté sur des populations d’oiseaux sauvages, témoignant de risques sanitaires importants pour l’avifaune sauvage et pour les élevages avicoles. « Le dérangement de ces populations d’oiseaux pourrait entraîner leur dispersion et accroître ainsi la diffusion du pathogène. Il est donc nécessaire de limiter les facteurs de dérangement des oiseaux sauvages pour contenir ce risque de dispersion », précise le préfet de la Manche.

L’interview de Jean-Baptiste Frémond, président de la section aviculture de la FDSEA de la Manche
>> La Manche est-elle hautement menacée ?
À la date du 21 janvier, la France compte 378 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène confirmés par le laboratoire national de référence (LNR) de l’Anses, dont 356 foyers en élevage dans le sud-ouest. On dénombre également 10 cas dans la faune sauvage. Dans la Manche, le cas de grippe aviaire a été détecté uniquement sur des oiseaux sauvages. Et dans notre département bordé de 330 km de côtes, les oiseaux migrateurs sont présents. Même si la Manche n’a pas une très grande densité d’élevage de volailles, la vigilance est de rigueur afin d’éviter une contamination plus large.
>> Quelles sont les mesures à prendre ?
Pour les élevages situés dans la zone sous surveillance de 5 km, les règles sont strictes et contraignantes : aucune volaille et oiseau captif ne doit entrer ou sortir, les œufs ne peuvent quitter les lieux sans déclaration à la DDPP. Les mesures de biosécurité sont renforcées tel que l’accès aux personnes et véhicule est limité, ces derniers doivent être désinfectés à l’entrée et à la sortie des élevages, le changement de tenues et désinfection se font en dehors des zones d’élevage…
Depuis le 17 novembre, il est obligatoire pour les éleveurs, de confiner les volailles ou de poser des filets afin d’empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages et limiter les risques de contagion entre les animaux. Il est aussi important de bien respecter les mesures de biosécurité classiques. Ces mesures s’appliquent également pour les particuliers. En effet, le virus n’a pas de frontière et peut toucher toutes les espèces d’oiseaux ! Il se transmet principalement par des oiseaux sauvages infectés en voie directe (sécrétions respiratoires, déjections) ou indirecte par l’exposition à des matières contaminées (matériel, vêtement).
>> Quelles sont les conséquences pour les éleveurs ?
Dans les productions de poules pondeuses, la majorité des poulaillers sont adaptés afin de garder les animaux confinés dans de bonnes conditions d’élevage. Du point de vue sanitaire et au vu de la saison hivernale, les poules sont plus en sécurité et les performances souvent meilleures en confinement. Pour les volailles de chair type label, la situation est différente, notamment en fin de croissance. Les animaux peuvent être plus stressés et donc entrainer davantage de mortalité par picage.
D’une manière générale, ce virus est pour les éleveurs une nouvelle épée de Damoclès et nous devons faire le maximum pour limiter sa propagation. La situation dans le sud-ouest de la France est une catastrophe économique et psychologique pour les éleveurs qui subissent à nouveau le scénario traumatisant de l’hiver 2017 avec des abattages préventifs de tous les palmipèdes et volailles non claustrés dans un périmètre de 3 km des foyers.

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