Questions à Philippe Marie, président de la section lait de la FDSEA du Calvados
Tournée FNPL dans le Calvados : "L'industrie laitière doit maintenir des signaux de prix positifs"
La tournée de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) passera dans le Calvados, mardi 10 février 2026 à 10 h 30. Questions à Philippe Marie, président de la section lait de la FDSEA.
Quels sont les temps forts attendus ?
La FNPL passera dans le Calvados, mardi 10 février 2026, par l'intermédiaire d'Alexis Descamps, producteur de lait dans le Loir-et-Cher et responsable de la commission économique. Nous serons sur une exploitation du bocage virois dans un Gaec avec un jeune installé.
C'est un secteur dynamique où les éleveurs nous diront leur motivation, mais aussi leurs conditions pour maintenir la production laitière. Nous prévoyons un temps d'échange en salle le midi et l'après-midi pour aborder les sujets plus économiques. Cette rencontre est ouverte à tous les producteurs, adhérents ou pas.
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Le Gaec en chiffres
3 associés
1 UTH salarié
165 ha
130 vaches laitières
2 robots de traite Fullwood
Cuma de dessilage
100 taurillons
20 vaches allaitantes
Pourquoi y participer ?
Pour venir voir un bon exemple de renouvellement des générations, prendre connaissance de la conjoncture laitière vue par la FNPL et les leviers qu'elle propose. Après trois années de conditions plus favorables, des questionnements reviennent à l'esprit des producteurs sur la situation sanitaire, l'évolution du prix du lait...
C'est l'occasion pour prendre connaissance des travaux nationaux sur les moyens et les axes de négociation sur le prix du lait : la meilleure connaissance des mix produits, la meilleure valorisation de la matière utile, la nécessité de maintenir les prix sur le marché intérieur français.
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Que craignez-vous pour l'avenir de la filière ?
Nous nous étions faits à l'idée que la volatilité et les grandes variations de prix du lait étaient derrière nous. L'envolée de la production ces derniers mois dans les principaux bassins de production mondiaux démontre que la loi de l'offre et de la demande influence toujours les prix jusque chez nous.
Mon attention porte particulièrement sur les élevages qui ont investi récemment (robotisation, etc.), afin de continuer la production laitière tout en gardant des conditions de vie supportable. Si l'industrie laitière veut continuer à faire tourner ses propres outils, elle doit maintenir des signaux de prix positifs vers les éleveurs.
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Quels sont les leviers ?
Le premier moyen est de maintenir la valorisation des produits laitiers sur le marché intérieur en veillant au respect de la loi Egalim. Nous allons y veiller auprès de la Grande distribution qui cherche toujours à la contourner.
Le second est que les industriels nous remettent cette année les euros que nous avons eus en moins précédemment par rapport à nos voisins européens. Le prix allemand a été 50 € supérieur au prix français en 2025, il faut l'inverse en 2026.
Face au Mercosur, quelle réaction ?
Le secteur laitier est moins impacté que d'autres par ces accords, mais nous jouons la solidarité. Le point le plus exaspérant est le double jeu de l'UE qui nous ajoute constamment des contraintes tout en voulant importer des produits qui ne les respectent pas. La lutte contre l'excès de normes et la surtransposition devra rester un de nos combats.
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Réunion tournée FNPL, mardi 10 février 2026 à 10 h 30 : Gaec Jacqueline, 8 Route de Carville, Le Reculey à Souleuvre-en-Bocage.