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AG des anciens exploitants de l'Orne
Pour attirer les médecins, l’Orne en opération séduction

Les anciens exploitants de l’Orne étaient réunis en assemblée générale, jeudi 21 octobre 2021. Cette année, le thème portait sur la désertification médicale, dans un département qui compte un médecin pour 1 800 personnes, contre 1 pour 800 en France.

ag des anciens fdsea 61
Sur les 700 adhérents que compte le syndicat départemental des anciens exploitants (SDAE), près de 200 personnes ont assisté à l’assemblée générale, jeudi 21 octobre 2021, à Mortagne-au-Perche.
© DR

Moyenne d’âge des médecins dans l’Orne : plus de 55 ans, dont 23 % ont plus de 65 ans. Les dix dernières années, le département a perdu plus de 50 médecins généralistes. En France, on compte un médecin pour 800 habitants. Dans l’Orne, le ratio est de 1 pour 1 800. « Ce sont les chiffres de l’observatoire du Conseil départemental qui dresse un état des lieux de la santé », cadre Christophe de Balorre, président du Département. Jeudi 21 octobre 2021, il était invité à l’assemblée générale du syndicat des anciens exploitants (SDAE) pour présenter les solutions que le Conseil départemental met en place pour faire face à la désertification médicale.

Tous les Ornais concernés par le désert médical

Si le médecin de famille ancienne génération travaillait sans compter ses heures, seul dans son cabinet et en visite à domicile le soir, cette vision libérale du métier n’emballe pas la jeune génération. Comprendre : un départ à la retraite devra être remplacé par deux voire trois personnes. « La désertification médicale est la première préoccupation des Ornais », annonce Christophe de Balorre. « Le sujet est très important, surtout pour nous les aînés », corrobore Régis Chevalier, qui préside sa première AG du SDAE. Mais aussi pour les jeunes : « en tant que jeune père de famille, j’y suis sensible, complète Jean-Baptiste Goutte, président de JA 61. Ce n’est pas simple de trouver un médecin qui suive les enfants sur le long terme ».

Des médecins généralistes complément de l’offre existante

Pour apporter des éléments de réponse, le Département s’est inspiré de ce qui se fait en Saône-et-Loire et a ouvert, en 2020, un centre départemental constitué de trois centres territoriaux de santé et de leurs antennes respectives : Le Mêle-sur-Sarthe (quatre antennes), Bagnoles-de-l’Orne-Normandie (deux antennes) et Rémalard-en-Perche. L’idée : salarier médecins, secrétaires et assistants médicaux, qui travaillent dans un même lieu, dans des conditions d’exercice favorisées et ainsi faciliter l’accès aux soins des personnes qui n’ont plus de médecin traitant. Nadège Decaen est la directrice du centre départemental de santé : « nous voulons aller au cœur des territoires, en complément de ce qui existe. Les médecins salariés sont exonérés des charges administratives, ils profitent d’un équilibre de vie personnelle et professionnelle. Nous comptons une équipe de neuf médecins et cinq dentistes. Nous sommes en phase de recrutement pour atteindre onze praticiens d’ici fin 2021 ». Le centre de santé est reconnu médecin traitant, ce qui permet qu’un patient soit suivi par tel ou tel généraliste du centre car les dossiers sont partagés. « Nous misons sur la complémentarité. Actuellement, 1 500 patients sont ainsi suivis. »

Des recrutements de médecins généralistes et spécialistes

Si la compétence médicale ne relève pas de la sphère départementale, Christophe de Balorre explique qu’un « budget annexe » est créé, à hauteur de « 2 millions d’euros par an. Au bout de trois ans, il doit s’équilibrer avec les recettes des consultations ». Le Département travaille aussi la question des appels d’urgence et de la surcharge de travail des pompiers. « On expérimente un centre d’appels unique pour le Samu, les pompiers et les ambulanciers, basé au Sdis de l’Orne. La régulation se fait en direct et permet de redonner du souffle aux pompiers. » Nadège Decaen informe aussi que le Département a répondu à un appel d’offres de l’ARS pour ouvrir une maison sport et santé avec le comité olympique 61. « L’idée est d’avoir des relais sur le territoire pour accompagner, coordonner et orienter les personnes vers le sport qui est le plus adapté pour soigner leur pathologie. » Nadège Decaen ouvre enfin la porte aux médecins spécialistes, aux externes et aux internes : l’opération séduction du Conseil départemental commence dès les stages, en espérant faire rester les jeunes pour quelques années. Car « l’Orne est classé 102e département sur 108 au rang de l’attractivité en médecine, selon l’Ordre national des médecins ».

 

Retraites : la victoire après dix-sept ans de combat

Comme toute bonne AG des anciens, le sujet des retraites était à l’ordre du jour. Mais, cette fois, sous un angle positif. « Les mesures de revalorisation des retraites des chefs d’exploitation à carrière complète à 85% du Smic nous obligent à un certain optimisme, se réjouit Jean-Paul Lecourt, secrétaire général du SNAE. Mais tout n’est pas réglé. » Le sujet qui fâche est celui des pensions pour les conjointes d’exploitants, calées sur les minima de 2009, « à 555€/mois à carrière complète. Nous plaidons pour 913€/mois, soit 75% du Smic ». Un texte législatif en préparation adopterait deux mesures phares : retraite à 700€/mois pour les conjointes et une limitation de la durée du statut de conjoint collaborateur à cinq ans. Jean-Paul Lecourt et Régis Chevallier invitent « à faire pression sur nos parlementaires car, si le texte a été voté en juin à l’Assemblée nationale, il n’est pas à l’ordre du jour du Sénat ». Et vu le calendrier électoral de 2022 (présidentielle et législatives), ils espèrent qu’il sera traité avant la fin de l’année 2021.

Lire aussi Mesdames, pour une retraite correcte, deux statuts comptent

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