Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Propriété
L’eau fait bouillir les propriétaires

La section nationale des propriétaires de la FNSEA s’est réunie à Granville, les 26 et 27 juin. Deux réflexions se sont engagées lors de cette manifestation : la protection de l’eau et surtout l’impact des zonages environnementaux sur le foncier agricole. Les congressistes ont planché sur une problématique concrète et locale dans la Manche.

Les servitudes autour des points de captages se généralisent sur le territoire. La Manche ne fait pas exception. Mais contrairement à d’autres secteurs, le département bénéficie d’une convention cadre. Réunis autour de la table, Philippe Faucon le vice-président de la FDSEA 50, André Berne le directeur de l’agence de l’eau et Rémi Bailhache le président de la Chambre d’agriculture de la Manche ont témoigné sur ce dossier houleux. “Avec 300 captages dans la Manche, chaque agriculteur discutait individuellement. La convention a permis de cadrer les discussions, notamment sur les servitudes. Les indemnités sont calculées grâce à un tableau à entrées multiples, selon les contraintes ou le périmètre. Nous voulions une évaluation objective. Lors des premières discussions en 1995, nous partions de rien. Signée en 1998, la convention a été réactualisée en 2005 et 2011”, explique Rémi Bailhache, président de la Chambre d’agriculture de la Manche.

“Les dés sont pipés”
Sur le terrain, le dossier eau fait des vagues. “Les agriculteurs ne sont pas satisfaits. Nous négocions avec un fusil sur la tempe. Les dés sont pipés car les gestionnaires de l’eau peuvent nous virer. Nous avons donc fait au mieux avec les outils dont nous disposions”, note Philippe  Faucon. A Granville quand ils évoquent l’eau, propriétaires et exploitants se placent dans le même bateau. “Nous avons une perte de valeur vénale des terres étant donné qu’on a une servitude importante des captages. Cette servitude est perpétuelle et nous voudrions une indemnisation pérenne. Les MAE ne conviennent pas", insiste Josiane Béliard, présidente de la Section nationale des propriétaires ruraux (SNPR).
La tendance est de réglementer le mode de production. “Nous sommes donc obligés de tenir compte des effets économiques sur l’ensemble de l’exploitation” ; admet André Berne, directeur de l’agence de l’eau. Mais au final, "les propriétaires se sentent spoliés et les gestionnaires de l’eau sont mécontents de payer un peu”, dixit Philippe Faucon. Paradoxe, l’eau, synonyme de vie dévalorise les terres. Et l’idée avancée par André Berne, d’une indemnité versée jusqu’à la fin du bail, ne rassure pas les propriétaires. Bien au contraire. “Les propriétaires comme les exploitants méritent une indemnité pérenne”, tonne Josiane Béliard.
L’eau est communiste
Pour le syndicalisme, le service rendu à la population mérite une rémunération. “Eau, clients, gestionnaires, tuyaux, on sait facturer. Pourquoi ne peut-on pas nous rémunérer, nous les producteurs ?”, s’interroge Philippe Faucon. La réponse d’André Berne est avant tout juridique : “l’eau reste communiste. Elle appartient à tout le monde. Et juridiquement, on ne paye pas l’eau mais le service et le traitement”. Reste une question en suspens, jusqu’où s’étend cette notion de service et de traitement.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
John Deere : le premier 8R sur les routes du pays d’Auge
Les établissement Ruaux ont vendu et livré le premier tracteur John Deere 8R/370 en Normandie. Visite complète au champ.
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Élodie et Baptiste Leclerc (50)
Témoignage d'Élodie et Baptiste Leclerc, éleveurs de veaux à Le Mesnilbus (50)
Élodie et Baptiste Leclerc élèvent des veaux à Le Mesnilbus (50) en intégration chez Denkavit. Âgés tous les deux de 31 ans, ils…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
Publicité