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La Coopérative de Creully invite à de nouvelles cultures de printemps

Pommes de terre, soja, lentille et même haricot rouge... La coopérative de Creully enrichit le menu de sa carte des cultures de printemps. Il y a encore quelques hectares à prendre, alors pensez-y pour votre assolement 2021.

coop creully, semis printemps
Stéphane Carel et Thomas Lepainteur : « notre philosophie est de produire ce qui se vend dans un esprit de partenariat et de construction de filière. Ces nouvelles cultures que nous proposons se déclinent également sur le segment de l’AB (Agriculture Biologique) ».
© DR

L’heure n’est plus aux lamentations dans les bureaux de la coopérative de Creully où souffle assurément le vent du pragmatisme. Après la déferlante provoquée par la fermeture aussi soudaine qu’inattendue de la sucrerie de Cagny (14) et son corolaire, l’arrêt de la culture de la betterave sucrière dans un bassin de prédilection, « on s’évertue à trouver des alternatives. Il n’y a pas de solutions toutes faites, mais certains trains sont à prendre », insiste Stéphane Carel, son directeur. Alors petit voyage virtuel pour un prétour de plaine 2021.

Pomme de terre industrielle.
Sur le territoire de la coopérative, 150 ha de pommes de terre industrielles ont été cultivés en 2020.
« Tous les contrats ont été honorés avec des prix d’avant la crise grâce à notre partenariat avec Wecxsteen Industrie Potatoes. La marge moyenne se situe aux alentours de 1400-1500 euros/ha après appro et travaux par tiers avec des pointes à 2 000 euros », se satisfait Stéphane Carel. S’il faut s’attendre à une baisse des cours en 2021, de l’ordre de 5 à  10 euros/t, cette culture reste d’actualité dans l’assolement 2021 pour lequel la coopérative espère atteindre les 200 ha. « Des places sont à prendre dans les prochains jours », assure Stéphane Carel et pour ceux qui hésitent encore, « nous disposons d’un service technique spécialisé et toutes les solutions matérielles grâce à notre partenariat avec des ETA (Entreprise de Travaux Agricole) locales. On ne lancera personne sans garantie sur la commercialisation ».

Pomme de terre plant
La bordure maritime offre un potentiel prometteur à la culture de plants de pommes de terre. Douze producteurs sont engagés dans la démarche cette année avec un objectif de 150 ha dans 2 ans. Une station de traitement devrait par ailleurs être opérationnelle pour la récolte 2023.

Soja.
Le soja made in Normandie prend racine sur le territoire de la coopérative. 10 ha en 2019, 29 ha en 2020 et une petite centaine d’hectares visée en 2021 « dans tous les types de sols pour en mesurer le potentiel et déterminer les génétiques variétales adaptées à nos conditions pédoclimatiques ». Creully n’est pas seule dans cette aventure. L’OP (Organisation de Producteurs) des 3 Vallées (Danone) et Gaïago sont partie prenante tout comme la Région à travers des fonds Feader. « Nous apportons par ailleurs une aide fixe qui vient s’ajouter au produit de la culture très variable en fonction du rendement et des cours », complète Stéphane Carel. Des cours qui flambent actuellement de 400 à 420 €/t.
La culture du soja s’inscrit dans le plan protéine et une démarche circuit court à travers l’autoconsommation ou un partenariat gagnant/gagnant éleveur/céréalier en proximité via l’outil coopératif pour les opérations de séchage, toastage, trituration, conditionnement, livraison...

Haricot rouge et lentille.
Après une tentative pois chiche abandonnée pour cause de cours atones, la coopérative de Creully va s’essayer cette année au haricot rouge et à la lentille. « Nous faisons face à une demande légumes secs en volume et sur la durée de la part de certains de nos clients qui recherchent de l’origine France », argumente Thomas Lepainteur, responsable du service céréales. Une poignée de coopérateurs/moteurs sont dans les starting-blocs pour une vingtaine d’hectares de haricot rouge et 5 de lentille. « Il faudrait créer un noyau plus important pour insuffler une véritable dynamique », préconise Stépane Carel mais prudence, « pas question d’aller au casse-pipe. Il faut au préalable mesurer ce que l’on est capable de produire en terme de rendement et de qualité ». Cependant si le cœur vous en dit et pour 2021, vous pouvez encore monter dans le train.

Colza : et si je captais 25 euros de plus par tonne ?
Ils sont 80 producteurs de colza creullistes à avoir fait la démarche et 50 sont éligibles pour un bonus moyen de 20 euros/t. C’est le fruit d’un gros travail hivernal mené par l’équipe technique pour intégrer la mécanique de bonus GES (Gaz à Effet de Serre) octroyé par certains fabricants de biocarburants pour limiter les émissions de gaz. Il vous suffit pour cela de vous connecter à votre espace « adhérent » et de remplir en quelques minutes un questionnaire sur vos pratiques culturales (par exemple labour ou non-labour). Des informations qui permettront au calculateur maison de déterminer votre niveau d’éligibilité au bonus qui peut atteindre 25 euros/t. Une démarche facilement accessible aux 800 producteurs de la coopérative, mais « attention, prévient Thomas Lepainteur, il faut en face disposer d’un stock physique dans les silos ». Il en reste encore un peu en ce début 2021 pour la récolte 2020 mais plus pour très longtemps. Alors à votre clavier !

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