Exercice : pendant trois jours, l'eau manquera
La Préfecture de la Manche organise un exercice grandeur nature de baisse de pression de l'eau potable pendant trois jours, sur le secteur granvillais
Pendant trois jours, l'eau manquera à Carolles et Jullouville. Les deux communes se sont portées volontaires pour subir un test de crise de l'eau potable, en conditions réelles. "C'est un exercice exceptionnel, admet Philippe Brugnot, secrétaire général de la préfecture de la Manche. En général, nous construisons des scénarios fictifs et nous en tirons de plausibles conséquences. Là, c'est la première fois que des habitants vont expérimenter une baisse de pression de l'eau." L'exercice se déroulera du 12 au 14 octobre. Les habitants connaîtront une baisse de pression de l'eau de 8 h à 13 h. "Il s'agit de la tranche horaire où nous observons un pic de la consommation, note Yves Cabaret, directeur du syndicat de mutualisation de l'eau potable du Granvillais et de l'Avranchin (SMPGA). L'intérêt de rétablir un débit normal dans l'après-midi est de maintenir un quotidien moins dégradé afin de durer dans le temps et éviter de basculer dans le dernier seuil de gestion de crise, lorsqu'on en vient à couper l'eau."
Arrêt du pompage
L'exercice se déclenchera par l'arrêt manuel du pompage du réservoir de Bouillon 2000, situé à Jullouville. Le débit de l'eau ne se fera alors plus que de manière gravitaire. Les habitations situées dans les hauteurs risquent d'avoir un plus petit débit, voire des coupures d'eau. En revanche, les habitations situées en contrebas continueront à bénéficier de la gravité et sentiront peut-être à peine la diminution du débit de l'eau. Durant l'exercice, l'eau ne doit pas être ingérée. "Des bouteilles d'eau et une citerne seront mises à disposition en cas de besoin sur la place du marché de Carolles", rassure Sophie Gaborit, responsable du pôle modes de gestion du SMPGA.
Lundi 5 octobre, une réunion publique présentait l'exercice aux habitants venus nombreux. Leurs questions s'enchaînent, dont une... qui n'est pas inconnue des agriculteurs. "Ne pourrait-on pas construire des lieux pour stocker l'eau qui tombe abondamment l'hiver ?", lance une habitante. "C'est un sujet délicat. Les nappes phréatiques restent le meilleur stockage. Il faudra que chaque territoire trouve ses propres solutions", répond le directeur de la SMPGA. À Jullouville, l'exploitation de la carrière de Cosnicat cessera d'ici quinze ans. "Elle pourra peut-être être réutilisée pour le stockage de l'eau de pluie", avance le maire, Xavier Graff. Et Barbara Trémaré, responsable de l'unité de protection de la ressource en eau et aménagement à la DDTM de la Manche de conclure : "Les difficultés du stockage d'eau sont aussi liées au maintien de sa qualité."