Aller au contenu principal

La FRSEA et les JA réclament l’activation d’une clause de survie

Les actions des Jeunes Agriculteurs et des FDSEA se multiplient en Basse-Normandie. Les syndicalistes réclament une revalorisation effective du prix du lait dès juillet. Ils se basent sur l’indicateur de marge officiel publié par FranceAgriMer.

.
.
© dr

“Les entreprises ne semblent pas comprendre la détresse des producteurs. Alors on va le redire plus fort. Chaque matin, les éleveurs se lèvent pour traire et perdre de l’argent. On a rencontré toute la distribution et la transformation. Personne n’est responsable”, s’insurge Jean Turmel, responsable lait de la FRSEA. Également membre de l’interprofession nationale, il a assisté à la démission de Thierry Roquefeuil de la présidence du CNIEL (lire encadré ci-dessous). “J’ai constaté une vraie fracture. C’est de l’irrespect de ne pas avoir un mot des entreprises sur la situation de leurs fournisseurs”.
Personne ne semble pourtant en mesure de le contester. Le prix du lait payé aux producteurs ne couvre pas leurs coûts de production. Depuis la fin de l’année 2014, les prix sont en chute libre. Ils sont passés sous le niveau de charges des exploitations. Depuis mars 2015, le prix du lait est inférieur de plus de 65 €/tonne par rapport à un prix théorique. Ce dernier se base sur la marge des éleveurs en 2005, reconnue comme une année moyenne. Ces chiffres n’apparaissent pas extravagants, surtout pour les jeunes installés.  Ces données se basent, en effet, sur des moyennes. “Pour les jeunes agriculteurs, la situation est critique. Ils ont des niveaux de charges et d’investissements plus élevés que la moyenne”, souligne Romaric Anquetil, responsable lait des JA. 

“Les fermes ont besoin d’argent frais”
La FRSEA et les Jeunes Agriculteurs revendiquent donc la mise en place d’une clause de survie. Ils souhaitent utiliser les indicateurs de FranceAgriMer pour renégocier. “La loi Hamon le permet lorsque les matières premières varient. Une façon de s’en sortir est de faire remonter le marché intérieur. 60 % du lait français y est valorisé. Nos fermes ont besoin d’argent frais dès le mois de juillet”, insiste Jean Turmel.

Le prix politique de 2014 n’est pas digéré
Pour justifier leur démarche, les syndicalistes rappellent que le prix du lait français a été lissé à la hausse durant la période 2013-2014. À l’époque, les FDSEA et les Jeunes Agriculteurs dénonçaient un prix politique. “L’année dernière, le marché était plutôt bon et les producteurs ne l’ont pas vu. Nous avons eu 50 € de moins que nos voisins européens. Si nous avions obtenu l’entièreté du prix 2014, nous serions obligés d’en tenir compte actuellement”, indique Ludovic Blin, responsable lait de la FDSEA 50.

Travail sur les charges
La FRSEA et les Jeunes Agriculteurs ne mènent pas qu’un combat sur les prix. Ils veulent aussi s’attaquer aux charges et rappellent que les banques ont signé “le pacte laitier”. “Nous devons intervenir et négocier collectivement des aménagements avec les banques, par exemple à travers les taux d’intérêt. En Basse-Normandie, nous avons la chance d’avoir des banques agricoles en bonne santé”, souligne Jean Turmel

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Six sites et 121 communes sont concernés par l'officialisation de l'inscription des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le classement des plages du Débarquement à l'Unesco "ne doit pas être une entrave au monde agricole"
Les plages du Débarquement en Normandie figurent depuis le 26 juillet 2026 au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco.…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Alban Brehon (à droite) a fait part de l'appel à la solidarité au préfet du Calvados, (à gauche)
Sécheresse : la FRSEA lance une enquête sur les besoins en fourrages
Avec la sécheresse, plusieurs éleveurs craignent de manquer de fourrages l'hiver prochain.
Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
À Socopa Coutances, les frigos sont pleins, l'abattoir est saturé
Suite à l'appel à mobilisation de la FNB (Fédération nationale bovine), les responsables syndicaux de la Manche, FDSEA et JA, se…
Publicité