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Maladies vectorielles
MHE : des vaccins gratuits mis à disposition des éleveurs dans le sud du Calvados

Le gouvernement français a annoncé, vendredi 20 septembre 2024, la mise à disposition gratuite de doses vaccinales pour lutter contre la MHE, dans des zones dites "tampons". Plusieurs communes du sud du Calvados sont concernées. Quant à la lutte contre la FCO, le GDS recommande une double vaccination.

Alors que la zone MHE (maladie hémorragique épizootique) remonte petit à petit sur le sud du Calvados (voir carte) et que les zones régulées pour la FCO (fièvre catarrhale ovine) ne cessent de s'étendre sur le territoire français, le GDS est attentif aux avancées sanitaires et aux communiqués du ministère de l'Agriculture.

« Il y a des suspicions dans tous les départements qui nous environnent, mais le Calvados semble pour l'instant épargné. Ça ne va pas durer, d'autant plus qu'il ne fait pas froid. Les vecteurs continuent de se multiplier », insiste Étienne Gavart, directeur du GDS du Calvados.

Dans le secteur, l'inactivité vectorielle dure à peine une semaine par an, souvent début janvier. « Il n'y a rien qui puisse stopper le moucheron », reconnaît le professionnel.

Lire aussi : FCO & MHE : "Il n'est pas trop tard pour vacciner" d'après le GDS du Calvados

Des doses gratuites

« Une frange du département a la possibilité de commander gratuitement des doses de vaccin pour la MHE en passant par le vétérinaire sanitaire », commente Étienne Gavart. Cette disposition concerne uniquement les bovins, les ovins n'étant pas touchés par la MHE.

Les commandes sont possibles pour les vétérinaires sanitaires sur Calypso (plateforme dédiée à la profession), depuis mardi 24 septembre 2024. Au total, deux millions de doses ont été débloquées pour un montant total de 9 M€, indique l'État dans un communiqué publié vendredi 20 septembre 2024.

« La crainte des conséquences du vaccin est une mauvaise raison de ne pas vacciner. Il ne faut pas attendre qu'il soit trop tard pour vacciner parce que quand il y aura des signes cliniques, ça n'aura plus du tout la même efficacité que si les éleveurs le font dès aujourd'hui », estime Étienne Gavart.

Lire aussi : La FCO3 et la MHE menacent les départements normands

FCO : un vaccin doublement efficace

Un nouveau vaccin est également disponible pour la FCO-3 : le Bultavo 3 des laboratoires Boehringer. « Ce vaccin garantit l'absence de virémie [présence de virus dans le sang, ndlr]. Il est plus efficace que les autres pour lutter contre la FCO (BTV3), il protège mieux les troupeaux », relève Étienne Gavart. Il s'administre en deux fois. « Fait par le vétérinaire, il pourra servir de support pour l'exportation de bovins (certification sans PCR). Pour ces deux raisons, les éleveurs doivent privilégier ce vaccin, à condition de pouvoir l'avoir », explique-t-il.

Néanmoins, le GDS du Calvados alerte sur l'importance de vacciner aussi bien pour le BTV3 que le BTV8. « En Saône-et-Loire (71), ils constatent que le BTV8 tape plus que le BTV3 en morbidité bovine. Mais je ne change pas de message : il faut vacciner pour la FCO-3 ET 8, parce que le 8 arrive et le virus est au moins aussi dangereux que le type 3 », martèle l'expert.

La FCO-8 étant très peu réglementée en France, elle est peu suivie. Le vaccin FCO-8 est payant, mais « les GDS considèrent que le prix du vaccin est inférieur au coût de la maladie », déclare l'institution. GDS France estime qu'il y a plus de 2 500 foyers de FCO-8 en France. Une valeur probablement sous-estimée car les retours ne sont pas effectifs dans tous les départements.

Lire aussi : La Normandie cernée par la FCO et la MHE 

10 % de mortalité

D'après une étude hollandaise*, la FCO-3 entraînerait 10 % de mortalité sur les moutons, avec une forte variabilité d'une ferme à l'autre. C'est une première analyse d'impact de l'épizootie qui a été menée aux Pays-Bas en juillet 2024 par la Source Royal GD qui le démontre.

Côtés bovins, il y aurait deux fois plus de mortalité et 10 % de perte en lait. En allaitant, « il y a des conséquences aussi pour les éleveurs de viande, mais les broutards ont l'air de se remettre de la baisse de quantité de lait de la mère. À ce stade, on n'a pas de données sûres pour l'instant. On sait que la maladie favorise les avortements et les malformations congénitales. C'est ce qu'on observera dans six mois après le passage de la maladie », relate-t-il.

« S'ils n'ont pas bien protégé leurs troupeaux, les éleveurs vont devoir soigner leurs animaux au lieu de se concentrer sur leurs ensilages de maïs », s'inquiète Étienne Gavart, directeur du GDS 14.

Pour le moment, l'interrégional Charolais qui se tiendra samedi 28 et dimanche 29 septembre à la Foire de Caen devrait se dérouler normalement, a contrario du concours de Livarot (en zone régulée MHE) qui ne peut plus accueillir d'élevages venant de zones indemnes. Le GDS poursuit la surveillance de la FCO et de la MHE dans tous les protocoles de recherche de causes d'avortement.

Des informations en temps réel sur la progression des virus sont à retrouver sur le site du GDS du Calvados. Les réunions de secteur du GDS ont également lieu en ce début d'automne.

Le GDS organise ses réunions d'éleveurs annuelles

L'ordre du jour est le suivant : la tuberculose bovine, FCOs, MHE et autres dangers, protocole BVD prophylaxie, kit génétique intro, questions diverses : point sur la situation de l'équarrissage…

• Vire : salle Jean Moulin, rue de l'Industrie, 26 septembre à 14 h.

• Dozulé : salle des Fêtes de Dozulé, 2 avenue Georges Landry, 26 septembre à 20 h.

• Thury Harcourt : salle Blincow près de la mairie, place du Général de Gaulle, 30 septembre à 14 h.

• St-Pierre-en-Auge : salle des Fêtes, place du marché, 30 septembre à 20 h.

• Lisieux : salle Verte Espace Victor Hugo, place Boudin Desvergées, 1er octobre à  20 h.

• Pont-L'évêque : salle municipale, 18 Rue Thouret, 7 octobre à 20 h.

• Potigny : La Salle du Suvez, Chemin d'Aisy, 8 octobre à 20 h.

• Saint Vigor le Grand : salles des Fêtes, 4 rue du Beau Site, 9 octobre à 20 h.

*Étude à retrouver sur le site GDS France

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