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Porte ouverte 2026
Le Secoppa, pensé comme un outil au service du collectif en Normandie

À l'heure où le Séchoir collectif Plaine Pays d'Auge tire les enseignements de sa première saison complète, l'outil choisit d'ouvrir ses portes, mardi 3 mars 2025, pour une présentation complète de ses services. Lesquels sont multiples et ouverts à tous, adhérents ou non.

Après une première porte ouverte hivernale en 2025, le Séchoir collectif Plaine Pays d'Auge (Secoppa) invite de nouveau les curieux, mardi 3 mars 2026 à Olendon, dans le Calvados. Objectif : une totale découverte de l'outil.

Une année de rodage

Officiellement en fonction depuis septembre 2024, le séchoir peut désormais tirer un bilan de sa "première année complète", souligne Vincent Barbot, président et agriculteur dans la commune voisine (Sassy).

Comme toute entreprise, les premiers mois sont souvent placés sous le signe du calage. Si les équipes espéraient rentrer 1 200 tonnes de luzerne, ce sont finalement 800 t qui ont été approvisionnées jusqu'au Secoppa.

Lire aussi : Éleveurs et cultivateurs créent une mini-filière de luzerne

"En raison de la météo et des chaleurs, nous avons eu des résultats faibles sur la troisième coupe et nous n'avons pas pu procéder à la quatrième coupe des luzernes, reconnaît-il. Sans eau de mars à juin, c'était difficile, d'autant plus avec beaucoup de jeunes semis. Les premières années en luzerne sont souvent plus difficiles."

"Il faut compter entre cinq et six semaines entre chaque coupe de luzerne. Techniquement, la récolte s'est très bien déroulée", précise Jérôme Cadet, adhérent et administrateur.

Lire aussi : Filière luzerne : un outil encore en rodage, mais prometteur

La qualité priorisée

Dans une case, les équipes rentrent environ 20 ha de luzerne, soit 40 à 50 tonnes sur 2 mètres de hauteur. "Avec le ventilateur, on pousse la marche forcée entre deux et trois jours autour de 10 à 15 degrés de plus que la température extérieure, pour une hydrométrie entre 20 et 30 %", observe Vincent. Des données fluctuantes en fonction de la météo, mais aussi de la nature de la matière première.

"On ne dépend pas de l'énergie, ce qui assure une stabilité de nos coûts."

Le Secoppa s'est doté de sondes pour une meilleure maîtrise du séchage en 2026 et "avoir des repères. On essaye d'optimiser au mieux." Et ce séchage a ses avantages : "Il préserve la qualité nutritionnelle. La basse température préserve la digestibilité de l'amidon (maïs grain par exemple). On vise le maximum, soit 20 de MAT en luzerne."

La structure fonctionne aux énergies renouvelables, avec des panneaux photovoltaïques. En 2025, "nous n'avons pas eu besoin de complément de chaleur. Nous avons autoconsommé l'énergie produite grâce aux panneaux, soit environ 30 000 € d'électricité économisée", indique Vincent Barbot.

Lire aussi : Le Séchoir collectif Plaine Pays d'Auge attire les curieux dans le Calvados

À la portée de tous

Le Secoppa regroupe trente exploitations agricoles engagées sur sept ans dans la culture de luzerne (neuf producteurs, 21 consommateurs purs). S'il est l'un des rares séchoirs collectifs agricoles de France et le seul en Normandie, l'outil ne se contente pas de sécher la luzerne. Il est possible d'utiliser le séchoir pour tous types de céréales ou bois.

Il est également équipé d'une unité de granulation de luzerne, "opérationnelle à 100 %. On travaille encore à la durabilité : on conseille une consommation dans les six mois qui suivent la mise en sachet", note-t-il.

Destinés avant tout aux éleveurs bovins, ces granulés se démocratisent de plus en plus auprès d'éleveurs d'ovins et caprins. "C'est une bonne réponse aux petits élevages car la proximité leur garantit des prix attractifs, d'autant plus qu'ils n'ont pas forcément besoin de grands volumes. Ils peuvent venir les chercher directement", indique-t-il.

Mais l'unité de granulation sert aussi à l'expérimentation : maïs ensilage, miscanthus... "Nous testons la fabrication de mix granulés et, à partir de mars, on fera des tests sur le bois, ainsi que les anas de lin, la chènevotte, etc. pour valoriser les coproduits de ces filières, produire de la biomasse ou d'autres débouchés", déclare le président.

"Le Secoppa n'est pas un club fermé. C'est un outil ouvert à tous, au service de tous les agriculteurs de la région."

Une prestation ouverte à tous - comptez entre 100 et 120 €/t. "Nous sommes là pour rencontrer les agriculteurs professionnels, échanger sur les produits, expliquer le modèle."

Lire aussi : Le Séchoir collectif Plaine Pays d'Auge ouvre ses portes mardi 4 mars 2025

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