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A Fontenay-le-Marmion
Une installation XXL avec la SAFER

A Fontenay-le-Marmion, un agriculteur a repris la tête de la Grande Ferme. Pendant plus d’un an, la SAFER, avec le soutien du Conseil régional, a géré l’exploitation. Cette transition a permis de contrer l’ambition d’extension de l’industriel GDE, pour préserver l’emploi et l’agriculture.

© VM

Hubert Achard de la Vente est arrivé la semaine dernière, avec femme et enfant. Agé de 37 ans, cet ingénieur agronome est le nouveau propriétaire de la Grande Ferme. Pour rappel, cette exploitation était convoitée par l’industriel GDE. La SAFER l’a rachetée fin 2012. Pour financer 5,65 millions d’euros, l’organisme de gestion foncière s’est rapproché du Conseil régional de Basse-Normandie. C’est lui qui a financé les intérêts de l’emprunt contracté par la SAFER. “Il faut savoir prendre des risques. C’est un acte de volontarisme assez marqué entre la SAFER et la région. Cette opération est unique. Il s’agit d’une vraie innovation”, estime Laurent Beauvais, président du Conseil régional Basse-Normandie. François Dufour, son vice-président, acquiesce. “Ce projet correspond au développement agricole de la Région. Nous mettons en avant une agriculture périurbaine et des circuits courts. L’économie locale est ainsi préservée. Notre démarche valait le coup”. Au final, 23 emplois sont sauvegardés. “On doit souvent mettre plus d’argent sur la table pour autant d’emplois”, se satisfait Laurent Beauvais.

Un dossier réglé à l’amiable
Le Conseil régional et la SAFER savourent l’aboutissement du dossier. Une agence de communication accompagne la présentation à la presse. Tout un symbole… Derrière le sourire de rigueur se cachent néanmoins de longues négociations. Le dossier s’est réglé à l’amiable. La SAFER s’est saisie du dossier pendant l’été 2012. Et si elle n’a pas eu publiquement la parole, la famille Vandermersch a joué le jeu. La SAFER ne pouvait pas préempter les parts de société. Malgré ce vide juridique, elle a fait son métier. “Nous avons négocié. C’est l’art de la SAFER”, dixit Jean-Pierre Fontaine, son président. Dans ce contexte « artistique », les Vandermersch peuvent s’apparenter à des mécènes... Sans l’accord des cédants, point de conférence de presse du Conseil régional et de la SAFER pour louer l’aboutissement de ce dossier. En effet, la famille Vandermersch n’a pas privilégié l’offre financière pourtant supérieure de GDE. Cependant, le cadre législatif évolue. Désormais, la loi d’avenir devrait faciliter l’intervention de la SAFER. Le parlement et le sénat doivent acter l’élargissement du droit de préemption aux parts de société. La Région est ainsi prête à envisager, au cas par cas, la reconduction de ce type d’opération. Avec toujours le même objectif : favoriser l’installation de jeunes agriculteurs et la préservation des actifs agricoles du territoire.

Une expérience dans les vignes
Loin de ces considérations politiques, Hubert Achard de la Vente a longuement mûri son projet. Ce dernier a été retenu selon les critères du maintien de l’emploi et de l’activité agricole dans sa globalité. Sa première visite de la Grande Ferme date de 2012. Originaire du secteur de Domfront (61), il a géré un domaine avec 50 salariés et 200 hectares de vignes dans le Sud-Ouest pour le compte du Crédit Agricole. Le jeune installé souhaite développer les marchés fermiers. Il mise également sur un projet de ferme pédagogique et d’apiculture sur le site de Fresney-le-Vieux.

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