Sécheresse : la FRSEA lance une enquête sur les besoins en fourrages
âLa sécheresse sévit en Normandie. Si son impact a été limité sur les cultures récoltées cet été, les productions fourragères sont, elles, très affectées : la pousse de l'herbe est arrêtée depuis plusieurs semaines et les parcelles de maïs souffrent du manque d'eau et laissent augurer des récoltes très inférieures aux années passées. De plus, la sécheresse actuelle oblige à distribuer des fourrages stockés en prévision de l'hiver prochain. La FRSEA souhaite évaluer les besoins des éleveurs avant de solliciter un soutien de la part des pouvoirs publics. Elle souhaite également envisager la possibilité de mettre en relation des éleveurs qui manquent de fourrage avec ceux qui auront, malgré tout, des disponibilités et ceux qui pourraient en créer à la faveur de cultures dérobées cet automne.
La FRSEA a mis en ligne un questionnaire accessible à partir de votre smartphone en scannant le QR-code ci-dessous. Il est aussi possible d'appeler directement les FDSEA du Calvados (06 86 26 81 77), de la Manche (02 33 06 48 32) et de l'Orne (02 33 31 48 35). Elles peuvent vous aider à remplir le questionnaire qui vous demande de renseigner vos besoins extérieurs en maïs-ensilage, foin et paille, ainsi que vos éventuelles disponibilités en maïs-ensilage, foin, paille et surfaces de dérobées potentiellement implantables.
Le maïs va manquer
En rendez-vous avec le préfet du Calvados, vendredi 24 juillet, Alban Brehon, président des Jeunes agriculteurs du Calvados, alertait déjà le représentant de l'État sur la situation fourragère. "Dans certains secteurs, notamment dans le Bocage virois, certains éleveurs anticipent 50 % de pertes sur le maïs fourrage, exprime-t-il. Le maïs grains ne va pas compenser." Les fortes chaleurs, mais surtout l'absence de pluviométrie, sont en cause. Si les dégâts ne peuvent être encore mesurés, le maïs étant en pleine croissance, selon le stade et l'état des feuilles, le risque de potentiel est nul si la pluie ne tombe pas.
Appel à la solidarité
"On utilise déjà du stock de fourrages de l'hiver car il n'y a plus d'herbe", constate Guillaume Férey, éleveur de bovins dans le Pays d'Auge. Face au manque de fourrages, "les éleveurs vont devoir complémenter et acheter ailleurs", constate Alban Brehon, lui-même éleveur près de Falaise. Le syndicat jeunes a donc fait passer le message devant David Clavière, préfet : "Il faut protéger et concentrer le maïs grain pour les fourrages." "Je suis prêt à faire ensiler mon maïs", assure Geoffroy de Lesquen, céréalier dans la plaine de Caen.
Les demandes de la FNPL
De son côté, le 22 juillet, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a déjà lancé un appel aux pouvoirs publics. Pour les éleveurs touchés mais non-assurés, la FNPL demande de mettre en place l'indemnisation de solidarité nationale (ISN). Le syndicat souhaite aussi que les éleveurs concernés suspendent le paiement des prochaines échéances de cotisations sociales à la MSA et qu'ils bénéficient d'un fonds d'allègement des cotisations, d'un fonds d'allègement des intérêts d'emprunts, et d'un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti qui doit être appelée à l'automne.
À plus long terme, la FNPL alerte sur un risque de décapitalisation si les éleveurs n'ont pas assez pour nourrir les animaux, ce qui entraînerait mécaniquement une baisse des volumes de lait et donc des revenus des agriculteurs.