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OP CLE P&S : les hausses de prix sont justifiées

Lors de l’assemblée générale de l’association des producteurs de lait CLE-P&S mardi 15 juin, les éleveurs ont accueilli Nicolas Dumarest de l’entreprise Savencia. Cette dernière a dénoncé les accords. Les producteurs ne sont pas prêts à signer sans que la formule ne leur permette pas d’avoir un revenu décent. 

Nicolas Dumarest, Savencia
Nicolas Dumarest, de chez Savencia, est venu échanger avec les producteurs.
© DR

L’association des producteurs de lait Clé-P&S Ouest compte 588 adhérents dont 45 % en Normandie et 54 % en Bretagne et Mayenne. Au total, le volume contractualisé dépasse les 345 millions de litres de lait, contre 335 millions l’année précédente. Cette organisation de producteurs est l’une des neuf structures de Sunlait, avec comme industriel laitier Savencia.
Les relations entre les producteurs et l’entreprise laitière sont pour le moins tendues, en raison de la dénonciation de l’accord établi sur le prix du lait par Savencia, conduisant l’association de producteurs à saisir le médiateur des relations commerciales agricoles. Ce dernier a remis son rapport en mars 2021, laissant les deux parties poursuivre les discussions, sans saisir le ministre de l’Économie. Une position que déplorent les producteurs de lait. Ils dénonçaient le fait que Savencia ne respectait pas les accords définis en 2018, imposant des réductions de prix.  

Investir sur les agriculteurs

Face à Nicolas Dumarest de Savencia, les questions n’ont pas manqué. Des questions cash qui reflétaient l’état d’esprit des producteurs. Et pour cause, le prix du lait a baissé malgré des indicateurs plutôt favorables. « Nous étions à 342,92 €/1 000 l en 2019 contre 327,16 € en 2020 », explique le responsable de Savencia. « Pour autant, le prix français est au-dessus du prix européen depuis 2 ans suite à la loi Egalim. Dans un même temps, les exportations ont baissé. N’ayant plus de stock de poudre de lait ni de beurre, il n’y a pas de raison de subir un choc. Nous avons une visibilité plutôt satisfaisante et rassurante », temporise Nicolas Dumarest. Ce à quoi un adhérent dénonce le comportement de l’entreprise, à savoir « se situer dans le milieu du tableau pour faire comme les copains », souligne-t-il. « Nous avons besoin de gagner de l’argent, donner envie aux jeunes de s’installer. Les hausses demandées sont justifiées. Il ne faut pas avoir peur d’investir sur les agriculteurs et non les actionnaires », poursuit-il.

Sorti du marché concurrentiel

Restant dans sa position, Savencia fait état de la concurrence. « La loi Egalim a fait passer des hausses sur la France. C’est bien. Mais c’est plus compliqué à l’export. Nous n’avons pas la capacité à faire plus. Ne comptez pas sur Savencia pour sauver l’agriculture française. Ce sont les marchés qui rémunèrent. Si nous avons dénoncé la formule de prix, c’est parce qu’elle nous faisait sortir du marché concurrentiel » ,explique-t-il. Ces éléments de réponse n’ont pas apaisé les producteurs. « Sur 2019, nous avions obtenu un plus. On était content », reconnait David Renault. Mais certains éleveurs baissent les bras, conduisant à une baisse de la production, pourtant une matière première essentielle pour l’activité des entreprises laitières. Désormais, ce sera un nouveau président de l’OP CLE-P&S qui devra poursuivre les échanges.

Des éleveurs engagés pour défendre le prix du lait
« On a tous envie de gagner plus », concède David Renault, président de l’association de producteurs CLE-P&S. Mais pour cela, il faut des éleveurs qui s’engagent pour aller défendre la profession devant l’entreprise laitière, Savencia. « On veut défendre un prix du lait », poursuit celui qui laissera très prochainement la présidence. Denis Berranger, qui a été à sa place, et qui aujourd’hui pilote France OP Lait, va dans le même sens. « Mon métier, c’est de faire du lait, de produire mais il ne faut pas oublier qu’il faut le vendre. C’est pour cela qu’on s’engage dans les OP. On le fait avec nos moyens, nos compétences. Mais il important de dire non quand on n’est pas d’accord face à l’industriel », ajoute-t-il. Comme dans différentes associations, le renouvellement des membres est important. Les bonnes volontés sont donc les bienvenues.
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