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Justice : une détresse entendue

«Le tribunal a entendu la détresse des producteurs», a estimé Christophe Macé (président de la FDSEA) à l’issue du procès en appel de 6 agriculteurs du Calvados

Jean-Yves, Alain, Gœffrey, Sébastien, Jacques et Yohann ont comparu en appel lundi devant le tribunal de Caen. En première instance, ils avaient été condamnés à des peines de 4 à 6 mois de prison avec sursis. Une action en justice qui remonte aux manifestations de l’été 2015. A l’appel de la FDSEA et de JA, une centaine d’agriculteurs est venue les soutenir dans le calme Place Gambetta. A l’issue de 5 heures d’audience, l’avocat général a réclamé une peine de principe, la défense la relaxe. «Merci à tous pour votre mobilisation. Le syndicalisme a encore de l’avenir dans le département. Le tribunal a entendu la détresse des producteurs. J’y vois un signe d’espoir», a résumé Christophe Macé à la sortie du tribunal.
Le jugement a été mis en délibéré,
la cour rendra son verdict le 22 septembre.

Ils ont dit
Nicolas Declomesnil (président de JA). «Il faut bien se rappeler que les actions menées en 2015 l’ont été sous l’égide des JA et de la FDSEA. Il n’est donc pas question de laisser nos collègues dans la panade. Le syndicalisme les soutiendra jusqu’au bout».

Astrid Granger (agricultrice dans le Bessin). «Je suis venue défendre mes collègues qui passent aujourd’hui devant le tribunal suite aux manifestations de 2015. C’est la moindre des choses quand on a participé avec eux à tous ces rassemblements pour la défense de notre métier».

Michel Legrand (président de la Chambre d’Agriculture). «Je suis venu soutenir tous ceux qui vont être jugés aujourd’hui pour des actions commises à un moment donné d’une manifestation. Il n’y avait pas de volonté de casse. Ils ont été pris dans le mouvement. Je souhaite que la justice soit logique. On a assité l’an dernier à des manifestations sur la Loi Travail avec beaucoup de dégâts. J’espère que si on juge la casse aujourd’hui, on la jugera partout».

Cédric Nouvelot (conseiller départemental). «J’ai toujours soutenu la profession agricole qui en a besoin en ce moment.On connait les difficultés de revenu, les difficultés de maîtrise du foncier, les difficultés d’obtention des aides européennes... Donc, quand les agriculteurs manifestent, ce n’est pas pour des raisons personnelles mais dans l’intérêt général de leur profession. Or ici, aujourd’hui, ce sont des individus que l’on juge et qui risquent d’être condamnés à titre individuel alors qu’il s’agissait d’un mouvement global qui défendait une cause.»

« Nous rassembler pour débattre et proposer »
« Le calvados, riche de ses diversités, ne doit pas nous mener à la division et à la dispersion dans les actions que nous devons mener. Je me suis réengagé dans la défense syndicale car j'ai le sentiment que nous sommes en train de nous enfermer dans nos exploitations, peut-être par résignation, par peur ou par lassitude... On pourrait courber le dos mais ce n'est pas un orage qui passe. C'est un changement de temps, un bouleversement climatique, économique et sociétal que nous vivons. Dans ces périodes de turbulences, le repli sur soi, le rejet de nos responsabilités ou la recherche de boucs émissaires à nos problèmes nous empêchent d'avancer. Notre meilleur ennemi est parfois en nous. Chaque semaine, à la FDSEA, il nous arrive un nouveau dossier réglementaire qui vient s'ajouter aux autres. Là, je me dis que s’il n'y avait pas le syndicalisme ou du moins que si nous perdions encore plus d'influence faute de ne plus avoir de combattants, qu’adviendrait-il ? Si nous baissons la pression, à quelque étage que ce soit, si par démission nous laissons notre environnement décider, alors on se laissera imposer un modèle d'agriculture imaginé par des lobbys en tous genres , des biens-pensants loin de notre réalité quotidienne.
Nous devons nous rassembler pour débattre. Nous devons nous rassembler pour être force de propositions.
Nous n'aurons pas toujours le même point de vue car nos exploitations sont diverses. Nous n'avancerons pas tous à la même vitesse, par tempérament ou par opportunité, mais nous ne réussirons que par le collectif et par notre volonté à nous unir pour débattre. Le syndicalisme, plus que jamais, a vocation à nous rassembler. C'est un lieu de débat et de confrontation, une expression libre à côté de nos outils économiques. A ceux qui exercent des responsabilités dans la coopération ou ailleurs, retrouvons-nous et joignons nos forces pour avancer ».
Christophe Macé
Président de la FDSEA du Calvados

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