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Projet Transition Glyphosate
Un an après…

La Région Normandie a lancé, en juillet 2019, un plan expérimental pour accompagner les agriculteurs dans la suppression progressive du glyphosate. Rencontre avec un exploitant engagé dans cette transition.

GLYPHOSATE LIN
Repousses de chénopodes dans une nappe de lin.
© Chambre d’agriculture de Normandie

Il y a un an, Stéphane Vauquelin, de l’EARL de la Mare Autour à Bazoques (27), s’est engagé dans la démarche de recherche d’alternatives au glyphosate.
« Quand j’utilisais le glyphosate, c’était principalement les étés humides où les nappes de lin s’étaient resalies en renouées, chénopodes… ce qui empêchait  l’enroulage », affirme Stéphane. « C’est le problème majeur lors de récoltes tardives du lin », confirme Aurélien Dubos, son conseiller GDA. « Toutefois, nous relativisons la fréquence à laquelle l’usage du glyphosate est indispensable sur le secteur, à environ 1 à 2 fois tous les 10 ans. »

Quelles alternatives ?

Après un diagnostic complet des usages du glyphosate sur l’exploitation, le tandem agriculteur-conseiller a repéré les leviers envisageables et méthodes agronomiques préventives à l’usage de la molécule. « Je m’applique autant que possible à soigner mes préparations de terre, par un travail du sol en bonnes conditions : terres ressuyées, réchauffées, travail fin, semis bien retassé », assure Stéphane Vauquelin. Malgré tous ces efforts, c’est « Dame Nature » qui commande. « Dans le Lieuvin, la période de rouissage est relativement longue : l’humidité du sol, l’épaisseur des nappes, l’hygrométrie permanente, les jours qui décroissent... Très souvent, la récolte a lieu mi-septembre. C’est le problème dans les secteurs arrosés », explique Aurélien.

Une solution mécanique encore coûteuse

Toutes les méthodes alternatives ont été étudiées pour l’EARL de la Mare Autour : intervention mécanique avec une souleveuse (projet d’achat en copropriété), utilisation de produits de bio contrôle…
Le machinisme œuvre aussi dans « l’après glyphosate ». Les outils mécaniques adaptés à la production du lin sont conçus par très peu de constructeurs et restent spécifiques de cette culture. Par conséquent, leur coût reste élevé (plus de 15 000 € pour un outil 4 rangs repliable) pour l’usage ponctuel qui pourrait en être fait, d’où la recherche d’acquisition à plusieurs.
Malgré l’effet mécanique pour décoller la nappe des adventices, bien souvent, le résultat n’est pas suffisant pour pouvoir enrouler correctement. Les vivaces telles que les renouées persicaires, s’entremêlent dans le lin.
Très récemment, un constructeur a développé un système de pick-up spécifique au lin permettant de décoller la nappe des adventices en même temps que l’enroulage. Ce prototype a obtenu de bons résultats et devrait rapidement être proposé en option sur les enrouleurs pour un surcoût d’environ 7 500 €.
Or, depuis la crise de la Covid-19, la filière lin est confrontée à des difficultés : unités de teillage au ralenti, pas d’exportation, augmentation des stocks à teiller…
Les producteurs sont invités à revoir leurs surfaces en lin pour la campagne 2021. « Cette crise va inévitablement reporter nos projets d’investissement », constate l’agriculteur eurois.

Des essais avec des produits de biocontrôle

Quelques rares produits de biocontrôle existent sur le marché, à base d’acide pélargonique. « Je ne souhaitais pas spécialement remplacer un phyto par un autre, même s’il porte le nom de bio contrôle », déclare Stéphane.
« Les premiers essais montrent des résultats à peine, voire pas acceptables. La difficulté est que ces produits ne présentent aucune persistance d’action. De plus, leur prix est assez dissuasif : plus de 150 € par hectare à la dose homologuée », confirme le conseiller qui explique cependant que les travaux sur le sujet doivent se poursuivre pour trouver une alternative au glyphosate, bientôt retiré du marché.
Le problème est complexe et les solutions peu nombreuses. Ces dernières campagnes, grâce à une météo favorable, la majorité des producteurs de lin a pu se passer du glyphosate lors de la phase sensible du cycle cultural qu’est le rouissage. Mais toutes les campagnes se suivent sans forcément se ressembler.

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