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Les haies, des alliées de l'exploitation

Avec plus de 120 000 km(1), la haie bocagère normande possède de nombreux intérêts environnementaux.

Paysage, aménagement du territoire, ressource ligneuse, biodiversité… les rôles du bocage sont multiples ! La haie bocagère agit différemment sur la parcelle agricole selon sa forme, sa composition et sa disposition. La plupart des études démontrent que la présence de haies influence favorablement le microclimat des parcelles concernées.

Des rôles reconnus
La fonction brise-vent de la haie bocagère est régulièrement mise en avant. Ce rôle de protection motive une part importante des replantations de haies. Pour que l’effet brise-vent soit optimal, la haie doit être composée de différentes essences locales et structurée en différentes strates. L’ensemble forme une haie dense tout en restant perméable.
Une haie bocagère peut réduire la vitesse du vent sur une distance allant de 15 à 20 fois sa hauteur. Le maillage bocager participe ainsi à la mise en place d’un microclimat à l’échelle de la parcelle, notamment lors des fortes variations climatiques. Ceci influence favorablement la précocité des cultures, les rendements, la pousse de l’herbe, le bien-être des animaux au pâturage, la protection des bâtiments d’élevage…
Implantée sur talus, la haie forme un obstacle à la circulation de l’eau sur et dans le sol. L’alimentation des nappes est alors renforcée et le régime des cours d’eau régulé. Les haies sur talus parallèles aux courbes de niveau (ou perpendiculaires à la pente) participent à limiter l’érosion des sols et à réduire le ruissellement. En moyenne, la haie piège deux tiers des particules arrachées par l’eau.
Les haies représentent également une source de production de bois importante. Par exemple, le volume de bois sur pied pour les 3 anciens départements bas-normands (Orne, Manche, Calvados) est estimé à 22,8 millions de mètres cube de bois sur pied(1).
La récolte régulière du bois taillis fait partie du cycle d’entretien de la haie. Le développement de la filière bois-énergie et l’installation de chaufferies-bois participent à la valorisation du bocage. L’outil « plan de gestion du bocage » des Chambres d’agriculture aide l’agriculteur dans la gestion durable de son réseau bocager. La production de bois de l’exploitation est évaluée et répartie sur une rotation moyenne, variant de 10 à 15 ans selon les secteurs, soit le laps de temps nécessaire au bois taillis pour se régénérer. Le réseau de haies est cartographié et les opérations de récoltes sont programmées. Des travaux d’améliorations (plantations...) sont également envisagés.

Replanter pour rénover le bocage
Planter des jeunes plants fait partie des opérations régulières d'entretien du maillage bocager, à la fois pour rénover les haies vieillissantes mais aussi pour créer de nouveaux linéaires adaptés aux évolutions du parcellaire. Concrètement, cela se traduit par la création de haies nouvelles, à plat ou sur talus, et la rénovation de haies existantes par regarnissage.
Pour réussir ces travaux de plantations, le respect de quelques règles simples s’impose.
C’est la rénovation d'une haie existante qui est souvent le travail le plus difficile. L'intervention débute par un diagnostic rapide, de façon à connaître le potentiel encore existant. On concentre ensuite les regarnis sur les sections les plus dégradées, si possible sur des sections de 10 mètres minimum. Cela facilitera ensuite le repérage et le suivi des jeunes plants dans la végétation concurrente.
Suivant les objectifs assignés à la haie (brise-vent pour les animaux, lutte contre l’érosion, production de bois...), on adaptera son intervention et les essences plantées.
Les créations et rénovations de talus sont réalisées à l'aide d'une pelle hydraulique. Le talus peut être rechargé en terre végétale prélevée dans la parcelle, en créant un fossé en pied de talus ou en prélevant de la terre sur une dizaine de mètres de large. Suite à ce chargement, la pelle effectue un reprofilage en tassant modérément le talus. Sa forme doit être trapézoïdale, avec un sommet plat d'au moins 80 centimètres de large et une hauteur moyenne d’un mètre.
La plantation des jeunes arbres et arbustes d’essences bocagères en racines nues s'effectue entre le 25 novembre et le 31 mars. La qualité des plants utilisés est primordiale pour la réussite de la plantation, et leur hauteur doit être limitée. Il est conseillé d'utiliser des jeunes plants d’essences locales, âgés de 2 à 3 ans, et avec des origines forestières certifiées. Le respect de ces conditions garantit l’adaptation du plant au contexte pédoclimatique de la parcelle.
Les plantations sur talus sont parfois délicates, car la reprise des plants peut être moins bonne qu'à plat. L'installation d'un paillage est alors impérative, de préférence biodégradables (copeaux bois, biofilm…).

Suivant la pression de la faune sauvage, des protections contre le gibier pourront être posées. Elles faciliteront également le repérage des plants et éviteront ainsi les dégâts lors des opérations de débroussaillage. Des clôtures protégeront la jeune haie du piétinement du bétail.
Il faudra également prévoir au moins un débroussaillage autour du plant dès la première année (par exemple en mai-juin). Selon la croissance des plants et la vigueur de la végétation, ces entretiens pourront se poursuivre pendant 3 à 5 ans.
Après une saison de plantation, il est important de tailler les nouveaux plants et de remplacer ceux qui n’ont pas repris.
Pour étoffer les arbustes destinés à former le bourrage et produire le bois de chauffage, un recépage sera possible en fin d'hiver (en dehors des périodes de gel et avant la remontée de la sève). Suivant le potentiel plus ou moins élevé des différentes espèces à rejeter du pied, le recépage se pratiquera au ras du sol ou à 10 centimètres.
Pour les plants destinés à former des arbres de place et du bois d’œuvre, il suffira alors de supprimer les doubles têtes et de couper les branches remontantes. Au-delà des premières années de développement, les tailles de formation des arbres favoriseront toujours l'axe principal en pratiquant notamment des défourchages et des coupes sélectives de branches redressées. C'est seulement après 5 à 6 ans qu'interviendront les premiers élagages sur le tiers inférieur de l'arbre de haut-jet.
La plantation de jeunes plants dans les haies vieillissantes ou la création d'une nouvelle haie dont l'emplacement est raisonné en fonction de l'aménagement de son parcellaire permettent au bocage de conserver au fil des années toutes ses fonctions.


Sources :
(1) : Inventaire Forestier National, 2011.
Bibliographie : INRA, J. Baudry et V. Caubel, 2001.
La France Agricole, Les haies rurales, Fabien Liagre, 2006

Pour planter l’hiver et bénéficier des programmes d’aides, inscrivez-vous dès maintenant !
Renseignements :
-Chambre d’agriculture du Calvados :
Stéphane BERZINGER - 02 31 70 25 34
www.chambre-agriculture-14.fr

-Chambre d’agriculture de la Manche :
Eddy CLERAN / Stéphane PESTEL - 02 33 06 49 91
www.chambre-agriculture-50.fr

-Chambre d’agriculture de l’Orne
Luc BERTRAND - 02 33 31 49 43
www.chambre-agriculture-61.fr

-Chambre d’agriculture de l’Eure
Yann PIVAIN – 02 32 35 95 32
www.chambre-agriculture-27.fr

-Chambre d’agriculture de Seine Maritime
Bastien LANGLOIS – 02 35 59 47 52
www.chambre-agriculture-76.fr

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