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Dichloropropène
Soupçons de fraude sur la côte ouest

Depuis quelques jours, une dizaine de producteurs de la côte ouest sont visés par une enquête. Ils sont soupçonnés d’avoir utilisé le dichloropropène sur leurs sols, un produit pourtant proscrit depuis deux ans en France. L’AOP Jardins de Normandie et Pascal Férey, président de la Chambre d’agriculture de la Manche réagissent.

© SB

Des producteurs de légumes de la côte ouest sont au cœur d’une enquête, ouverte par le procureur de la République de Coutances. Ils sont suspectés d’avoir continué à utiliser le dichloropropène sur leurs carottes des sables, une molécule interdite par l’ancien ministre de l’Agriculture, Stéphane Travers. Ce produit phytosanitaire, qui permet de traiter le sol et lutte contre le ver nématode, a été proscrit il y a deux ans. « S’il est confirmé qu’au travers de cette enquête l’utilisation de ce produit est avéré, il est clair que je ne défendrai pas ces pratiques, confirme Pascal Férey, président de la Chambre d’agriculture de la Manche. Il faut attendre les résultats de l’enquête et des analyses de sols avant de juger.» Mais si les accusations se révèlent exactes, le président de la Chambre d’agriculture de la Manche a assuré qu’il ne soutiendrait pas les agriculteurs mis en cause : « nous nous rangeons du côté de la loi et nous ne défendrons pas ceux qui ne la respectent pas.» Respecter la loi Egalim Si Pascal Férey ne cautionne pas ces présumées pratiques illégales, il s’insurge en revanche que la loi Egalim ne soit toujours pas respectée. « Les GMS proposent sur leurs étals des carottes importées d’Espagne et qui ne suivent pas la même réglementation qu’en France. C’est de la distorsion de concurrence. Les produits autorisés en 
Europe doivent l’être en France et les produits interdits en France doivent l’être aussi en Europe. Il est inacceptable qu’il n’y ait pas la même réglementation entre tous les états membres de l’Union européenne », termine-t-il.

 

Jardins de Normandie désapprouve
Jardins de Normandie, association d’organisations de producteurs de légumes en Normandie (AOP) qui représente 80% de la production régionale réagit aux publications des médias sur des pratiques illégales suspectées chez certains producteurs de la côte ouest de la Manche. Si ces faits sont vérifiés, nous les condamnons sans réserves ; la loi doit s’appliquer. Plan d’actions Jardins de Normandie dénonce la situation de distorsion de concurrence dont souffrent tous les producteurs français. Des produits phytosanitaires interdits en France sont à la vente et utilisés par des pays voisins. Des légumes de ces autres pays peuvent être vendus en France sans avoir respecté la réglementation française, plus stricte. (art 44 de la loi Egalim). L’Etat a décidé fin mai 2018 de ne plus octroyer de dérogation du 1.3 dichloropropène pour lutter contre le nématode de la carotte (ver microscopique) qui peut réduire à néant une production de carottes. Les producteurs sont aujourd’hui sans solution directe de remplacement malgré 20 années de recherche. Dans ce contexte, la filière légumière Jardins de 
Normandie avec l’appui de la FDSEA et de la Chambre d’Agriculture a élaboré un plan d’actions pour le 
bassin de la Côte Ouest de la Manche qui comprend un plan de lutte collective. 1 000 emplois Ce plan, validé par l’État en 2019, est basé sur la mise en place de rotations plus longues avec un assolement comportant des cultures à effet assainissant pour réduire l’infestation. Il vise à assurer la pérennité d’une production de légumes et à maintenir le potentiel économique et social du bassin de production de la Côte Ouest (1 000 emplois). Les enjeux sont importants pour la filière légumière. Des engagements pour une agriculture vertueuse ont été pris. Nous sommes une filière organisée, reconnue et sérieuse dans ses démarches professionnelles qui n’acceptera pas d’être entachée par des pratiques illicites.                                  AOP Jardins de Normandie

 

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