La MSA vient en soutien des producteurs de légumes et éleveurs de porcs
La MSA Côtes Normandes vient en soutien à la filière maraîchère et porcine face aux difficultés économiques rencontrées ces derniers mois. Des réponses concrètes ont été apportées par le régime de protection sociale en proposant un étalement des cotisations voire une prise en charge après études de la demande argumentée.
Le 17 mars, une rencontre s'est tenue dans les locaux de la MSA à Saint-Lô, entre la profession agricole et la direction de la MSA Côtes Normandes. Une démarche syndicale portée par Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA accompagné de François Rihouet, président de la Chambre d'agriculture de la Manche, Pierre Glérant, directeur de l'AOP Jardins de Normandie-Sileban et Jean-François Osmond, représentant de la filière porcine, en vue de soutenir les producteurs de la filière maraîchère et porcine. Et pour cause, " depuis plusieurs mois, ils produisent à perte ", explique Jean-Michel Hamel.
Des prix en deçà des coûts de production
Les maraîchers ont tiré la sonnette d'alarme depuis le mois de décembre. " Le marché des légumes d'hiver ne cesse de se dégrader, en particulier pour le poireau et le chou. Il n'y a pas de vente au cadran, les stocks de poireaux s'accumulent dans les laveries et dans les champs ", dénonçait Jean-Luc Leblond, président de la section légumes à la FDSEA. Il manque de l'ordre de 10 à 20 centimes d'euros/kg pour être à la hauteur des coûts de production.
C'est le même constat chez les éleveurs porcins. " Depuis le mois d'octobre, on perd de l'ordre de 10 €/porc ", indique Jean-François Osmond. Une perte expliquée par la mise en place de droits de douane par la Chine, la présence de cas de FPA (fièvre porcine africaine) en Espagne, une production stable mais avec des sujets plus lourds. Il manque de l'ordre de 13 centimes d'euros/kg. Et ce " après deux années correctes ", reconnaît le producteur.
Des mesures immédiates
Parti de ce constat, à l'heure où les appels à cotisations de la MSA arrivent, calculées sur des moyennes triennales, les trésoreries sont mises à mal. L'organisme de protection sociale, représenté par Isabelle Guégaden-Moreau, directrice générale et Olivier Ouin, directeur adjoint en charge de la protection sociale et action sanitaire et sociale, a pris en compte les demandes des représentants des syndicats. " Les échanges ont permis de dégager une feuille de route commune, articulée autour de mesures de soutien de la MSA à effet immédiat et d'un travail conjoint de remontée des besoins ", précise la directrice.
Quelles mesures ?
Les exploitants peuvent demander de bénéficier d'un échéancier de paiement immédiat sur trois mois, applicable aux cotisations sociales dues au titre de l'année 2026 (cotisations personnelles et patronales). Il est également possible de demander des échéanciers de paiement des cotisations sur une durée plus longue, via les services en ligne de la MSA. Un recensement des situations via des remontées conjointes de la profession agricole et de la MSA est engagé, en vue d'obtenir des aides financières à la hauteur des besoins des filières légumière et porcine.
Pour autant, il est rappelé, pour les employeurs de main-d'œuvre, que le règlement de la part ouvrière des cotisations sociales demeure obligatoire et ne peut faire l'objet d'un report. " Nous restons pleinement mobilisés pour accompagner les agriculteurs dans cette période difficile et nous veillons à la mise en œuvre rapide et adaptée des dispositifs de soutien", conclut Isabelle Guegagen-Moreau.