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Rob2 au lycée du Robillard
[VIDEO] Face aux robots, « il faut se préparer aux évolutions de métiers »

La troisième édition du salon Rob2 s’est tenue, jeudi 30 novembre 2023, au lycée agricole du Robillard, dans le Calvados. Les visiteurs ont côtoyé drone effaroucheur, robots maraîcher, de traite ou de travaux au champ et autres outils d’aide à la décision toute la journée. 

C’est un rendez-vous qui « s’inscrit dans le paysage normand », confirme Saidi Lawal, directeur de l’EPLEFPA du Robillard, en préambule de la conférence du jour. En effet, pour la troisième année, l’établissement scolaire situé dans le Calvados, a organisé jeudi 30 novembre 2023 son Rob2

Lire aussi : Les robots sont de retour dans l’enceinte du Robillard

Plus de 400 visiteurs

Ce salon de la robotique propose des démonstrations de matériels dernier cri en plein air, ainsi que des présentations d’outils d’aide à la décision. « Cette année, nous avons onze exposants sur place […] Pour les apprentis qui l’organisent, ce salon est une façon de rencontrer des professionnels », résume Nicolas Chéenne, à l’initiative du projet et coordinateur de la filière Génie des équipements agricoles (GDEA). 

 

Plus de 400 jeunes ont participé à cette édition, dont des étudiants venus du CFA de Tourville à Pont-Audemer, mais aussi du Neubourg, dans l’Eure.

Lire aussi : [EN IMAGES] Robotique : les nouvelles générations pas si connectées ?

« Les robots, pas juste un concept »

Depuis cinq ans, le Robillard a développé un module d’initiative locale spécifique à la robotique agricole qui permet d’inculquer aux élèves les aspects sociaux, économiques et techniques de ces nouvelles technologies. 

« Rob2 permet de semer quelques graines pour que les jeunes prennent conscience de ce qui va arriver. Voir tourner les robots aujourd’hui, ce n’est pas juste un concept. Ce sont des objets qui fonctionnent et qui vont progressivement prendre la place des systèmes actuels. On les prépare à des évolutions de métiers ! », constate Nicolas Chéenne. 

« La robotique a beaucoup avancé ces dernières années, mais elle a encore une marge de progrès pour devenir utilisable à 100 % dans l’agriculture. […] Pour moi, l’avenir est prometteur dans le secteur, il y aura toujours du travail », conclut sagement Antoine Hue (19 ans), étudiant en BTSA GDEA et apprenti à la Coopérative de Creully. 

Lire aussi : Le robot, collaborateur agricole

L’exosquelette, un outil pas encore au point

Cette année, la conférence a porté sur l’usage de l’exosquelette en élevage laitier. Jusqu’alors principalement utilisé dans le secteur de l’aéronautique, c’est un marché en plein expansion au sein du milieu agricole. L’exosquelette est développé pour réduire la charge physique et prévenir les risques de troubles musculosquelettiques (TMS). 

Après expérimentation sur le terrain pendant deux ans, les observations ne sont pourtant pas concluantes à ce stade. « L’exosquelette est davantage vécu comme une oppression par les éleveurs. Ils ont la sensation d’être assujettis et d’avoir un sac à dos en permanence. Le franchissement des passages d’hommes est aussi compliqué, en plus de nécessiter un très bon accompagnement pour l’installation au départ », relate Isaure de Thézy, conseillère en organisation du travail pour les Chambres d’agriculture de Normandie. 

Selon la MSA, « l’exosquelette déplace les contraintes sur d’autres parties du corps ». A ce jour, aucun des éleveurs testeurs n’a souhaité investir dans ces outils qui peuvent varier de 1 500 à plus de 5 000 €. « C’est un dispositif qui a encore besoin de recherche et développement. Mieux vaut d’abord travailler sur son environnement ou déléguer certaines tâches avant d’investir », lance Isaure de Thézy.

Encart : Cet étudiant volontaire n’a pas été convaincu, lui non plus, par la praticité et les bénéfices de l’exosquelette Skelex de Gobio. « C’est bizarre, c’est gênant dans le dos », s’exprime-t-il. © LM
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