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“Placer la Normande dans chaque secteur créateur de valeur ajoutée”

Race Normande : Entretien avec Jacques Legendre

 

 

Forces, faiblesses ; opportunités, menaces. L’organisme de sélection race Normande (OS Normande) a mené “objectif 2050”. Un grand travail de projection dans le temps, qui a associé étroitement de nombreux éleveurs et l’Institut de l’élevage. Les résultats étaient présentés le 24 juin dernier au domaine de Saint Hippolyte (14), à l’occasion de l’assemblée générale de l’OS Normande. Entretien avec le président, Jacques Legendre.

Comment se dessine l’avenir de la Normande
à court terme ?
Avec la fin des quotas laitiers, nous entrons dans une dynamique où il n’y aura plus de frein au développement des volumes. Le nombre d’exploitations laitières va encore baisser, avec une nouvelle restructuration. Nous devons pouvoir placer la Normande dans ce nouveau contexte, dans tous les secteurs créateurs de valeur ajoutée. C’est déjà le cas dans les aires d’appellation d’origine protégées en Normandie, mais c’est moins le cas en Bretagne, ou dans les Pays de la Loire, où il reste des choses à construire. 




En quoi l’organisation de la filière atour de la race est-elle primordiale ?
Comme le montrent les résultats de nos travaux “objectif 2050”, l’organisation de la filière autour de la race est un point clé. C’est comme cela que nous diffusons déjà des références technico-économiques solides permettant d’intéresser de nouveaux éleveurs, c’est comme cela que nous pourrons résoudre le déficit de femelles de renouvellement à la vente, et c’est comme cela que notre sélection génétique prendra de l’ampleur et des directions claires.

Comment doit s’orienter la sélection ?
La Normande doit rester une race facile à vivre. Il faut travailler les caractères fonctionnels et développer le caractère laitier. La réforme de l’ISU va d’ailleurs dans ce sens. Nous voulons aussi développer le génotypage pour acquérir des données de référence. Avec des effectifs réduits, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour mener ce travail-là.

 

La vache de l’agroécologie
Efficace, résiliente, créatrice de valeur ajoutée, rentable. Nous sommes en 2050 et tout va pour le mieux pour la race normande, qui s’est imposée comme la référence de l’élevage agroécologique, selon le scénario le plus favorable dressé par l’Institut de l’élevage. Développement du pouvoir d’achat et de produits laitiers haut de gamme, nouvelles contraintes climatiques, volonté politique en faveur de l’agroécologie et développement d’une filière forte, ont permis en une génération de signer le renouveau de la race, qui progresse chaque année en France. Facile à vivre, la race s’impose en matière d’organisation du travail et de flexibilité. Adaptable, la Normande se trouve dans des élevages très différents, mais souvent basés sur l’herbe.

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