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Lait
Patrick Ramet (trésorier de la FNPL) : pour des OP qui collent au terrain

Patrick Ramet était vendredi dernier l’invité de la section “lait” de la FRSEA. Le trésorier de la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait) et candidat à sa présidence prône pour des OP qui collent au terrain.

Les représentants syndicaux des 5 départements normands ainsi que Patrick ramet ont pris connaissance du projet de la coopérative AGRIAL, afin de répondre sur le terrain aux sollicitations de certains producteurs.
Les représentants syndicaux des 5 départements normands ainsi que Patrick ramet ont pris connaissance du projet de la coopérative AGRIAL, afin de répondre sur le terrain aux sollicitations de certains producteurs.
© TG
Quelle est la bonne dimension de l’OP qui doit sortir du prochain décret ?
Patrick Ramet. Il n’y a pas de dimensions pré-définies. Elle variera de l’Ouest au Centre en passant par le Massif Central. Une OP n’est pas un chiffre en valeur absolue mais plutôt un pourcentage de lait sur un territoire donné. Ce que souhaite la FNPL, c’est que le décret OP consolide ce qui a déjà été construit sur le terrain. Nous plaidons pour des Organisations de Producteurs structurantes par rapport à un territoire et une collecte.

Cette OP peut être multi entreprises ?
Dans certains cas : oui.  Par exemple, dans le Massif Central et dans le Centre, les producteurs ont l’ambition de porter une OP multi entreprises en particulier autour des PME. Ça doit donc pouvoir se faire. Par contre, ce que l’on ne veut pas, c’est la concurrence entre OP sur un même territoire ou au sein d’une même entreprise. Nous souhaitons donc que ne soient agrées que des OP suffisamment significatives.

Hors coopération, quel est le pourcentage de producteurs de lait adhérents à une OP ou à un groupement ?
Chez Bongrain, Bel, Danone ou bien encore Senoble, la quasi totalité des producteurs est engagée dans cette démarche. On le mesure à travers les délégations nationales constituées de groupements ou syndicats de base pas encore reconnus OP agréées mais qui auront le potentiel pour y aller demain.
Chez Lactalis, c’est plus compliqué. Une délégation nationale s’est aussi constituée mais un certain nombre de groupements ont refusé d’y adhérer. Elle doit représenter à ce jour 60 % des producteurs mais rien n’est figé.

A propos de Lactalis justement, tout semble plus compliqué avec le géant lavallois. Quels sont les principaux points de friction ?
Le principal point d’achoppement, c’est la non acceptation par Lactalis d’un partenariat équilibré avec des groupements de producteurs. Lactalis veut bien négocier avec un collectif mais refuse de le reconnaître officiellement en apposant sa signature en bas d’un document. C’est là que ça coince.
Au-delà et par rapport à la version II du contrat proposé aux producteurs, il y a des sujets techniques qui ne sont pas à l’optimum et qui ont d’ailleurs fait l’objet de saisines mais ce sont des sujets qui se travaillent. 

A-t-on une idée du nombre de contrats Lactalis déjà signés ?
Si le chiffre était significatif, l’entreprise l’aurait mis sur la place publique. Or Lactalis ne communique pas sur ce point. Ce n’est donc pas une réussite.

Pourtant la pression exercée sur les producteurs est forte ?
Lactalis fait effectivement le forcing sur le terrain pour aller chercher de nouveaux contrats. En annonçant le 1er décembre comme date butoir, elle utilise des arguments falacieux : le paiement en 3 fois au lieu de 2, la menace de ne plus verser les primes, celle de non collecte après 2015... Tout cela ne tient pas la route juridiquement. En faisant peur aux producteurs, Lactalis ne joue pas le jeu et ne cherche pas à construire des relations saines. C’est d’autant plus dommage que, dans le monde laitier français, toutes les autres entreprises privées ont choisi un chemin différent. Celui de construire quelque chose de nouveau et d’intelligent au sein d’organisations économiques.

Ceux qui ont signé disposent-ils encore d’une marge de manœuvre ?
Chacun est libre. Chacun est responsable. Chacun doit assumer. Néanmoins, à l’analyse du contrat Lactalis, il y a des éléments qui ne seront pas tenables pour les producteurs. La FNPL sera donc aux côtés de ceux qui viendront la voir pour renégocier les contrats déjà signés.
Au-delà, on peut espérer que, demain, un accord sera trouvé avec Lactalis. En d’autres termes, qu’un nouveau contrat viendra se substituer aux versions précédentes. Je ne vois pas une entreprise piloter des producteurs à deux niveaux, avec des règles du jeu différentes.

Face au projet FNPL, il y a le projet EMB.  Deux projets vraiment incompatibles?
Sur le fond, on partage une même idée. C’est qu’il faut s’organiser autour de structures économiques entretenant des liens privilégiés avec l’organisation politique portée par le syndicalisme. Mais nous divergeons sur les modalités.
Certains ont fait le choix d’un projet descendant en créant une structure nationale, voire européenne, qui décide et demande aux producteurs d’adhérer. Le projet FNPL, c’est l’inverse. Nous sommes partis de l’existant pour construire petit à petit. Nous avons empilé les cubes pour réorganiser, restructurer... Ça nous paraissait être la bonne porte d’entrée et nous constatons d’ailleurs, qu’aujourd’hui, nous rassemblons au-delà de notre périmètre syndical.

Vous êtes, avec Thierry Roquefeuil, candidat à la succession d’Henri Brichart à la présidence de la FNPL. Un commentaire particulier?
Le fait qu’un Savoyard, producteur en zone AOC qui ne représente qu’un très faible pourcentage de la production laitière française, soit candidat est une belle preuve de démocratie et que la FNPL vit.
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