Stress thermique
Élevages : quelles sont les solutions pour ne plus subir la canicule ?
Sur les deux derniers mois, la Manche a été placée en vigilance canicule pendant 23 jours dont 3 jours en vigilance rouge. Ce qui n'est pas sans impact sur les animaux, les fourrages, les éleveurs...
"La Manche a connu trois vagues de chaleur inédites et marquantes pour le département ", débute Caroline Tostain, conseillère à la Chambre d'agriculture de Normandie, lors d'un après-midi consacré à la canicule le 17 juillet 2026 dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Saint-Lô. Elle fait partie des 23 vagues enregistrées ces 15 dernières années contre 25 sur les 60 années précédentes.
"Au-delà de 35 °C, le stress est sévère chez les bovins", Caroline Tostain, conseillère à la Chambre d'agriculture de Normandie.
Cette canicule a entraîné des records de température (41,5 °C à Gouville-sur-Mer, 40,7 °C à Pontorson, 39,8 °C à Méautis et Coutances, 39,2 °C à Saint-Hilaire-du-Harcouët), une surmortalité (1 200 % de plus en volailles dans le grand Ouest et 55 % de plus en élevage porcin, 42 % de plus chez les veaux de moins d'un mois...), des cultures fourragères asséchées, 36 feux de végétation recensés entre le 1er et le 9 juillet 2026, contre 10 sur la même période en 2025, un record historique de sécheresse des sols, des animaux en stress...
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En quête de solutions
" J'ai changé les poulinières de parcelles. J'ai préconisé celles où il y avait des arbres ", note Estelle Cavalli, éleveuse en filière équine à Calleville. " J'ai installé des ventilateurs dans la salle de traite ", note Samuel Leconte, éleveur laitier de Condé-sur-Vire. " J'ai mis les niches à veaux sous les grands sapins ou encore utiliser la pailleuse pour brasser de l'air ", complète-t-il.
Tour à tour, la quinzaine de personnes a pu partager ses astuces tout en constatant une perte de production laitière. " L'optimum thermique pour une vache est de 5 à 15 °C. Au-delà, elle compense. Mais au-dessus de 35 °C, le stress est sévère ", relève Caroline Tostain.
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Gérer les coups de chaleur
Mais comment gérer les coups de chaleur en élevage bovin ? La conseillère apporte un plan d'actions, à savoir vérifier les conditions d'abreuvement, mettre à disposition des aliments appétents, offrir de l'ombre aux animaux en pâture, réduire le rayonnement direct et indirect du soleil à l'intérieur des bâtiments, et améliorer la ventilation naturelle.
"Et c'est après avoir mis en place ces actions que vous pouvez installer une ventilation mécanique. Quant à la brumisation, c'est à utiliser en dernier recours et avec précaution ", rappelle la conseillère, qui accentuera sur la présence des abreuvoirs dans les paddocks, les bâtiments.
"L'eau, c'est vital. Elle doit être accessible partout", Estelle Hélaine, technicienne du GDS de la Manche.
" Les élevages sont souvent sous équipés en abreuvoirs ", insiste-t-elle. Un point de vue partagé par Estelle Hélaine, conseillère sanitaire au GDS de la Manche. " Pensez à mettre du sel, habituez vos animaux à boire jeune, multipliez les points d'eau ", prévient-elle. " L'eau, c'est vital. Elle doit être accessible partout ", rappellent les deux techniciennes.
Les coups de chaud se gèrent également par l'alimentation. " Il faut des rations équilibrées et des aliments appêtents, distribuer aux heures fraîches, nettoyer la mélangeuse, surveiller le front d'attaque du silo, la conservation des fourrages, ajouter des minéraux ", indique Caroline Tostain.
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Tous les éléments sont à retrouver sur le site ou l'application : https://climatbat.chambres-agriculture.fr/. Des formations sont aussi disponibles. Contact : Caroline Tostain, 06 45 55 88 08.