Aller au contenu principal

Label rouge : quelles implications en abattoir ?

L’entreprise Sélection Viandes (Selvi), basée à Alençon, a depuis longtemps fait le pari de s’investir dans les démarches de qualité comme le Label rouge. Ces démarches impliquent de nouveaux points de vigilances dans un milieu où les contraintes sont déjà nombreuses.

SELVI ABATTOIR 61
L’abattoir de la Selvi est engagé dans de nombreuses démarches qualité : Label rouge et AB représentent 60% des volumes. A gauche, Laurent Perrin, technicien de l’Organisation de producteurs Elvea Normandie qui travaille essentiellement avec la Selvi, à droite, Thomas Coudray, responsable achat de l’abattoir. Les deux hommes sont régulièrement en contact pour assurer l’approvisionnement en animaux d’élevages locaux auprès des magasins concernés.
© DR

En 2020, la Selvi était élue premier abattoir en qualité de l’abattage et de la découpe par le syndicat Culture viande*. L’entreprise abat quelque 700 animaux par semaine, en grande majorité des gros bovins et plus rarement, des veaux. Ce bel outil est engagé dans plusieurs filières certifiées, telles que l’AB ou le Label rouge (LR). Concernant ce dernier, Thomas Coudray, responsable achat à la Selvi, précise : « on en a toujours fait, mais la demande est beaucoup plus forte depuis la crise de la vache folle dans les années 1990 ». Depuis 5 ans, le marché s’étend avec une forte augmentation de la demande des GMS. La loi Egalim, promulguée en 2018, a contribué à faire progresser la demande en viande LR de 30% pour l’abattoir via l’imposition de la présence d’au moins 50% de produits sous signe de qualité en restauration collective publique. Avec une cadence de 23 animaux abattus par heure, Thomas Coudray confie que « le secret pour que l’outil fonctionne bien, c’est la méthodologie, la rigueur et l’attention portée aux points de contrôle ».

Convenir à l’acheteur

« Le grand défi du Label rouge est de répondre à une demande, explique Thomas Coudray, c’est notre philosophie à la Selvi ». La première étape est de veiller à ce que les animaux arrivant à l’abattoir soient certifiés LR. Il faut aussi que le temps entre le départ de la ferme et l’abattage stricto sensu n’excède pas 24 heures, problématique avant tout logistique. En bouverie, durant l’abattage et le désossage, pas de contraintes particulières liées au LR, mais ensuite, celui-ci impose une maturation minimum de 10 jours. Thomas Coudray est ensuite chargé de veiller à la correspondance entre la demande des acheteurs et la qualité de la demi-carcasse. Un florilège de paramètres rentrent en jeu pour atteindre cet objectif : couleur de la viande, répartition et épaisseur du gras, textures, etc. Question coût de l’abattage, il rassure : « c’est le même qu’en conventionnel ». La Selvi accueille parfois des éleveurs et des partenaires économiques, comme Elvea, désireux de connaître l’outil. « Ils sont contents de voir où leurs animaux sont abattus et nous sommes contents de le leur montrer », assume Thomas Coudray.

* Culture viande : syndicat regroupant les entreprises privées et coopératives de la filière viande, réalisant des actions d’abattage, de découpe et de transformation.

Pour tout renseignement concernant la démarche Label rouge, vous pouvez contacter Elvea Normandie au 06 81 24 83 80.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Les ventes PMS se déroulent en dehors du territoire normand.
Journées PMS 2026 : la relève normande donne rendez-vous à Frossay
Grand rendez-vous de la génétique normande, les Journées PMS se dérouleront les 1er et 2 juillet 2026 au GAEC des Sept-Lieux, à…
Dans la Manche, les élevages avicoles ont enregistré de lourdes pertes.
Canicule : surmortalité inédite en porc et volailles avec 260 tonnes de cadavres en trois jours
La canicule a entraîné une mortalité exceptionnelle dans les élevages de la Manche : 260 tonnes de volailles porcs en trois…
Publicité