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Mutualisation
Cuma : adapter ses outils pour moins consommer

La Fédération des Cuma de l'Ouest s'est penchée sur la question de l'adaptation énergétique, notamment sur le volet carburant, lors de sa dernière assemblée générale, jeudi 15 février 2024.

Comment être acteur de l'agriculture de demain ? Comment s'inscrire dans la transition énergétique et répondre aux défis de la hausse des coûts et du changement climatique ? Autant de grandes questions posées par la Fédération des Cuma de l'Ouest. 

À l'occasion de son assemblée générale, jeudi 15 février à l'Hermitage en Ille-et-Vilaine - initialement prévue dans le Calvados - elle a tenu à faire état de "retours d'expériences et de perspectives" sur le sujet, confient les organisateurs. Une manière de montrer aux adhérents la proactivité du réseau.

Lire aussi : Cuma : Et si la mutualisation était un avantage ?

Le carburant, poste important

"Les Cuma sont engagées dans la transition énergétique." Tel était le leitmotiv de la rencontre et plus particulièrement de la table ronde du jour. Comme le reste du monde agricole, les Cuma n'ont pas été épargnées par les hausses de coûts d'énergie depuis le Covid et la guerre en Ukraine. 

Le volet du carburant représente un "poste important" des dépenses décrit la Fédération. De quoi se pencher sur la question plus sérieusement. "Sur une exploitation, on consomme environ 100 l/ha, dont 39 % rien que pour le transport, soit 7 500 à 10 000 € de GNR pour 100 ha", introduit Jean-Marc Roussel, président de la Fédération des Cuma Bretagne. 

La part du carburant représente plus de 20 % du chiffre d'affaires des Cuma. "C'est équivalent au poste de main-d’œuvre", s'exclame-t-il.

Lire aussi : [VIDEO] Désileuses automotrices : « le coût de revient est plus bas en Cuma »

Maîtriser sa puissance de chantier

Afin de réduire ces charges, les Cuma travaillent à l'adéquation tracteur outil, c'est-à-dire à évaluer précisément la puissance la plus adaptée. Des essais au champ ont ainsi été menés. Ils prouvent que la rapidité n'est pas toujours à privilégier pour moins consommer. 

Un tracteur au combiné traîné de 6 m, dont le débit serait de 3,5 ha/h, soit 5,8 km/h, consomme 48,6 l/h, soit 14 l/ha au final. Alors qu'un tracteur au semis porté de 4,5 m, poussé à une vitesse de 6,2 km/h pour une réalisation de 2,8 ha/h, pompe 50,1 l/h, soit 17,8 l/ha. 

Bien sûr, la rapidité d'exécution des travaux, la taille des outils et la puissance du tracteur jouent tout autant que le lestage et la pression du tracteur. "La traction dépend des conditions du sol", indique l'expert. Quant à la profondeur de l'outil, elle joue aussi un rôle. Un déchaumeur à disques de 5 m consommera moins à 7 cm de profondeur - 5,2 l/ha à raison de 10,7 ch/m. - qu'à 12 cm -
6,3 l/ha pour 12,7 ch/m.

Lire aussi : Remplacement/Cuma/JA: deux soirées d’information enrichissantes

Réglages de conduite

Dans certaines Cuma, des dispositifs ont été mis en place pour réduire le poste carburant. C'est le cas à la Cuma-de-Piré sur Seiche (Ille-et-Vilaine) qui compte 60 adhérents pour 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires. 

Un automate (station de carburant) a été installé afin que chaque consommation soit affectée à un trio salarié/tracteur/activité afin de contrôler les quantités et de pouvoir les réduire, témoigne Romaric Minutillo, responsable d'atelier. 

En parallèle, une formation à l'écoconduite a été proposée. "Chaque réglage a un impact", atteste-t-il. Lors de déchaumage par exemple, la profondeur des outils à dents est très regardée comme évoqué plus haut. 

Sur les activités lisier, les pneumatiques jouent grandement. En 2022, la Cuma a utilisé des pneus Agraires pour 401 heures de travaux et 9 319 l, soit une consommation moyenne de 23,24 litres/he. Alors qu'avec des pneus de profil routier, sur 272 h, 5 483 l ont été consommés, soit 20,16 l/he en moyenne.

Lire aussi : Fédération des Cuma Normandie Ouest : opération séduction pour rajeunir le réseau

Semis direct

Pour Vincent Leborgne, agriculteur en Seine-Maritime, ce sont les évolutions des pratiques culturales vers le semis direct qui ont eu un impact direct sur la consommation de carburant. "Ce sont des économies de temps de travail et de frais de mécanisation", reconnaît-il. 

Dès les années 2 000, il se tourne vers les techniques culturales simplifiées (TCS) au lieu du labour. En 2022, il implante ses premières parcelles de blé en semis direct, sans différence de rendement lors de la récolte du blé et de l'orge en 2023. 

Côté énergies, en revanche, des différences, il en a constaté. Avec le labour, il consommait 55 l/ha contre 12 l/ha en semis direct. Il a ainsi économisé 2 000 l de carburant, mais aussi 75 à 80 he. "La modification de son système (en gardant la productivité) a un impact beaucoup plus fort sur la consommation de carburant", insiste Vincent Leborgne. 

D'autres sujets tels que le photovoltaïque, le volet bois-énergie et la méthanisation ont été évoqués au cours de l'après-midi pour parler transitions énergétiques au sein des Cuma. Un moment dense et enrichissant pour les 70 adhérents présents.

Lire aussi : 780 jeunes s’imprègnent de l’esprit « cumiste »

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