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Diversification
Pour valoriser le blé, ils créent leur propre meuneRyes dans le Calvados

À la ferme des Vendormands, à Ryes, dans le Calvados, Coralie et Guillaume se sont lancés un nouveau challenge. Déjà polyculteur éleveur et maraîcher, le couple ajoute une corde à son arc en installant une meunerie sur place. La farine est valorisée par un boulanger de Bayeux. Les 1res baguettes ont été dégustées vendredi 30 août 2024.

De la graine de blé à la baguette de pain, il n'y a qu'un pas dans le secteur de Ryes, près de Bayeux, dans le Calvados. C'est à la ferme des Vendormands que Coralie et Guillaume Sebire ont fait le pari d'une meunerie à domicile. Depuis son installation en 2009, le couple a toujours mis un point d'honneur à se diversifier coûte que coûte.

Guillaume Sebire s'occupe principalement de l'élevage laitier, lequel compte 75 vaches Prim'Holsteins pour une production de 600 000 litres de lait annuels en moyenne, ainsi que les cultures avec 70 ha sur les 125 ha de la SAU totale. La ferme est dotée de deux robots laitiers Delaval depuis 2013.

Coralie Sebire, elle, a lancé l'activité maraîchère sur 1 ha. Elle produit principalement des fraises, des tomates et des légumes de saison (pommes de terre, courgettes, carottes, radis, salades, etc.).

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Ne plus dépendre des marchés

En échangeant avec Christophe Lepetit, gérant de la boulangerie Capucine à Bayeux, germe l'idée d'une meunerie à la ferme. "La crise en Ukraine nous a mis en péril avec des prix du blé qui ont explosé de 120 à 450 €/t", constate Christophe Lepetit.

Le couple Sebire, de la ferme des Vendormands à Ryes (Calvados), a tout de suite choisi de se diversifier avec le maraîchage et la vente à la ferme, dès leur installation en 2009. © Laura Meyer

Avec ce partenariat, c'est un "double avantage, affirme l'exploitant. On assure un prix le plus bas possible sur la durée au boulanger quand on maximise malgré tout le prix valorisé en s'affranchissant des cours et des marchés mondiaux."

Sur les 150 000 € d'investissement, 45 000 € ont été financés par la Région Normandie, dont 28 000 € de Feader. Cédric Nouvelot, conseiller régional, a salué lors de sa visite en présence du sous-préfet de Bayeux, Adrien Allard, "une activité en faveur des transformations locales".

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L'évidence du local

Tandis que le lait est collecté par Isigny Sainte-Mère, c'est sous l'égide Les légumes de Calie que Coralie écoule 90 % de ses stocks en vente directe et 10 % à destination de la restauration (des adresses à Bayeux, les Tourelles d'Asnelles, etc.). "C'était une évidence. Je ne voulais pas rester cloîtrée à la ferme. [...] Ça a bien pris tout de suite", s'exprime-t-elle.

La vente à la ferme est ouverte trois jours par semaine. La clientèle est composée principalement de locaux, dans un rayon de 10 km. S'ils n'ont pas choisi d'être en agriculture biologique, Coralie et Guillaume se félicitent de produire de manière "raisonnée. Quand on explique aux clients nos pratiques et qu'ils goûtent nos produits, le tour est joué", remarque la gérante. La baguette s'ajoute désormais à leur panel.

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